La Ville bonifie son soutien à des organismes pour lutter contre l’itinérance | 29 novembre 2019 | Article par Amélie Légaré

De gauche à droite: Chantal Simoneau du projet LUNE, Éric Boulay, directeur général de Lauberivière, et Véronique Girard,  directrice de SQUAT Basse-Ville.

Crédit photo: Amélie Légaré

La Ville bonifie son soutien à des organismes pour lutter contre l’itinérance

Les ententes de la Ville de Québec avec les organismes Pech-Sherpa, projet L.U.N.E, SQUAT Basse-Ville et Lauberivière arrivaient à échéance en 2019. Pour répondre aux besoins en matière de services aux personnes itinérantes sur le territoire, la Ville a non seulement décidé de renouveler ces ententes, mais également de les bonifier d’un montant additionnel de 355 000 $.

Cette décision a été annoncée par la Ville de Québec mercredi, après une réévaluation des besoins pour le maintien et l’amélioration des différents services offerts aux personnes en situation d’exclusion sociale ou à risque de l’être. Le quartier Saint-Roch vit une situation de débordement qui demande davantage de ressources. Pour les trois prochaines années, la Ville continuera ainsi de soutenir ces quatre organismes du quartier et développera également une entente avec le Regroupement de l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ).

Un montant de 355 000 $ vient ainsi s’ajouter à celui qui était déjà octroyé pour les ententes 2017-2019, soit 360 500 $. Cette somme totale permettra également d’organiser des activités de prévention pour contribuer à la cohésion sociale sur le territoire.

Organismes soulagés

« C’est un soulagement. On a de la misère à garder notre main-d’œuvre, on n’est pas concurrentiels avec le réseau », confie Véronique Girard, directrice de SQUAT Basse-Ville. L’organisme accueille, accompagne et soutient les jeunes en situation d’itinérance. La directrice se réjouit de cet investissement bonifié puisqu’il permet de financer le salaire d’une employée qui oeuvre auprès de ces jeunes.

« On travaille en affiliation sociale avec ces jeunes-là, on essaie de leur donner confiance en l’adulte pour en venir à leur redonner confiance en eux. Les stabiliser, ce n’est pas évident quand tu as du roulement de personnel. C’est sécurisant, c’est rassurant et c’est une reconnaissance aussi. »

Chantal Simoneau, directrice du projet L.U.N.E., affirme que les besoins du groupe d’appartenance, de reconnaissance et de défense des droits « par et pour » des travailleuses du sexe avaient d’ailleurs beaucoup évolué depuis trois ans.

« Au départ, on avait environ trois femmes en moyenne par nuit. On est rendus à une moyenne de 12-15 femmes par nuit. C’est sûr que c’est plus de besoins, on a plus d’heures d’ouverture, on a plus d’employés. C’est vraiment extraordinaire pour nous. »

Appel à l’aide

Selon le maire Régis Labeaume, les besoins sont criants dans le quartier. À la conférence de presse de mercredi, il a sollicité une aide financière du gouvernement variant entre 800 000 $ et 1 M$, pour la création d’un fonds pour l’hébergement d’urgence. « Il faut qu’il y ait un changement de mentalité, il faut que ce soit considéré comme n’importe lequel problème social ou de santé grave. Tant qu’on ne le verra pas comme ça, on ne le réglera pas », a-t-il affirmé.  Jeudi matin à l’Assemblée nationale, le député solidaire Sol Zanetti a questionné la ministre de la Santé. Le gouvernement Legault refuse toutefois d’engager du soutien financier supplémentaire.

Autres ressources

Au niveau des prochaines actions  pour lutter contre l’itinérance, la Ville de Québec souhaite mettre en place un continuum d’interventions, documenter les problèmes liés à l’itinérance dans le quartier, identifier les secteurs problématiques et les interventions municipales les mieux adaptées, ainsi que développer des activités de prévention en partenariat avec les organismes ciblés.