Correspondances papier du RTC : un retour apprécié malgré sa « lenteur » | 12 août 2021 | Article par Julie Rheaume

Les correspondances en papier sont de nouveau disponibles dans les bus du RTC.

Crédit photo: Jean Cazes

Correspondances papier du RTC : un retour apprécié malgré sa « lenteur »

Après avoir cessé d'émettre des correspondances en papier en mai 2020 en raison de la COVID-19, les chauffeurs du RTC ont recommencé à en remettre aux usagers, le 2 août. Pour le Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ), c'est une bonne nouvelle. L'organisme déplore toutefois « la lenteur qu’a pris le RTC à prendre en considération les torts importants que leur absence a causé aux personnes les moins nanties de notre communauté ».

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Le TRAAQ, un organisme basé dans Saint-Roch, accueille « avec joie et soulagement le retour longuement attendu des correspondances papier au RTC ». Cependant, le refus du Réseau de transport de la Capitale de remettre le précieux billet aux usagers des bus aura causé du tort au moins nantis. Ceux qui défrayaient leur passage en monnaie devaient repayer de nouveau lors de chaque correspondance.

« Depuis mai 2020, le RTC refusait de remettre une correspondance papier aux citoyens et citoyennes payant leur passage en argent comptant. Par conséquent, lorsque la montée dans un autre autobus était nécessaire, ils et elles étaient dans l’obligation de payer deux fois pour terminer leur trajet. Pour toutes les personnes à faible revenu qui peinent à joindre les deux bouts, ce double paiement était loin d’être anodin : il leur a causé pendant 14 mois un tort important et un stress financier supplémentaire à celui que leur a causé la pandémie », déplore le TRAAQ dans un communiqué.

Des usagers marginalisés

Pour certaines personnes, acheter des billets électroniques sur carte Opus ou carte occasionnelle, ou encore par téléphone intelligent, n'est pas une option, soutient le Collectif.

« Une majorité des gens qui paient en argent comptant sont les personnes itinérantes et les personnes à faible revenu. Justement à cause de leur précarité, elles ont beaucoup moins accès aux autres moyens de paiement que le reste de la population : moins accès à un téléphone intelligent, moins accès à une connexion Internet à la maison, moins de points de vente du RTC près de chez soi, peu de réserve monétaire pour payer à l’avance des lots de billets. »

« Bref, les personnes à faible revenu sont parfois, souvent ou toujours dépendantes du paiement en argent comptant pour avoir accès au transport en commun. C’est pourquoi le maintien du droit de correspondre avec un papier demeure fondamental pour leur assurer cet accès à un moyen de déplacement », enchaîne le TRAAQ.

« Les chauffeurs ne remettront pas de correspondances papier. Si le client prévoit une correspondance, il doit donc obligatoirement se procurer des titres sur une carte OPUS ou occasionnelle qui permettent la correspondance électronique », indiquait le RTC sur son site web le 12 mai 2020. Cette pratique avait été établie dans un souci de santé publique.

« Dans toutes ses communications depuis mai 2020, le RTC s’est dédouané de sa décision en renvoyant la population aux autres modes de paiement disponibles (qui permettaient, eux, la correspondance). Le RTC a maintenu ce discours jusqu’à l’été 2021, y compris aux moments où le TRAAQ lui a exposé les raisons pour lesquelles cela pénalisait indûment les personnes à faible revenu. Pourquoi un tel manque d’écoute de la part du RTC? », se demande le Collectif.

Le TRAAQ invite donc le Réseau de transport de la Capitale « à être désormais plus sensible et à l’écoute des réalités et des besoins » des personnes moins nanties.

L'organisme

Le Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec (TRAAQ) est un regroupement d’organismes communautaires et de groupes citoyens fondé il y a près de cinq ans.

Sa préoccupation centrale est l’accessibilité au transport en commun des personnes à faible revenu, de toutes conditions, de l’agglomération de Québec.