Élections municipales 2021 : Québec 21 au centre-ville | 1 octobre 2021 | Article par Suzie Genest

Jean-Pierre Dussault, Marie-Josée Proteau, Cynthia Laflamme, Québec 21

Crédit photo: Québec 21, gracieuseté

Élections municipales 2021 : Québec 21 au centre-ville

Cinq partis et des candidat.e.s indépendant.e.s briguent nos cinq districts aux élections municipales 2021. Pour vous les présenter, nous faisons équipe avec Québec réveille, la quotidienne matinale de CKIA 88,3. L’animatrice Marjorie Champagne a reçu le 30 septembre les trois candidat.e.s de Transition Québec dans les districts des quartiers centraux : Saint-Roch – Saint-Sauveur, Cap-aux-Diamants, Montcalm – Saint-Sacrement.

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Québec 21 forme depuis novembre 2017 l’opposition officielle à la Ville de Québec. Le parti se présente comme celui qui propose « une façon d’administrer où le citoyen est au cœur de la prise des décisions municipales », résume son site web. Pour ce faire, il préconise « un vivre en ville à l’échelle humaine, respectueuse de sa diversité, ainsi que de l’identité et de la richesse propres à chacun de ses districts ». Également, il s’intéresse aux bonnes pratiques en matière de développement durable, de démocratie, de saine gestion des finances publiques et de transparence.

Jean-Pierre Du Sault, Montcalm–Saint-Sacrement

Jean-Pierre Du Sault provient du milieu des affaires. Il a été président de l’Association des gens d’affaires du Vieux-Québec et propriétaire du Tatum Café.

Il travaille comme formateur, conférencier-animateur et accompagnateur autorisé pour le Club d’investisseurs immobiliers du Québec. Propriétaire et gestionnaire d’un parc immobilier résidentiel et commercial, il achève l’écriture d’un livre sur le sujet.

On le connaît également dans le secteur événementiel, en tant que magicien professionnel, depuis 20 ans.

Marie-Josée Proteau, Saint-Roch - Saint-Sauveur

Marie-Josée Proteau vit dans le quartier Saint-Sauveur, d’où provient sa famille. Elle évolue dans le domaine préhospitalier depuis 25 ans. Elle occupe actuellement un poste à la centrale de répartition des ambulances.

Son intérêt pour la politique a émergé dans l’enfance. Son père l’emmenait avec lui dans des activités liées à la politique municipale.

Cynthia Laflamme, Cap-aux-Diamants

Diplômée de l’école d’Entrepreneurship de Beauce, Cynthia Laflamme est une femme d’affaires. Elle cumule deux décennies d’expérience, notamment dans le domaine de l’alimentation. Madame Laflamme y a travaillé aux opérations, à la comptabilité, aux ressources humaines et au service à la clientèle.

Elle s’est aussi engagée dans des initiatives de distribution alimentaire et d’aide aux aîné.e.s. Madame Laflamme vit dans le Vieux-Québec avec sa famille, où elle est directrice générale d'un commerce.

Enjeux principaux

Cynthia Laflamme, dont le district « est très vaste », y voit trois enjeux majeurs. Dans le Vieux-Québec, il faut « trouver un équilibre entre la vie touristique et celle des citoyens ». Sur sa portion de Montcalm, elle pointe « l’arrivée d’un tramway qui peut déranger les gens actuellement, car ils veulent conserver leurs acquis et leur quiétude dans le quartier ». Quant au Cap-Blanc, elle soulève le manque de commerces de proximité.

Jean-Pierre Du Sault constate que Montcalm-Saint-Sacrement est « riche en espaces verts et parcs », et que les gens y sont « toujours fiers de leurs arbres centenaires, matures ». L'enjeu principal y est le tramway, qui implique « la coupe de 1701 arbres », affirme-t-il. Il nomme aussi la protection du patrimoine, la densification harmonieuse, un besoin d’agir pour la sécurité routière et d’« être partenaire de nos commerces » dans la relance.

Pour le district de Saint-Roch – Saint-Sauveur, Marie-Josée Proteau rejoint ses collègues :

« La question de transport est un enjeu, avec la venue possible du tramway, qui pourrait dépayser tout le secteur des Embarcations, de la Pointe-aux-Lièvres, des Berges. »

Elle identifie également des enjeux de sécurité, routière et autre. Elle évoque « beaucoup de vols en ville, de vandalisme », l’« accès universel à la voie publique » et « la question du logement social ».

La mobilité

Comment s’assurer de rendre efficaces les politiques de sécurité routière et de mobilité active même si elles peuvent entraver les automobilistes?

« Il y a une cohabitation qui est possible, ça prend une volonté politique. Québec 21, ce n’est pas le parti d’un seul homme, c’est le parti d’une équipe complète. Jean-François Gosselin est très à l’écoute, contrairement à l‘équipe actuelle », répond Jean-Pierre Du Sault.

Il prône en outre « du leadership par l’écoute » qui n'est « pas unidirectionnel ».

