Heimat/Revenir : Rire pour ne pas craquer sous la pression

Deux inconnus se rencontrent dans un bus en route vers Québec et se découvrent quelques points communs. Christophe (Olivier Barrette), qui vit à Berlin depuis maintenant deux ans, se rend au mariage de son frère et, spontanément, demande à Claire (Mary-Lee Picknell) de l’accompagner. Elle n’aura qu’à se faire passer pour une Allemande le temps des festivités. Comment donc cela pourrait-il mal tourner?

Deux inconnus se rencontrent dans un bus en route vers Québec et se découvrent quelques points communs. Christophe (Olivier Barrette), qui vit à Berlin depuis maintenant deux ans, se rend au mariage de son frère et, spontanément, demande à Claire (Mary-Lee Picknell) de l’accompagner. Elle n’aura qu’à se faire passer pour une Allemande le temps des festivités. Comment donc cela pourrait-il mal tourner?

Comme dans tout vaudeville, une bête supercherie entraîne mensonge après mensonge, et les personnages s’enfoncent toujours plus dans leur bourbier. Et l’étau se resserre.

Un texte cousu de beaux malaises

La famille exerce elle aussi une pression désagréable et constante : attaques passives-agressives ou même directes, complaintes visant à s’attirer la sympathie de l’entourage… Nombrilistes, ils se complaisent dans leur médiocrité, incapables d’envisager un point de vue autre que le leur. Un exemple éloquent : le frère aîné affirme que visiter l’Europe est inutile puisque, selon lui, le Vieux-Québec, c’est pareil, en moins cher.

Mais Christophe et Claire ne sont pas non plus blancs comme neige, et ce qui s’annonce au premier abord comme une charmante comédie de situation déploie couche après couche de drame psychologique.

Le texte de Mary-Lee Picknell – son premier texte présenté au théâtre – offre ainsi une riche palette de moments comiques ou poignants, souvent les deux à la fois. Les membres de la famille de Christophe sont présentés dans toute leur lourdeur, mais sans caricature. L’interprétation des comédiennes et comédiens sonne tout aussi juste.

De jolis compléments

Qu’elle soit en trame de fond ou au premier plan, la musique de Josué Beaucage agrémente bien la pièce.

Les décors d’Ariane Sauvé comportent d’habiles éléments qu’on se plaît à observer – bien qu’il soit difficile de détourner les yeux de l’action principale.

En somme, le public passe un excellent moment de théâtre.

Heimat/Revenir est présentée jusqu’au 10 février à La Bordée.

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