« Le milieu de la culture est inquiet, mais gêné de se plaindre » – Catherine Dorion | 28 avril 2020 | Article par Véronique Demers

« Le milieu de la culture est inquiet, mais gêné de se plaindre » – Catherine Dorion

La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, est claire: toutes les entreprises culturelles – à part les grands joueurs – sont menacées dans leur survie après la crise de la COVID-19.

« Pour l’après (COVID-19), le milieu de la culture est inquiet, mais gêné de se plaindre. Jusqu’à maintenant, l’aide était centrée sur les entreprises qui ont des employés, des individus qui attendent des subventions du CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec). Mais certains lieux, comme l’Anti, le Scanner et le District Saint-Joseph ne fonctionnent pas avec des subventions et sont indépendants. Le gouvernement fédéral a annoncé aujourd’hui (vendredi) l’appui financier de 75 % du loyer en avril, mai et juin. À part cette nouvelle aide financière, les autres soutiens aux entreprises culturelles ne sont que des avances sur ce qui leur aurait été versé plus tard, donc pas de l’argent neuf », déplore la responsable des dossiers de la culture et des aînés à Québec solidaire.

Comment qualifiez-vous le travail effectué par la ministre de la Culture, Nathalie Roy?

Sa réaction a été tardive et très peu rassurante. Plein de groupes importants à qui j’ai parlé n’avaient pas de nouvelles, mais elle a fini par répondre aux pressions, avec la création d’une table de concertation.

À quel point pourra-t-on voir émerger des événements numériques?

Le gouvernement fédéral entend octroyer des microbourses pour des shows numériques. Mais l’art et le rassemblement, ça va de pair. Il y a une bonne partie des oeuvres qui ne peuvent faire la transition vers le numérique.

À quoi ressemble votre quotidien avec votre équipe?

On est tous en télétravail. On reçoit beaucoup d’appels de citoyens. Je passe une grande partie de ma journée au téléphone et devant mon ordi. Mes enfants jouent et sortent dehors. Je suis en train d’élaborer un nouveau modèle pour les aînés. Beaucoup d’organismes d’aide alimentaire manquaient de nourriture. On a mis, depuis quelques semaines, à contribution des restaurateurs fermés pour préparer avec des bénévoles de la bouffe, afin de la distribuer à des personnes âgées à faible revenu.

Dans le quartier Saint-Roch, il y a le restaurant traiteur Pastissimo, et dans Saint-Sauveur, la microbrasserie Griendel. Toutes les mesures d’hygiène sont appliquées. On a fait aussi des dons de 20 000 $ à Moisson Québec et 20 000 $ à Centraide pour les organismes de Taschereau.

Vous-même êtes impactée dans le domaine culturel, en devant repousser la projection de votre film poético-documentaire réalisé avec Sol Zanetti (député solidaire de Jean-Lesage) et Émilise Lessard-Terrien (députée solidaire de Rouyn-Noranda–Témiscamigue)…

En effet, on s’est inspirés du cinéma de Pierre Perreault dans ce film. On a fait le tour du Québec pour demander aux gens, de manière non partisane, ce qu’ils souhaitent voir comme Québec de demain.

Outre le film avec vos collègues et la Saint-Jean au Lac Simon, y a-t-il d’autres projets que vous avez dû annuler ou reporter?

On va lancer la semaine prochaine sur le web mon film « Retrouver le nord », un portrait sur le peuple innu de la Côte-Nord. C’est un essai documentaire qui aborde notamment la perte culturelle. Ce sera suivi d’une discussion entre Naomi Fontaine (Kuessipan) et Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire.

Québec solidaire a prévu des assemblées virtuelles de cuisine. Comment ça fonctionne?

C’est une initiative du parti. Les gens sont bienvenus à participer avec Sol (Zanetti) et moi. Ces cuisines virtuelles visent à consulter la population sur la relance du Québec après la pandémie. Ces assemblées de cuisine virtuelles font partie de la programmation de l’École buissonnière élaborée par Québec solidaire. La programmation est disponible via : https://appuyez.quebecsolidaire.net/ecole-buissonniere