Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs : une famille comme les autres

Chaque année, le Théâtre de la Bordée accueille des productions d’autres compagnies du Québec à venir diffuser un de leurs spectacles.

<em>Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs</em> : une famille comme les autres | 29 mars 2024 | Article par Hélène Laliberté

La pièce Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs est présentée à La Bordée jusqu’au 6 avril 2024.

Crédit photo: Alexis Tremblay

Chaque année, le Théâtre de la Bordée accueille des productions d’autres compagnies du Québec à venir diffuser un de leurs spectacles.

Avec la pièce Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs, il met à l’honneur le Théâtre du Bic/Les gens d’en bas qui a récolté des éloges lors de la création de cette œuvre de l’autrice Stéphanie Labbé, à l’été 2023.

Un couple ancré à la terre

L’histoire se déroule sur une ferme, à n’en pas douter par l’odeur de foin coupé qui embaume la salle. D’entrée de jeu, la scénographie surprend par son plateau surélevé, mais surtout par le plafond de la demeure parentale confectionné de brins de paille mûris et plantés à l’envers au milieu desquels une brebis est suspendue. Le décor d’Étienne-René Contant et de Myriam Deragon renvoie une image forte de l’importance de la terre et des animaux pour les propriétaires de cette exploitation agricole.

Plusieurs thèmes sont abordés dans cette pièce qui met en relief une famille comme bien d’autres avec ses joies, ses peines, ses chamailleries, ses dissensions et ses réconciliations. Une famille édifiée malgré tout sur l’amour. Une famille ébranlée par les pertes cognitives du père (Henri Chassé) atteint de la maladie dont on ne prononce pas le nom. Le patrimoine et sa transmission, l’élevage et l’écologie, la maternité et la place des femmes au sein de la société, etc., coudoient l’affliction du père, l’irritabilité de la mère (Danielle Proulx) et l’abdication de Jean-Philippe (Michel-Maxime Legault), le fils indigne qui a abandonné ses études d’agronomie, renonçant par conséquent à reprendre les rênes de l’entreprise familiale.

Une scénographie évocatrice

Dans un espace de jeu plutôt conventionnel, malgré le fait que le haut et le bas se confondent, la lumière et la chronologie des événements détonnent. L’enchaînement sinueux des péripéties où le temps se contorsionne, entrecoupé de lueurs aveuglantes comme autant d’éclairs sous un ciel ombrageux convient le spectateur à expérimenter une partie des symptômes du père aux prises avec la succession enchevêtrée de ses souvenirs et les courts-circuits de son cerveau. Les propositions de la metteure en scène, Gabrielle Lessard, et de l’éclairagiste, Cédric Delorme-Bouchard, font le contrepoint de dialogues qui, pour leur part, résonnent davantage dans le quotidien.

Ces dialogues, notamment ceux des deux sœurs, Elizabeth (Marie-Hélène Gendreau) et Zoé (Stéphanie Labbé), qui se crêpent le chignon avec peut-être un peu trop de vigueur vocale, dressent la table d’entrée de jeu pour une histoire québécoise des plus traditionnelles. Toutefois, la scénographie, combinée à l’environnement sonore discret d’Antoine Létourneau-Berger, déjoue cet élément dramatique pour introduire un autre niveau de sens. L’interprétation de Chassé et Proulx en couple uni qui a sacrifié, pour le meilleur et pour le pire, 40 ans de son existence commune à la terre et à la famille est particulièrement touchante.

Le texte de Labbé, dans lequel le récit prend appui sur les disparités entre la vie rurale et citadine pour marquer les conflits qui opposent les membres de la tribu dans leurs discussions et altercations, embrasse plusieurs sujets. Même la problématique relative à l’immigration et au racisme est abordée par le biais du personnage de Mo (Nicolas Gendron), l’amoureux de Jean-Philippe venu au Québec en tant que travailleur agricole alors qu’il est bardé de diplômes. Malgré la profusion de propos qui dilue un peu l’essence de l’œuvre, il n’en reste pas moins que le public est conquis par la proposition de l’équipe de production et par la prestation des interprètes.

La pièce Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs est présentée au Théâtre de la Bordée jusqu’au 6 avril 2024. Les billets sont en vente à cette adresse : https://bordee.qc.ca/piece/et-puis-par-la-fenetre-nous-pourrons-voir-les-champs/

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