Élections fédérales 2021 : Daniel Brisson, Parti populaire du Canada | 8 septembre 2021 | Article par Véronique Demers

Daniel Brisson, candidat aux élections fédérales 2021 pour le Parti populaire du Canada dans la circonscription de Québec

Crédit photo: Courtoisie

Élections fédérales 2021 : Daniel Brisson, Parti populaire du Canada

Nous avons rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans la circonscription de Québec. Chacun.e a répondu à nos questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 6 septembre, nous nous avons discuté avec Daniel Brisson du Parti populaire du Canada (PPC).

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Daniel Brisson n’en est pas à sa première campagne politique. Il s'est déjà présenté aux élections municipales, provinciales et fédérales. Il a notamment brigué les suffrages au provincial en 2012 (Vanier-Les Rivières) et à la mairie de Québec en 2017 (Alliance citoyenne de Québec).

Du côté fédéral, M. Brisson a été candidat du Parti populaire du Canada (PPC) en 2019 pour la circonscription de Louis-Hébert. C’est donc pour le même parti que l’informaticien de métier se représente en 2021, mais cette fois dans la circonscription de Québec.

Qu’est-ce qui vous a amené à joindre le PPC?

« La liberté d’expression, le premier thème qui a sorti, lorsque Maxime Bernier (chef du PPC) a lancé ça. C’est quelque chose qui me touche. J’ai grandi dans un monde de liberté d’expression. À l’Université Laval, dans mon bacc. en science politique, mon premier travail était sur la liberté d’expression, avec un certain Salman Rushdie. Il y avait un million de dollars US sur sa tête parce qu’il avait publié un roman fantastique (Les versets sataniques). Il n’y avait rien d’obscène ou quoi que ce soit, je l’ai lu, le roman. C’était fou. »

« Sinon, la liberté d’expression journalistique, j’ai fait du journalisme étant jeune. J’aurais pu m’en aller là-dedans. J’ai été rédacteur en chef de deux journaux locaux : Le Vanierois et le Courrier de Vanier. J’ai été journaliste et rédacteur en chef. On faisait des gros dossiers; on fouillait. C’était très important pour moi. J’ai été impliqué dans les Conservateurs fédéraux, en 2018, mais déjà il y avait un virage plus à gauche, les candidats allaient être scrutés dans ce qu’ils allaient dire… Moi, ça me chicotait beaucoup dans ma tête. Ça ne fittait pas du tout. »

« Je suis conservateur, je l’avoue, mais pour ne pas renier mes convictions de base, je suis plus à droite. Je suis pour une économie libre et la liberté de circulation des biens et des personnes. Donc cette année, je suis encore plus fier de m’être joint, de faire partie du Parti populaire du Canada. »

Qu’apportez-vous de différent comme candidat?

« En tant que candidat, j’aimerais remettre les choses sur le sens du monde. On l’a vu avec le ministre Duclos, qui a joué avec le pont de Québec à la dernière élection. Il a joué encore, mais il a raté son point. Monsieur Duclos, qui se dit environnementaliste, ne fait absolument rien à propos de 1700 arbres qui seront abattus par la Ville de Québec pour le projet de tramway. C’est devenu plus un projet idéologique que d’autres choses, malheureusement. »

« Je veux ramener le bon sens là-dedans, mais aussi les principes d’équité fiscale aussi, comme réduire les impôts. La crise du logement social, on veut intervenir là-dessus, pour faire baisser l’inflation globalement. Il ne faut pas laisser une ville comme Québec aller à la dérive. »

À quel point connaissez-vous la circonscription de Québec?

« J’ai grandi à Vanier. J’ai fait un bout de ma vie de jeune adulte à Charlesbourg et je demeure maintenant à Neufchâtel. Je connais la ville de Québec; j’aurais pu me présenter dans n’importe quel quartier. Mais Québec, Vanier, les Saules… J’ai grandi près du pont Scott, le long de la rivière Saint-Charles. »

« C’est tout un secteur que je connais, mais aussi le Vieux-Québec. De retourner pour moi à Québec contre le ministre (sortant) Jean-Yves Duclos, c’était très naturel. J’avais hâte de le réaffronter en débat, quoi qu’on n’aura peut-être pas de débat dans le contexte actuel. Je l’ai affronté deux fois en 2019, dans les débats. »

Selon vous, qu’est-ce qui distingue votre circonscription?

« Le comté de Québec comprend autant le Vieux-Québec, la cité, que les quartiers plus pauvres, comme Saint-Malo, Saint-Roch. Vanier est en effervescence; le parc industriel va bien. Le Port de Québec, c’est un gros enjeu (…), tout comme le pont de Québec, qui sont de juridiction fédérale, et le chemin de fer qui traverse dessus aussi. Il est question de sécurité. En 2019, j’avais déjà souligné le point, et ce n’est pas réglé encore. »

Concernant les enjeux suivants, quel est selon vous le plus grand défi? Et votre engagement pour chacun d’eux?

