Une histoire de Broadway sur la rue Saint-Joseph | 3 février 2020 | Article par Jason Duval

Crédit photo: Théâtre du Chat Noir

Une histoire de Broadway sur la rue Saint-Joseph

Le Théâtre du Chat Noir a présenté vendredi et samedi à l’Impérial Bell Une histoire de Broadway, pour la première fois à Québec.

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Pour la petite histoire de la troupe, c’est en 2007 qu’elle prend forme, alors que les fondateurs, Audrey Dion, Stéphane Prémont et Yannick Vézina sont toujours au secondaire. Comme le mentionne leur site web, ils étaient « loin de se douter du projet d’envergure grandissante entre leurs mains ». En 2015, le groupe adopte le nom de Théâtre du Chat Noir.

La troupe met en valeur des artistes amateurs passionnés dans des comédies musicales un peu partout au Québec. Avant 2015, elle a mis sur scène six concerts dont une adaptation de l’opéra Aïda en 2011. Dans les dernières années, elle a également mis en lumière, en octobre 2015, The Addams Family présenté à l’Auditorium Saint-Jean-Eudes.

C’est donc avec beaucoup d’excitation et de papillons au ventre que Le Théâtre du Chat Noir présentait, pour deux soirs seulement à L’Impérial, Une histoire de Broadway. Au total  27 comédiens-chanteurs-danseurs entourés de six musicens se livraient au public dans une oeuvre musicale ayant pour grande vedette ce secteur-phare new-yorkais, mais aussi la musique des sept dernières décennies, des chansons issues d’autres comédies musiciales comme Hairspray ou encore le grand classique Grease. C’est dans cet univers musical qu’évoluait une histoire d’amour en sept tableaux, sept décennies différentes, de 1950 à aujourd’hui.

Interprétation anglophone

Malgré un retard d’une dizaine de minutes et un début un peu houleux côté son (micros, volume de la musique…) vient le célèbre « Welcome to the Sixties » de Hairspray. Il est évident que le travail derrière toutes les mélodies est colossal. Une chose me frappe cependant : il n’y a pas que les chansons qui sont interprétées en anglais, les quelques dialogues aussi…

Après la finale des années 1960, se terminant sur « I believe in Love » de Hair, on entre dans l’ère disco. Dans ce tableau, soulignons la performance RE-MAR-QUA-BLE de Flavie Nicol, qui du haut de ses 10 ans, vole la vedette, dans un anglais bien meilleur que celui de certains autres chanteurs, mais surtout avec une voix juste. C’est dans ce bloc que le couple, formé des personnages principaux, se sépare avant de se réconcilier. La lumière s’éteint…

La tableau sur les années 1980 s’ouvre sur du rock-pop, digne musique de cette décennie, cependant son volume à nouveau un peu trop fort enterre les comédiens. Ce tableau comporte une interprétation chorégraphique du classique Footloose. Côté costumes,  le Théâtre du Chat Noir assure sur toute la ligne.

Ambiguïté finale

Au tout début du bloc des années 1990, la femme du couple décède. L’histoire prend soudainement une tournure dramatique. La mise en scène de la mort, avec ses danseuses habillées de noir, me semble un peu étrange… À la toute fin, Sarah Élisabeth Boignan chante à merveille « Shadowland », tiré du Roi Lion. Quelle voix!

Suivant cette scène tragique, on perd les interprètes et danseurs masculins, qui disparaissent afin de laisser place aux femmes.

Après quelques chansons tirées de American Idiot et de Next to Normal vient la finale. On y assiste à la résurrection de la femme du couple, puis on retrouve la petite fille qui, 30 ans plus tard, n’a pas vieilli… La chanson « This is Me », de The Greatest Showman, boucle la pièce.

À travers les époques et les enchaînements musicaux, j’ai parfois oublié l’histoire du couple, qui m’a semblé passer au second plan et dont la finale m’a pris de court. Reste que l’idée de réunir plusieurs chansons, connues ou non, de plusieurs comédies musicales, pour en former une seule était bonne. Même excellente.

Selon le bilan du Théâtre du Chat Noir, 900 personnes au total ont vu Une histoire de Broadway vendredi et samedi.

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