« Le Jardin de trottoir » : la Friche collaborative expose à PECH-Sherpa

Après un report forcé, l’exposition collaborative « Le Jardin de trottoir » s'ouvrira le 28 avril à la galerie Sherpa. Douze participant.e.s et l’artiste Angela Marsh ont créé durant l'automne cette exposition sur leur résilience, autour des plantes sauvages.

« Le Jardin de trottoir » : la Friche collaborative expose à PECH-Sherpa | 31 mars 2022 | Article par Viktoria Miojevic

En septembre, Montsainroch a rencontré l'artiste Angela Marsh qui commençait à animer les ateliers sur les plantes sauvages.

Crédit photo: Viktoria Miojevic

Après un report forcé, l’exposition collaborative « Le Jardin de trottoir » s’ouvrira le 28 avril à la galerie Sherpa. Douze participant.e.s et l’artiste Angela Marsh ont créé durant l’automne cette exposition sur leur résilience, autour des plantes sauvages.

Exposition immersive

À partir de septembre 2021, le collectif de la Friche collaborative s’est réuni en atelier durant dix semaines. En se nourrissant de balades dans les friches de Saint-Roch et Saint-Sauveur, les participant.e.s ont compilé photographies, ambiances sonores, sculptures et compositions.

Nichées dans des zones urbaines contaminées ou en bordure de trottoir, les plantes sauvages, souvent négligées, possèdent des propriétés singulières. Inspirés par la résilience et la diversité de ces plantes, le collectif prévoit un parcours immersif dans les locaux de PECH-Sherpa. L’inauguration, qui devait avoir lieu en janvier, est maintenant prévue pour le 28 avril.

« C’est comme un signe que la vie réussit toujours à vaincre. On est tous à des moments de la vie en difficulté. C’est dans ces moments qu’on recherche quelque chose de plus grand que nous pour nous guider. Je pense qu’avec ces personnes, on voyait ces petits miracles autour de nous. (…) Malgré tout ce qu’on vit, on peut réussir à avoir de la beauté », nous confiait en décembre Angela Marsh.

Depuis cinq ans, l’artiste, née dans la campagne avoisinant Toronto, s’intéresse aux plantes sauvages. Celle qui a animé les ateliers avait à cœur de favoriser un travail collectif. Dans ses précédents projets, l’artiste prélevait déjà des échantillons de ces plantes afin de les intégrer dans une « tapisserie » avec les récoltes des friches.

Œuvres collaboratives

Selon leurs préférences, les participant.e.s ont sélectionné un médium afin d’explorer le thème des plantes sauvages. Sylvain Giguère et la musicienne Julie Tremblay se sont attelés à la cartographie sonore des lieux visités. Leur travail sera diffusé dans l’espace d’exposition.

Pour ce qui est de la photographie, Natacha Morneau, Pierre Beauchemin, Bertrand Lizotte et Sylvain Giguère s’y sont consacrés. Après des prises de vue en ville, les photos donnent vie à des compositions inédites. Natacha Morneau avait aussi prévu composer, pendant le montage de l’exposition, une œuvre interactive à partir des déchets trouvés : un feu de camp éphémère avec des fleurs.

Marguerite Labbé qui a travaillé sur l’archétype de la « plante qui réussit à survivre », en a fait une représentation à base d’argile et de fils.

« Pour elle, c’était guérissant de faire ça. Cette plante, c’est un symbole d’espoir », souligne Angela Marsh.

Avec des dessins de plantes et des images de fées, encadrées dans des cadres vintage, Thérèse Breton a créé des collages. Ses créations font référence aux plantes auxquelles on attribue une petite fée, dans les livres.

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Tapisserie florale débutée à l'occasion du premier atelier collaboratif, dans les locaux de PECH-Sherpa.
Tapisserie florale débutée à l’occasion du premier atelier collaboratif, dans les locaux de PECH-Sherpa.

Dominique Lortie et Marie Soucy ont pris en charge la tapisserie florale, inspirée par le travail d’Angela Marsh. À la différence de celui-ci, des fils plus colorés ont été choisis. Cette œuvre sera présentée comme un rideau floral dans l’espace d’exposition.

Chasser la résilience

Au parc Victoria, la partie en friches de la rivière Saint-Charles a été pour le projet « une petite jungle ». « Ce sont des plantes que personne d’autre ne va apprécier, car elles sont mal étiquetées, alors qu’elles vont nourrir la ville », explique Angela Marsh.

Avec une application numérique d’herboristerie, il été possible d’identifier les plantes sauvages prises en photo. D’autres applications existent également pour identifier les insectes. L’artiste rappelle que ces plantes réussissent « à remettre de la biomasse dans le sol ».

En 2017, quand Angela Marsh a commencé à créer autour des friches urbaines, elle se sentait un peu seule. Cette année, grâce à la collaboration, il y a eu des discussions riches et une alchimie de groupe. « C’était un cadeau », dit l’artiste. « À la fin, chacun.e a trouvé sa manière de contribuer à l’exposition », ajoute-t-elle.

« C’est quelque chose qu’on oublie, dans notre société individualiste, qu’on n’est pas satisfaits quand quelque chose tourne uniquement autour de nous », commente encore l’artiste.

Angela Marsh envisage également la publication d’un livre pour documenter le processus de création de cette exposition collective.

Un vernissage en formule 5 à 7 le 28 avril ouvrira l’exposition Le Jardin de trottoir.

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