Logement

« Modifier l’inflation, car pour l’instant, l’inflation touche beaucoup les hausses de prix de loyers. Le financement du logement social qui est devenu un frein au logement abordable, parce que ça fait de la spéculation et ça devient des programmes coûteux. On veut arrêter le financement de ça, et c’est la même chose pour la SCHL. On doit revoir son rôle, car parti comme c’est là, les conditions sont réunies pour recréer l’épisode de 2008 (crise économique). On veut privatiser ou démanteler en fait la SCHL, parce que son objectif n’est pas atteint. Il y a de la spéculation contre des promoteurs qui voudraient bâtir des logements. »

« Ce n’est pas ce qu’on veut, le crash boursier qui a eu lieu à la suite de la spéculation. Ce sont des enjeux qu’il faut revoir, et il y a de moins en moins de logements construits, mais plus de condos. Mais ce sont des enjeux locaux et provinciaux. On veut arrêter d’intervenir dans un marché qui nuit à la possibilité de logements abordables. »

« Le Québec a déjà sa structure d’habitation à loyer modique. Le Québec continuerait à le faire, tout simplement. Ce n’est pas une compétence du fédéral, les logements. Ça fait partie de notre principe d’équité dans plusieurs domaines. On veut retirer le fédéral des interventions dans lesquelles il n’a pas d’affaire. »

Transport

« On veut respecter le champ de compétences fédéral/provincial et arrêter de vouloir être le ferrailleur du CN. On ne veut pas réinvestir 800 millions de dollars pour le "patcher", le rafistoler, en bon français. Sa durée de vie est finie, et au PPC, on est prêts à s’engager pour une étude de faisabilité pour un nouveau pont. C’est une responsabilité fédérale, même chose pour le train. On ne veut pas d’accident. S’il y a un accident, ce n’est pas juste le Québec qui aura des problèmes. Les bateaux ne pourront plus aller à Montréal et dans les Grands Lacs. Ça aurait un impact énorme sur l’économie. »

« Pour le troisième lien, c’est uns infrastructure locale. On laisse la région décider. On n’investira pas d’argent là-dedans, puisque c’est le Québec qui décide, avec la Ville. »

Environnement et verdissement

« Le fleuve Saint-Laurent est de compétence fédérale. On veut respecter les règles environnementales établies. Les déversements de la Ville de Québec n’ont pas été respectés, à mon avis. La Ville de Québec a évalué à quelques millions de dollars pour ne plus déverser dans le fleuve. J’aurais peut-être regardé dans l’enveloppe du fédéral et payé la différence pour le bien de l’environnement (afin d’éviter les déversements dans le fleuve). »

« Le projet de tramway, on n’investira pas là-dedans. (…) Je déplore les 1700 arbres qui seront abattus. Où est M. Duclos dans ce dossier? Ce n’est pas une pousse qui va remplacer du jour au rendement un arbre centaine qui sera abattu. »

Rareté de main-d’oeuvre et relance économique

« Je trouve ça étrange qu’on parle de relance, car on en a pour longtemps encore (à remonter la pente). Pour l’instant, on ne voit pas le bout de la fin de la crise sanitaire. Je ne sais pas c’est quand la relance. Le gouvernement Trudeau a augmenté le déficit, les dépenses et la dette nationale. Monsieur Duclos, qui est économiste, a cautionné ça. Je trouve ça aberrant! »

« C’est la génération suivante qui va écoper. Ce qu’on veut faire, c’est éliminer tous les programmes de dépenses liés à la COVID-19 et ramener le déficit à un niveau plus bas, réduire aussi les impôts. On veut aussi éliminer l’impôt sur le gain en capital, autant pour les propriétaires que les entrepreneurs, on sait ce que ça veut dire. C’est beaucoup d’argent qui peut être remis dans l’économie. »

« On souhaite aussi augmenter le salaire minimum… enlever les restrictions et ouvrir l’économie. (…) Si le Vieux-Québec perd encore des restaurants… Je suis fin gourmet. Québec est une destination incroyable pour la gastronomie, les restaurants. C’est son trait distinctif. Je trouve ça dommage ce qui arrive. Si on tue nos commerces, que va-t-il rester pour les habitants du centre-ville? Si les restaurants et les commerces ferment, leur vie de quartier disparaît.

Le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec ont encouragé Amazon, ce qui a nui à nos commerces locaux. »

« Bref, on souhaite enlever la PCU et ouvrir l’économie, permettre la libre circulation des biens et des services. Arrêter de se battre aussi contre les restrictions sanitaires, qui limitent la clientèle aussi. On veut aussi baisser les taxes et les impôts. »

Itinérance et cohabitation

« Il y a des programmes qui existent déjà dans ce domaine. Ça demeure des enjeux locaux. Chaque ville a ses problématiques. Tous les programmes fédéraux dans ce domaine devraient être reconduits. Il y en a peut-être qui n’ont pas été utilisés, et ça c’est quelque chose que je m’engagerais à vérifier rapidement. Comme député de la région de Québec, je me battrais pour garder les programmes d’aide aux démunis.

En ce qui concerne la cohabitation, le fédéral n’a pas d’affaire là, même s’il y en a qui prétendent que oui. »

Qu'est-ce que les citoyen.ne.s de votre circonscription vous ont appris jusqu’ici pendant votre campagne?

« La crise sanitaire est l’enjeu actuel numéro 1. On est pour les principes de liberté, donc contre le a vaccination obligatoire, contre le passeport vaccinal. Mais nous ne sommes pas anti-vaccin. Mais l’obliger mur à mur, non, et c’est ce qu’on défend. Ailleurs, dans les autres provinces, il y a des mesures moins contraignantes. »

« Je vois encore de la détresse psychologique. Les gens sont découragés; ils ne savent plus où ils s’en vont. Il y en a avec qui je parle au téléphone qui pleurent. Je les encourage à garder le moral. Les gens ont besoin de trouver quelqu’un à leur écoute, mais qui pourra aussi les représenter. »

Qu’est-il important que les gens comprennent davantage sur le rôle de leur député fédéral?

« Québec a un caractère distinct dans l’Amérique du Nord. Elle est le patrimoine mondial de l’Unesco. Québec aurait toute une voix avec moi, pour faire entendre les besoins des citoyens. »

« On veut ramener le gros bon sens en politique. Le Canada est encore un pays fort pour l’instant, mais affaibli quand même. Je veux que Québec fasse partie de la vague d’un océan à l’autre, avec une vision d’avenir, pour amener une lumière au bout du tunnel. »

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.