<em>Grosse-Île, 1847</em> : Rimes funestes avec le présent | 28 octobre 2022 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Grosse-Île, 1847 : Rimes funestes avec le présent

Il y a 175 ans arrivaient à Grosse-Île des centaines de navires remplis de migrants irlandais fuyant la famine et la pauvreté. Des milliers de morts furent enterrés sur cette île de quarantaine.

Dès le départ, le docteur Douglas (Hugues Frenette) avertit les autorités du manque de ressources, de lits, de personnel. Puis l’on rend compte du nombre de cas, des morts hebdomadaires; certains remettent en question la gestion de Grosse-Île, la capacité d’accueil de tous ces migrants; d’aucuns doutent que la maladie soit aussi transmissible qu’on le prétend. On parle de la nécessité de mesures comme l’isolement, l’hygiène, l’aération.

Le tout rappelle évidemment la récente pandémie, et la vitesse à laquelle s’enchaînent les informations recrée une angoisse rendue trop familière.

Confluence

À cela s’ajoutent la migration de masse et le discours s’y rapportant – un autre thème d’actualité. Sauf qu’ici, les principaux intéressés ont l’occasion de donner leur point de vue.

Le texte d’Émile Proulx-Cloutier est en effet tissé à partir de témoignages, lettres, articles et autres documents authentiques de l’époque.

Une impression durable

La mise en récit faisant écho à l’actualité, les mots sont livrés avec d’autant plus de conviction par les interprètes. Les éléments sonores et visuels font belle impression, sont brillamment utilisés. Si la scène s'annonce sobre au premier abord, ses métamorphoses surprennent rapidement.

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L’ensemble marque l’esprit, émeut parfois.

 

« L’histoire ne se répète pas, elle rime », a écrit Mark Twain.

Fin 1847, tandis que la vie reprend et que d’aucuns retournent voir des spectacles de variétés (en maugréant que cette histoire d’épidémie a fait beaucoup de bruit pour rien et miné l’économie), des malades continuent de s’entasser et des gens continuent de mourir, tranquillement.

Grosse-Île, 1847 (dans les mots de ceux qui l’ont vécu) est présentée à La Bordée jusqu’au 19 novembre.

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