Un Mémo pour ne pas oublier le devenir des itinérants

Après avoir suivi un certificat en cinéma et travaillé comme intervenante à Lauberivière, Sophie Ducas a réalisé Mémo, un court métrage poignant. Elle y raconte le décès de quatre personnes itinérantes dans des circonstances tragiques. Pour elle, c'est une façon de leur rendre hommage sans les laisser tomber dans l'oubli ou l'indifférence, et de montrer une autre réalité méconnue.

Un <em>Mémo</em> pour ne pas oublier le devenir des itinérants | 28 mars 2024 | Article par Anne Charlotte Gillain

Mémo est un court-métrage documentaire réalisé par Sophie Ducas. Elle y relate la disparition de quatre personnes en itinérance.

Crédit photo: Courtoisie Bob Photographie

Après avoir suivi un certificat en cinéma et travaillé comme intervenante à Lauberivière, Sophie Ducas a réalisé Mémo, un court métrage poignant. Elle y raconte le décès de quatre personnes itinérantes dans des circonstances tragiques. Pour elle, c’est une façon de leur rendre hommage sans les laisser tomber dans l’oubli ou l’indifférence, et de montrer une autre réalité méconnue.

Mémo, ce court métrage documentaire revient sur la mort de Raphaël, Gilles, Sébastien et Marcel, quatre itinérants et les conditions dans lesquelles ils sont décédés.

« Ce documentaire est indépendant. J’aurais pu choisir plein d’autres histoires, mais je me suis plongée dans quatre qui m’avaient particulièrement touchée », confie Sophie Ducas.

« Parmi ces personnes-là, j’en ai connu deux personnellement quand je travaillais comme intervenante pendant cinq ans à Lauberivière au dégrisement. »

Tout au long du court métrage, Sophie Ducas intervient en voix hors champ. Mémo a une signification particulière.

« J’ai fait une narration avec Mémo, parce que ce sont quatre petits messages. Je m’adresse directement à ces personnes-là. J’ai écrit quatre petites notes pour chaque histoire », précise-t-elle.

Pour elle, le nom devait être court, afin de ne pas oublier rapidement.

Rendre un hommage

À travers Mémo, plusieurs messages veulent être mis en évidence.

D’après la réalisatrice, son court métrage peut être considéré comme un travail de mémoire collective.

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« Au fond, c’est un hommage. C’est quelque chose de tangible. Pour des gens qui ont connu ou n’ont pas connu ces personnes-là, ça permet de ne pas oublier leur passage », estime Mme Ducas.

Le court métrage aborde plusieurs aspects autour de l’itinérance, tout en mettant surtout l’accent sur le côté humain des itinérants.

« Malgré qu’on soit dans une société moderne, des personnes meurent quand même dans la misère », affirme-t-elle.

« La plupart des gens ont une maison. Quand tu es chez toi, tu barres ta porte, mais quand tu vis dans la rue, tu n’as pas cette porte-là pour te protéger », mentionne-t-elle.

Le cinéma comme médium

Lors de la réalisation, une question éthique s’est posée.

« Il y avait une limite à filmer les gens pour avoir un consentement libre et éclairé d’une personne. Il ne fallait pas que la personne ait de problèmes de santé mentale trop graves, ni être en état d’intoxication », explique-t-elle.

« J’ai filmé des lieux où il n’y a personne. Souvent les gens se retrouvent le plus vulnérable la nuit aussi, notamment dans les moments où on va dormir, où c’est plus désert », ajoute Mme Ducas.

Sophie Ducas, la réalisatrice de Mémo, a privilégié des lieux uniquement déserts et significatifs dans Saint-Roch, en majorité, ainsi que dans Limoilou.
Crédit photo: Courtoisie Sophie Ducas

Pour elle, il y a quand même une forme de beauté derrière ces lieux et le paysage urbain.

Maxime Bernier, un de ses amis, a créé une trame sonore originale pour la musique de fond. Ce dernier a étudié en composition de musique à l’image.

Selon Sophie Ducas, le cinéma peut être une plateforme utile.

« J’aimerais utiliser le cinéma comme un moyen d’intervention auprès des gens marginalisés. L’objectif serait de sensibiliser sur cette réalité et entendre ce que les personnes de la rue ont à dire », annonce-t-elle.

« Mémo permet de voir une réalité peut-être méconnue des gens. Dans la rue, les gens se mettent en mode survie. Ces personnes-là n’ont pas choisi de finir ainsi. C’est aussi une façon de montrer notre belle ville », résume Sophie Ducas.

Prochainement, cette dernière veut continuer à s’impliquer dans le travail de rue, notamment auprès des femmes.

Cet article a été produit par Anne Charlotte Gillain, journaliste de l’Initiative de journalisme local

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