Un nouveau lieu de création à l’ex-Maison jaune | 6 novembre 2020 | Article par Julie Rheaume

Crédit photo: Véronique Demers

Un nouveau lieu de création à l’ex-Maison jaune

La Charpente des fauves a vu le jour dans la défunte Maison jaune, sur la rue Christophe-Colomb Est, près de la frontière entre les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. Il s’agit d’un lieu de création multidisciplinaire né de l’initiative d’Emile Beauchemin, David Boily et Geneviève Caron.

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« On ne veut pas prendra la place de personne », soutient Emile Beauchemin, l’un des instigateurs, à propos de ce projet qu’il qualifie avant tout « d’incubateur ». On souhaite même éventuellement travailler avec d’autres acteurs et lieux culturels existants, ajoute-t-il en entrevue téléphonique le 27 octobre.

« Les portes seront ouvertes à tous les créateur.trice.s, peu importe leurs disciplines », a ensuite précisé M. Beauchemin par courriel, au début de novembre.

« Pour le public je dirais ceci : ce n’est pas à la Charpente que vous viendrez voir des spectacles finis, mais c’est à la charpente que vous viendrez voir naître de nouvelles idées. Pour les créateur.trice.s je dirais ceci : ce n’est pas à la charpente que vous viendrez présenter la version finale de votre travail, mais c’est l’endroit où vous viendrez créer vos prototypes en toute liberté », a-t-il également indiqué.

« La Charpente des fauves est un nouvel espace d’effervescence pour les arts vivants à Québec. Lieu d’accueil pour les créateur·trice·s émergent·e·s ou établi·e·s, elle porte à ébullition des processus de recherche, d’exploration ou de dépassement des frontières disciplinaires. Environnement aux fonctions hybrides, elle héberge des activités de formation, des événements, festivals et services ponctuels. Décidée à mettre en valeur une pluralité et une diversité de voix, La Charpente des fauves est un point de rencontre pour les artistes de tout horizon et leurs publics », décrivent les responsables dans un document dont Monsaintroch a obtenu copie.

Le mot « Charpente » fait notamment référence à l’âme de l’ancienne Maison jaune et « fauves » réfère quant à lui à un côté sauvage, un « lieu brut », explique Emile Beauchemin au bout du fil.

Ce dernier est très actif dans le milieu de la scène et des arts. Il est notamment codirecteur artistique et général de JokerJoker, diffuseur nomade de spectacles multidisciplinaires, et codirecteur artistique du Théâtre Astronaute, une compagnie de création.

Habiter les lieux

La Charpente des fauves est locataire du bâtiment. Elle occupe le sous-sol et deux locaux de répétitions « en haut », selon M. Beauchemin.

Afin de réaliser leur vision, les responsables ont procédé à certains travaux. Au sous-sol, ces derniers veulent créer une « boîte noire » qui se pliera à de multiples configurations, dit Emile Beauchemin. « On a enlevé les gradins », précise-t-il. On a notamment retapé le système d’accrochage pour l’éclairage au plafond et l’électricité, précise le responsable.

Rappelons que l’ancienne Maison jaune abrite aussi temporairement des organismes artistiques qui logent habituellement à Méduse, en raison de travaux apportés à la coop de la côte d’Abraham.

Programmation plus flexible

Le lancement officiel de la Charpente des fauves devrait se faire à la mi-novembre.

Selon M. Beauchemin, on veut présenter une programmation « plus agile ». « Nous voulons programmer (des activités) plus spontanément », dit-il.

Les responsables fonctionneront ainsi par cycle, au rythme de quatre cycles par années. Même si certains pans de la programmation seront prévus d’avance, il sera ainsi possible de prévoir des activités dans des délais plus courts.

La programmation devrait se mettre en branle en 2021.

Naître en temps de pandémie

La Charpente des fauves a vu le jour alors que le Québec était plongé au cœur d’une crise sanitaire sans précédent, ébranlant les milieux artistiques et culturels. Ses responsables ont mobilisé leurs passions et leurs efforts à l’édification d’un nouvel espace conçu pour les artistes de demain.

Alors que le milieu culturel est durement touché par la présente crise sanitaire, la COVID-19 est-elle venue mettre des bâtons dans les roues d’Emile Beauchemin et ses acolytes?

« Étrangement, on n’aurait pas pu choisir un meilleur moment », répond-il. Ainsi, les porteurs du projet ont ainsi eu le temps de s’installer en raison de la pandémie.