Projet L.U.N.E. se relocalise pour héberger plus de personnes | 22 décembre 2020 | Article par Véronique Demers

Kiosque du Projet LUNE lors d’un événement communautaire à place Jacques-Cartier en avril 2017.

Crédit photo: Projet LUNE - page Facebook

Projet L.U.N.E. se relocalise pour héberger plus de personnes

L’organisme Projet L.U.N.E., fondé par et pour les travailleuses du sexe, se relocalise afin d’héberger davantage de personnes, dans des conditions plus décentes.

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L’organisme, situé au 65, rue Notre-Dame-des-Anges, devrait déménager au 319, rue du Prince-Édouard.

« Le taux d’occupation dépasse chaque soir. On est dans un 4 1/2 assez petit. Il y avait une douzaine de femmes dans l’appartement, et certaines devaient dormir dans le passage. Depuis 2017 qu’on a vu la nécessité de se relocaliser. Aujourd’hui, c’est devenu urgent », a témoigné la directrice générale de L.U.N.E (Libres. Unies. Nuancées. Ensemble), Chantal Simoneau, lors de l’assemblée de décembre du conseil de quartier de Saint-Roch, mercredi dernier.

Le projet de relocalisation nécessitait une consultation publique, puisque l’usage lié aux établissements de santé avec hébergement (P6) n’est pas déjà inscrit dans le zonage à l’endroit visé.

Parmi les administrateurs du conseil de quartier de Saint-Roch, sept voix se sont exprimées en faveur de l’autorisation nécessaire à la relocalisation de L.U.N.E, aucune contre. Selon le processus consultatif en vigueur, suivant la recommandation d’un conseil de quartier, le projet continuera de cheminer vers le conseil d’arrondissement de La Cité–Limoilou.

Le conseiller municipal de Saint-Roch–Saint-Sauveur, Pierre-Luc Lachance, a exprimé son appui pour la relocalisation. « On a fait le maximum pour aider l’organisme. Les enjeux de L.U.N.E. représentent un dossier qui me tient à coeur. Je suis très heureux pour le nouveau local. L’organisme fait une différence dans le secteur », a soutenu M. Lachance.

« L’immeuble sera consacré à l’organisme L.U.N.E. seulement. Les deux premiers étages seront occupés par L.U.N.E., et au troisième étage, un logement sera conservé. Le nouvel hébergement peut accueillir au plus 65 personnes », a indiqué Lydia Toupin, urbaniste à la Ville de Québec.

Un continuum de services

L’augmentation de la capacité d’accueil de L.U.N.E. est rendue possible en partie grâce à une subvention fédérale reçue en 2017. Le bail au 65, rue Notre-Dame-des-Anges se termine en juillet; d’ici là, jusqu’à huit femmes pourront y être accueillies. Depuis le 18 décembre, une douzaine peuvent être accueillies sur la rue Prince-Édouard, toujours en formule drop in.

« On est dans un continuum de services. On essaie de les accepter (les travailleuses du sexe), peu importe leur état. S’il y a un geste de violence physique, on doit les renvoyer, mais elles peuvent revenir le lendemain. On peut aider aussi, par exemple, une femme qui vit de l’exploitation et qui veut s’en sortir », a résumé Chantal Simoneau.

Soulignons que plus de la moitié des membres du conseil d’administration de L.U.N.E. sont des travailleuses du sexe ou d’anciennes travailleuses du sexe.

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