O Toilette : la fibre entrepreneuriale « au bout du popotin » | 8 juin 2021 | Article par Suzie Genest

Maxime Bérubé Deschamps, porteur du projet O Toilette

Crédit photo: Image extraite de la vidéo YouTube de O Toilette

O Toilette : la fibre entrepreneuriale « au bout du popotin »

Durant le confinement, Maxime Bérubé Deschamps, résident de la Haute-Ville, a développé un projet entrepreneurial autour d’un objet pour lequel il avait eu le coup de foudre au Japon : le bidet. C’est avec La Ruche de Québec, désormais installée dans Saint-Roch, qu’il le dévoile.

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La panique autour du papier de toilette au début de la pandémie a contribué à la réflexion de l'employé d’Air Canada, qui se retrouvait sans travail dans le contexte.

« J’ai réalisé que ma fibre entrepreneuriale se trouvait au bout de mon popotin! Je sentais qu’il y avait un bon timing », lance l'entrepreneur en entrevue téléphonique le 4 juin.

Une innovation

Même si les bidets existent depuis des centaines d’années, ils ne sont pas encore largement adoptés ici : en ce sens, O Toilette propose une innovation, s'enthousiasme Maxime.

 « Il y a encore beaucoup d’éducation autour à faire, des gens vont penser que c’est comme en Europe ou comme une petite douche qu’on prend dans nos mains. »

O Toilette se veut « une solution super simple et pas dispendieuse »
Crédit photo: Gracieuseté

Au Japon, qu’il a visité en 2019, le bidet qui lui a fait vivre « une révolution » prenait la forme d’un dispositif intégré sous le siège de toilette, il y avait un banc chauffant électrique. Pour le Québec, Maxime Bérubé Deschamps a voulu « trouver une solution super simple et pas dispendieuse ». Il n’a pas inventé le concept, précise-t-il.

« Deux compagnies américaines vendent déjà le même produit, du même fournisseur, mais pas au Canada. Il en coûterait 100 $ US plus la livraison pour les avoir ici. »

Le prix de O Toilette sera compétitif. En contrepartie durant la campagne de financement participatif, le produit est offert contre 105 $ en devise canadienne, incluant les taxes et les frais d’expédition. Lorsqu’il sera lancé, son prix de vente devrait se chiffrer à 90 $ plus taxes, frais d’expédition inclus.

Pas de bullshit

Si le nom donné au produit peut paraître anodin, il s’appuie sur toute une réflexion de la part de Maxime.

« Il y a tellement d’entrepreneurs qui choisissent un nom en anglais en pensant à l’extension avant d’avoir atteint leur marché... En France, en Belgique, on va *à la* toilette, alors qu’ici au Québec, on va *aux* toilettes. »

Le O se veut aussi une référence au symbole rond japonais, ajoute-t-il.

Petit à petit, « de façon organique », O Toilette pourra étendre son territoire au Canada. Mais d’abord, sa « mission est simple et décomplexée, conquérir le Québec un popotin à la fois ». D'après les résultats obtenus auprès de personnes qu'il a convaincues d'essayer O Toilette, Maxime Bérubé Deschamps est confiant d'atteindre son objectif.

 « Tous les gens qui l’essaient deviennent des ambassadeurs… J’y crois vraiment, ce n’est pas de la bullshit, c’est quelque chose qui va vraiment avoir un impact sur les gens… »

Dans le cadre de la campagne sur La Ruche, Maxime s’engage, par exemple, pour chaque tranche de 100 $ atteinte en dons de 25 $, à faire des heures de bénévolat auprès d'organismes, pour la préparation de repas destinés à l’aide alimentaire. Pour 150 $, on obtient un bidet O Toilette et la plantation d’arbres au Québec : « Nettoyez vos foufounes et votre conscience en plantant 15 arbres », peut-on lire sur la plateforme.

Maxime a voulu faire une campagne « funny », souligne-t-il, évoquant le lien entre les arbres et le papier de toilette. La boucle du O japonais est bouclée…

La campagne de sociofinancement de O Toilette sur La Ruche de Québec, lancée mardi dernier, se poursuit pour encore 39 jours. Son objectif ultime est d’amasser 15 000 $.