L'art rencontre les plantes sauvages à PECH-Sherpa | 3 septembre 2021 | Article par Viktoria Miojevic

Crédit photo: Viktoria Miojevic

L'art rencontre les plantes sauvages à PECH-Sherpa

Depuis le 30 août, les citoyen.nes sont invité.es à participer à un atelier sur les plantes sauvages à PECH-Sherpa. En vue d'une exposition, l'artiste Angela Marsh soutient les participant.e.s dans la création d'une œuvre collaborative immersive. Au menu, prélèvements et découvertes de plantes sauvages, photos et enregistrements sonores dans les friches de Saint-Roch.

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Valoriser nos plantes sauvages

À l'occasion de l'atelier du 1er septembre qui a eu lieu dans les locaux de PECH-Sherpa, Angela Marsh confiait aux participant.e.s comment ces plantes symbolisent pour elle une forme d'espoir et sont « symbole de la résilience de la nature » . En effet, nichées dans des zones urbaines contaminées ou en bordure de trottoir, ces plantes, souvent négligées, possèdent des propriétés singulières.

Depuis cinq ans, Angela Marsh, née dans la campagne avoisinant Toronto, s'intéresse aux plantes sauvages. L'artiste a découvert que certaines avaient des propriétés médicinales ou étaient bénéfiques pour les oiseaux et les abeilles, notamment.

« En tant qu'artiste, je trouve que c'est un peu notre rôle, dans la société, de porter attention aux choses. C'est de porter attention et peut-être présenter les choses d'une autre façon. Alors ce projet vient de mon amour, de ma reconnaissance, pour ces plantes si résilientes et si belles », rapporte Angela Marsh.

Dans ses précédents projets, Angela Marsh prélevait déjà des échantillons de ces plantes afin de les intégrer dans une « tapisserie » avec les récoltes des friches.

tapisserie fleurs
Tapisserie florale débutée à l'occasion du premier atelier collaboratif, dans les locaux de PECH-Sherpa.
Crédit photo: Viktoria Miojevic

Les bourgeons, graines ou racines y sont cousus avec du fil dans des cases de papier bulle recyclé. « C'est un geste puissant de coudre je trouve, c'est comme réparer notre relation aux plantes », analyse Angela Marsh.

« Concrètement, ça fait comme une banque de graines. Puis on se questionne un peu sur la manière dont ces "mauvaises herbes" sont traitées. Elles sont souvent ciblées par les compagnies de pesticide alors c'est un peu mon questionnement de savoir s'il faut les sauvegarder », rapporte l'artiste, Angela Marsh.

Un atelier ouvert pour tous

Tous les citoyen.nes de Québec sont invité.es à participer à ces ateliers gratuits qui ont lieu jusqu'au 20 octobre, le lundi et mercredi entre 13 h 30 et 15 h 30. L'artiste sera présente sur place.

plantes sauvages
Des livres sont mis à disposition par l'artiste afin de découvrir les différentes variétés de plantes sauvages.
Crédit photo: Viktoria Miojevic

Il n'y a aucune contrainte d'engagement pour y participer. Les intéressé.e.s peuvent se joindre selon leur disponibilité et envie. Il est donc possible d'accompagner le petit groupe de citoyen.ne.s dans l'exploration d'une friche, de dessiner, de prendre des photos ou d'écrire.

« Ça va être une expo agrémentée de la force et la collaboration de chacun, en lien avec les idées de tout le monde », affirme la coordonnatrice du projet à PECH-Sherpa, Andréanne Parent.

Musicienne et agente socioculturelle chez PECH-Sherpa, Julie Tremblay, ira capter les ambiances sonores de la ville et des friches avec les participant.s. Son objectif est de capturer la vie de ces espaces et assister les participant.e.s intéressé.es par la création sonore.

Bien-être et santé mentale

Au cœur des huit semaines d'atelier, il sera aussi question de la quête du bien-être. Selon Angela Marsh, le contact avec la nature y contribuerait. Dans Saint-Roch, il est possible de retrouver par exemple des verges d'or, des asters ou des carottes sauvages.

Lors du premier atelier, la réflexion d'une participante a touché l'artiste. Une participante a fait le parallèle entre les personnes marginalisées, avec un diagnostique en santé mentale par exemple, et ces plantes sauvages qui sont mal « étiquetées ».

« Quelqu'un a dit que c'est le fait qu'on ne les connaisse pas qu'on s'en débarrasse facilement, puis c'est la même chose avec les personnes », rapporte Angela Marsh.

L'exposition est pour l'instant planifiée pour janvier 2022, dans les locaux de PECH-Sherpa. Sa forme n'est pas prédéfinie et dépendra des inspirations des participant.e.s. Après deux ateliers collaboratifs, Angela Marsh l'envisage comme assez immersive et visuelle.

Lire aussi : « Menaces anonymes » d'un voisin contre un jardin de plantes indigènes 

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