La poésie de <em>Rouages</em> pour renouer avec notre patrimoine industriel | 5 novembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Vue de l'usine Dominion Corset, aujourd'hui édifice de la Fabrique.

Crédit photo: Stéphanie Simpson

La poésie de Rouages pour renouer avec notre patrimoine industriel

Le Bureau des affaires poétiques inaugure Rouages, un parcours interactif avec balados, pour revisiter la mémoire industrielle de nos quartiers. Installés jusqu’au 31 décembre dans Saint-Roch, Saint-Sauveur, Limoilou et Saint-Jean-Baptiste, des panneaux avec codes QR permettront de découvrir ces œuvres inédites.

Publicité

Un parcours interactif avec sept sites

Le Bureau des affaires poétiques vous emmène à la découverte du patrimoine industriel de nos quartiers. En effet, partis des archives, les artistes sélectionné.e.s sont allé.e.s à la rencontre de l’histoire ouvrière. Le point d'ancrage du parcours tient en sept sites industriels.

Usine Rouages
Vue de l'usine Rothman/Rock City, située dans le quartier Saint-Roch.
Crédit photo: Stéphanie Simpson

Rouages aborde les accidents de travail, l’effort de guerre et l’histoire des ouvrières et ouvriers, tout comme la vie de quartier de Saint-Sauveur, à l’époque.

« On chapeaute le Mois de la poésie, qui est notre gros évènement annuel, mais on avait envie de s’en aller hors des sentiers battus, puis d’emmener la poésie en dehors des murs et des salles de spectacle », raconte la directrice artistique, Mélissa Simard.

Plusieurs possibilités s’offrent au public pour découvrir le projet. Une carte disponible sur le site Rouages permet d’identifier les sept sites pour s’y rendre. Sur ces sites, des pancartes sont installées avec un code QR. Celui-ci donne accès aux poèmes, visuels, montages et extraits sonores.

Rouages
Carte des 7 sites industriels, de 1 à 7: L'Arsenal 1, Quartier Saint-Roch / Usine Stadacona, Usine Rothman/
Rock-City, Lawrence Manufacturing Company, Dominion Corset, Usine de l'Arsenal St-Malo.
Crédit photo: Le Bureau des affaires poétiques

Les balados sont à la base de l’expérience artistique proposée. Poèmes lus, musique, bruitage et chants sont inclus pour explorer Rouages. De cette manière, on peut s’immerger dans le parcours en marchant autour des sites, en ville ou confortablement assis dans son salon.

« Des créations proches de l'humain »

La vocation de ce parcours artistique n'est pas uniquement historique. Il vise une exploration artistique des réalités ouvrières.

« C’est fascinant quand on s’intéresse aux bâtiments, aux quartiers, mais aussi aux gens qui y ont travaillé à travers les époques. Ils ont participé à la vie économique puis ils ont vécu dans ces rues-là », rappelle Mélissa Simard.

La mémoire du lieu est l’inspiration première qui a mené à « l’interprétation des discours, des récits, ou l’imagination afin de se mettre à la place d’un ouvrier ou d'une ouvrière », détaille Mélissa Simard sur le processus créatif.

Aussi, pour raviver ce lieux, les artistes se sont servi des archives, des témoignages, mais aussi de tout le patrimoine immatériel. On parle ici des légendes, des histoires intimes liées au lieu, de la transmission orale, des faits de culture et musiques populaires.

Histoire des ouvrières

À travers Rouages, les artistes sont allés chercher les angles négligés de l'histoire industrielle. On peut ici penser aux ouvrières qui y font tourner des usines de Québec.

« Il y a une mémoire ouvrière qui est aussi très féminine. Il y a beaucoup d’usines qui ont été roulées par des femmes. Ces femmes-là ont fait partie de l’histoire de leur quartier de manière impressionnante. C’est une mémoire qui est souvent oubliée », souligne Melissa Simard.

Les artistes multidisciplinaires Anaïs Palmers, Danick Lizotte, Étienne Belles-Isles, Isabelle Lapointe, Jessica Dufour, Karine Champagne, Mona Déry-Jacquemin, Thomas Langlois, Valérie Pitre et Zoé Hamelin sont à l'origine de ces créations.

Le parcours est offert jusqu'au 31 décembre 2021. Toutes les informations sont disponibles sur le site Rouages.

Lire aussi : Un Mois de la poésie plus numérique que jamais et Quartiers ouvriers : « Une fierté retrouvée »