Centre Le Bourg-Joie : 36 ans et de nouveaux ingrédients | 25 septembre 2020 | Article par Suzie Genest

Nathalie Lanctôt (tout à gauche) avec des participants aux cuisines collectives du Centre Le Bourg-Joie dans les nouveaux espaces du YMCA Saint-Roch.

Centre Le Bourg-Joie : 36 ans et de nouveaux ingrédients

Le 1er octobre marquera le déménagement officiel du Centre Le Bourg-Joie dans l’immeuble neuf du YMCA Saint-Roch, où ses activités animeront l’espace cuisine. À 36 ans, le Centre Le Bourg-Joie fait aussi face à un défi de taille : combler la perte récente de son unique financement récurrent.

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Avant la COVID-19, en mars, la directrice du Centre Le Bourg-Joie Nathalie Lanctôt et l’animatrice Jade Collins s’affairaient à former leur quatorzième groupe de cuisine collective. Les groupes, de quatre à six personnes, sont constitués en fonction des profils, affinités et disponibilités. Il y a des groupes végétariens, soulignent-elles.

Lors d’une session de cuisine, un groupe prépare quatre recettes : trois repas principaux, une soupe ou un dessert. Un session qui se déroulait par exemple de 9 h à 14 h 30 dans les anciens locaux, au sous-sol de l’église Saint-Roch, est maintenant réduite à trois heures, vu la situation sanitaire, explique Nathalie. Heureusement, au YMCA Saint-Roch, les groupes peuvent cuisiner autant qu’avant, en moins de temps. L’aménagement fonctionnel fait toute la différence, comme elle le décrit.

« On a le double des ronds [de cuisinière], on avait juste six ronds avant; on un four de plus et puis on a… Tadam! deux merveilleux lave-vaisselle! […] Ici tout est encastré […], et la salle réfrigérée, la salle congélateur, la réserve sont à part de la cuisine, c’est des pièces. »

L’éducation populaire et la vie du quartier

En 1984, trois religieuses de la Congrégation Notre-Dame, pour contribuer à la lutte à la pauvreté, ont lancé ce qui allait donner naissance au Centre Le Bourg-Joie. Au début, la cuisine se faisait chez les dames impliquées, dit Nathalie Lanctôt. Puis, l’une d’elles, propriétaire d’un bloc, a mis un espace à la disposition de l’initiative, gratuitement. Plus tard, le tout s’est relocalisé au sous-sol de l’église Saint-Roch. Les activités, qui se faisaient davantage dans un esprit de charité, ont connu un virage avec la constitution en organisme à but non lucratif, après le décès de soeur Raymonde, dernière des trois religieuses fondatrices.

« En devenant un organisme [à l’assemblée de constitution], ils ont décidé qu’il faudrait plus aller vers les cuisines collectives et l’éducation populaire. […] On a recruté plus de gens et formé plus de groupes. »

Le Centre Le Bourg-Joie est un organisme autonome depuis neuf ans. Une année plus tard est arrivée Nathalie Lanctôt, qui avait travaillé en éducation populaire en région rurale puis en restauration. Pour elle, il était important que l’organisme soit mieux connu et plus présent dans son milieu, qu’il participe à la vie du quartier. Le conseil d’administration partageait cette vision.

On a pu voir le Centre Le Bourg-Joie ces dernières années prendre part aux fêtes du quartier, jardiner sur le parvis de l’église et aux places éphémères. Il sème, plante et fait des compotes avec les élèves de prématernelle 4 ans à l’école des Berges, cuisine avec les jeunes de C-Vert pour des personnes dans le besoin, fait partie du comité de gestion de Du potager à l’assiette

Financer une mission de 36 ans

Un soutien financier annuel de 80 000 $ de la Congrégation Notre-Dame assurait le fonctionnement du Centre Le Bourg-Joie. Il était complété par les revenus autonomes provenant par exemple de la vente de marinades, conserves et plats préparés, de services de buffet lors d’assemblées et d’activités d’organismes. Or la pandémie a réduit les revenus autonomes et amené des dépenses supplémentaires de fournitures liées aux mesures sanitaires. Et en juillet, le soutien financier de la Congrégation Notre-Dame a pris fin.

Si le déménagement au YMCA amène une économie de loyer, l’organisme doit trouver de nouveaux fonds pour poursuivre sa mission. Un comité de partenaires y travaille, des stratégies se mettent en place. Des démarches sont entreprises pour obtenir des subventions dont le Centre n’a jamais bénéficié, n’ayant reçu que des sommes ponctuelles pour des projets spéciaux. Les ventes de marinades et mets se poursuivront, ainsi que les inscriptions aux cuisines collectives.

Au cours de l’automne, une vente solidaire permettra d’écouler à prix accessibles des équipements et articles de cuisine et autres objets qui meublaient les anciens locaux. Le 29 septembre prochain aura lieu l’assemblée générale du Centre Le Bourg-Joie. Les places étant limitées par la situation sanitaire, il faut confirmer son intention d’y participer et surveiller les mises à jour.

On peut s’informer sur les activités du Centre Le Bourg-Joie en suivant sa page Facebook. Concernant la participation aux groupes de cuisine collective, on peut téléphoner à Nathalie et Jade (418 525-9622) ou leur écrire : cuisinescollectives-cbj@outlook.com