Un projet vidéo sur le profilage au centre-ville | 1 décembre 2020 | Article par Véronique Demers

Louis-David Bourque, intervenant communautaire à la Clinique d'accompagnement juridique Droit de cité.

Crédit photo: Véronique Demers

Un projet vidéo sur le profilage au centre-ville

Afin de sensibiliser le public au traitement souvent réservé aux personnes marginalisées ou en situation d’itinérance au centre-ville, les intervenants de la Clinique d’accompagnement Droit de cité ont décidé de réaliser une série de courtes vidéos, dans lesquelles quelques-unes de ces personnes vont témoigner.

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« L’objectif est de donner une voix aux citoyens profilés sur ce qu’ils vivent au quotidien, dans la ville de Québec », résume Louis-David Bourque, organisateur communautaire à Droit de cité et responsable du projet.

M. Bourque espère recueillir une dizaine de témoignages de personnes marginalisées, témoignages qui devraient être diffusés au début de 2021, sur les réseaux sociaux de Droit de cité et sur son site web. Un cinéaste va les aider bénévolement pour la réalisation de ces vidéos.

Prendre conscience

L’initiative d’offrir cette tribune aux personnes marginalisées découle de rencontres qui ont eu lieu entre des professionnels oeuvrant sur le terrain en basse-ville (intervenants, travailleurs de rue, travailleurs sociaux, directeurs d’organismes). Ceux-ci ont formé le comité Espace concertation, dont la mission est de faire prendre conscience aux autorités du profilage social et racial que subissent certaines personnes.

« Dans le fond, on veut valider nos observations face à cette problématique directement aux personnes concernées. Étant donné les normes sanitaires en vigueur, ce n’était pas possible de rassembler une quinzaine d’individus en situation d’itinérance à la fois dans une même salle. Il y a des problématiques de santé mentale aussi et ça aurait été difficile que les participants restent en place (pour le respect de la distanciation sociale) », détaille l’intervenant communautaire à Droit de cité.

Le comité mobilisation est donc repensé autrement, de manière individuelle.

Louis-David Bourque veut faire ressortir le fait qu’une personne qui a l’air en situation d’itinérance ou marginalisée en raison de sa tenue vestimentaire risque fort d’être traitée, par les autorités policières, différemment d'une personne habillée manière plus conventionnelle.

« À quoi ça sert de judiciariser plus les personnes qui le sont déjà? Les policiers peuvent donner une contravention pour un citoyen qui flâne, qui crache à terre, qui quête de l’argent ou qui traverse sur la voie publique sans que ce soit au piéton à traverser. Le policier a un pouvoir discrétionnaire. Il peut donner la contravention ou non. Mais quand une contravention coûte 224 $, comment voulez-vous que le sans-abri paie la note? On les aide à prendre des ententes de paiement, à contester des contraventions, à effectuer des travaux compensatoires. Bref, on veut aider les personnes subissant du profilage à s’en sortir », explique M. Bourque.

Sa collègue Josiane Mondou, intervenante à Droit de cité, s’occupe de ce volet.

Déménagement

L’organisme est notamment soutenu par Centraide, ainsi que par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qui lui a versé 23 957 $ en 2018-2019, dans le cadre du programme FQIS (Fonds québécois d’initiatives sociales).

Dès le 7 janvier 2021, la clinique d'accompagnement juridique Droit de cité va déménager à la Maison de la coopération et de la solidarité sociale, située au 155, boulevard Charest Est, à la suite 140 (1er étage).

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