Le parc de la Jeunesse prend le nom de Gilles Lamontagne | 20 septembre 2017 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Suzie Genest

Le parc de la Jeunesse prend le nom de Gilles Lamontagne

C’est hier mardi que le parc de la Jeunesse, bordant le Centre récréatif, l’école des Berges, la Marina Saint-Roch et la rivière Saint-Charles, a pris officiellement le nom de parc Gilles-Lamontagne et dévoilé sa stèle, à la mémoire de celui qui fut maire de Québec de la fin 1965 à la fin 1977.

Pour l’actuel maire de Québec Régis Labeaume, ce prédécesseur disparu en 2016 était un « bâtisseur qui n’avait pas peur du changement », un « politicien entêté, brave, courageux ». À son époque des « grands travaux » se sont réalisés le prolongement du boulevard René-Lévesque (Saint-Cyrille), Place Québec, le Centre municipal des congrès. On lui doit aussi, a souligné Régis Labeaume, « l’édification de l’administration municipale », les plans directeurs de développement et une « vision de l’urbanisme à long terme » qui aura présidé au développement de quartiers comme Lebourgneuf.

L’eau et la jeunesse

Régis Labeaume s’est attardé, dans son hommage, aux réalisations liées à la gestion des eaux et rivières : construction de l’usine d’épuration, barrage pour stabiliser le niveau de l’eau, stations de pompage, égouts collecteurs. Gilles Lamontagne s’est aussi « attaqué aux dépôts de ferraille des bâtiments industriels abandonnés », a indiqué le maire de Québec. Comparant le développement urbain à une course à relais, Régis Labeaume a précisé que le maire Lamontagne avait été « un excellent entraîneur et mentor » pour que l’assainissement de la rivière Saint-Charles puisse se poursuivre sous ses successeurs.

La présidente du comité de toponymique de la Ville de Québec, Anne Corriveau, a renchéri en évoquant le « lien étroit » entre l’ancien maire et le parc bordant la rivière et la Marina qui, comme l’a rappelé Régis Labeaume, sera rénovée, pour le « bénéfice des jeunes ».

Le lien entre Gilles Lamontagne et les jeunes était au coeur du propos de son fils, Michel Lamontagne. Il a cité l’implication de l’ancien maire dans la mise sur pied du Comité des jeunes itinérants de la ville, dans les années 1970, et la création, à l’ancienne prison des Plaines d’Abraham, de l’auberge de jeunesse Petite Bastille, précurseure de l’actuelle Auberge Internationale (de jeunesse) de la rue Sainte-Ursule. Gilles Lamontagne était aussi impliqué, plus discrètement, a révélé son fils, auprès de jeunes militaires souffrant de stress post-traumatique au retour du front.

Difficile de ne pas percevoir dans les allocutions de la cérémonie inaugurale une réplique à certains doutes et oppositions exprimés sur les réseaux sociaux ou en consultation publique. Parmi les commentaires émis, certains mettaient en doute le choix de site, le lien entre l’ancien maire et la « jeunesse » ou, d’un point de vue environnemental, ses réalisations.

Des oubliés?

Comme pour le jardin Jean-Paul L’Allier inauguré la semaine dernière, la consultation sur ce changement de toponyme s’est tenue en assemblée du conseil de quartier de Saint-Roch, dont c’est le mandat. Selon son vice-président Nicolas Saucier, le conseil aurait cependant été « oublié deux fois de suite » dans l’envoi des invitations aux deux inaugurations.

Lors de la consultation publique concernant le parc Gilles-Lamontagne, le conseil de quartier avait émis des réserves sur le choix du site, prenant en compte des commentaires de citoyens dans l’assemblée et sur les réseaux sociaux. Dans le cas du jardin Jean-Paul L’Allier, aux étapes précédant la consultation publique, il avait reçu la Société historique de Québec, instigatrice de la proposition de changement toponymique, et avait appuyé cette proposition.