Quant aux aménagements et à l'entretien des voies pour la mobilité active, Cynthia Laflamme mentionne un projet-pilote de trottoirs chauffants dans Cap-aux-Diamants, testés dans d’autres villes. Elle estime qu’il faut se pencher sur la question du déneigement, pour l’améliorer.

Marie-Josée Proteau explique que Québec 21 entend « suivre le plan de sécurité routière » déjà en place et « améliorer les aménagements aux intersections ». Des « 140 endroits accidentogènes » à Québec, « plus de la moitié sont dans La Cité-Limoilou », souligne-t-elle. Elle évoque la sensibilisation et l’amélioration de la signalisation. Elle ajoute ne pas être contre les rues partagées, pourvu que ce soit « bien négocié avec les gens ».

Concernant la durée de certains feux piétons mal adaptée pour les personnes à mobilité réduite ou accompagnées de poussettes, elle entend « se pencher sur la question ». Il importe d’atteindre « un équilibre pour tout le monde » et de « se partager la route avec tolérance », insiste-t-elle.

Le logement

Québec 21 s'engagerait-il à contenir l'augmentation du coût des loyers? Pourrait-on exiger un 20 % de logements sociaux, de logements abordables et familiaux, dans les nouveaux projets résidentiels, comme dans d’autres villes?

Pour Jean-Pierre Du Sault, il faudrait que l’exigence de 20 % « s’accompagne d’un accès aux services de proximité, au transport en commun ». Selon lui, on ne peut l’appliquer de façon homogène, mais plutôt en fonction des quartiers, des taux d’inoccupation. Elle devrait aussi « s’accompagner d’une souplesse lors de la livraison des permis », par exemple quant au nombre d’étages autorisé.

Les taxes à la Ville, c’est un poste qui n’est « pas amortissable », illustre-t-il, et « plus elles sont chères, plus ça se reflète sur les loyers ».

« On a une Ville qui a été très gourmande et des propriétaires qui peinent à survivre. »

Québec 21 « a parlé du gel de taxes », rappelle M. Du Sault. Également, il « encourage les locataires à se former sur leurs droits », auprès d'organismes comme le FRAPRU, le BAIL.

« Je respecte hautement ça. […] On tient à une mixité à Québec et je pense que tout le monde a sa place. »

Tramway vs métro léger

Le projet de métro léger porté par Québec 21 aurait-il un moins grand impact sur la canopée que celui du tramway?

« Il n’y en a aucun impact. C’est pas compliqué il n’y a pas de coupe d’arbres. Tout se fait par des tunneliers, en douceur », répond Jean-Pierre Du Sault.

Il rappelle que son chef « s’est engagé à consulter dans les 100 premiers jours de son mandat ».

Cynthia Laflamme renchérit : « L’étude du BAPE dès la première page dit qu’un tramway, ce n’est pas propice à Québec. » Marie-Josée Proteau complète : « Dans les endroits où il y a un peu de neige, le tramway ne va pas bien. » Elle souligne qu’à Québec, il y a « des bordées incroyables ».

Troisième lien

Comment se positionne Québec 21 quant au troisième lien? « Le tunnel sous le fleuve, c’est un projet qui est provincial. À un certain niveau, peut-être qu'on peut avoir une influence en communiquant avec le gouvernement provincial », avance Marie-Josée Proteau.

Quant à la sortie du tunnel dans Saint-Roch, elle ajoute qu’il n’y a « pas encore de plan ». « C’est certain que nous, on va communiquer avec eux et on va tout faire pour que leur tunnel rencontre notre projet. »

Commerces de proximité

Cynthia Laflamme insiste : il faut « augmenter la masse critique des gens » pour que des commerces de proximité « soient capables de vivre » dans son district. Améliorer « la mobilité piétonne » contribuerait aussi à augmenter leur clientèle.

« Si on fait le tour de notre district [...], on a un garage, on a à peu près quatre boulangeries, on a l’Intermarché, [...] Ce qui manque réellement, actuellement, c’est une quincaillerie. On a une pharmacie comme tout le monde. On fait pratiquement tout à pied. Avec les nouvelles façons de vivre, on peut commander en ligne », illustre-t-elle.

Jean-Pierre Du Sault, qui possède des logements dans le Vieux-Québec, enchaîne : « les évaluations foncières ont explosé [...] depuis 9 ans ». Pour contenir la hausse des taxes et du prix des logements, « il faut se battre, il faut contester nos valeurs foncières [...], pour ramener ça à des seuils standards, plus normaux », martèle-t-il. « Est-ce qu’on a des services pour cette augmentation-là? » Il évoque le déglaçage et le déneigement des trottoirs, les vidanges. « La réponse est non. »

Entrevue avec les candidat.e.s de Québec 21 au centre-ville

Monsaintroch, Monsaintsauveur, Monmontcalm et Monlimoilou présentent les candidat.e.s aux élections municipales dans l’ordre où Québec réveille les reçoit en studio. La formule choisie réunit en entrevue des candidat.e.s d’un même parti, faisant campagne dans des districts adjacents. L’ordre de présentation des candidat.e.s est déterminé par leurs disponibilités et par la programmation de la quotidienne Québec réveille. Nous avons collaboré au choix des thèmes abordés.