Queen’s Night : les drag queens débarquent à L’Anti | 15 novembre 2019 | Article par Jason Duval

Queen’s Night : les drag queens débarquent à L’Anti

Une fois par mois, à compter du 31 décembre, le bar spectacles L’Anti sur la rue Dorchester organisera des soirées de drag queens : les Queen’s Nights.

L’idée a été lancée, il y a quelques semaines, à plusieurs bars des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur par Nicolas, alias Nicky, drag queen. Quelques minutes seulement après l’envoi de son courriel, Karl-Emmanuel Picard de L’Anti se montrait plus qu’intéressé. Il a suffi d’une rencontre pour que le contrat soit signé et donne le coup d’envoi au projet.

L’art de la scène méconnu des drag queens, ces hommes qui sortent leurs paillettes et présentent des performances en costumes extravagants, est aussi caractérisé par un genre d’humour cinglant, souvent très coquin. Comme Nicky le dit si bien, à Québec, il n’y a pas beaucoup d’endroits où voir ces performances. Le Drague, sur la rue Saint-Jean, semblait être le seul; ce ne sera plus le cas dès le mois prochain.

Une fois par mois, les gens verront à L’Anti des artistes sélectionnés par Nicky, qui performeront sur un thème commun. Ces spectacles commenceront le 31 décembre, soirée où la haute couture sera le thème des numéros. La célèbre Lady Boom Boom s’y produira aux côtés de Nicky et de Lady Dalida, entre autres. Les spectateurs auront droit à un verre de mousseux, en plus de défoncer l’année dans un ambiance plus que festive

Attirer un public différent

L’Anti n’est pourtant pas reconnu pour ses soirées arc-en-ciel ni très visité par la société LGBTQ+ de la ville. L’endroit est très populaire auprès des amateurs de rock et punk, mais ce même public semble tout aussi intéressé par le drag!

« On n’a jamais eu autant de réactions instantanées sous une publication de L’Anti », explique Karl-Emmanuel Picard.

Il avait quelques appréhensions de réactions négatives, mais la grande majorité des réactions, positives et enthousiastes, lui ont confirmé qu’il y a un public en Basse-Ville pour ce genre de spectacle-évènement. Une occasion pour le populaire bar d’attirer de nouveaux clients et de faire découvrir à ses habitués le monde extravaganza des drag queens. C’est le mandat que se donne L’Anti : faire découvrir cet art de la scène coloré à des gens qui ne vont pas voir des drag queens chaque semaine, en ouvrir les portes à des centaines d’autres personnes, et attiser la curisosité.

Un salaire équitable

En plus d’offrir une nouvelle scène aux artistes, L’Anti  et Nicky souhaitent donner un salaire plus équitable aux drag queens.

« Depuis les années 1980, le salaire des drag queens n’a pas tellement changé. Il faut que ça change, parce que les coûts eux, ont changé », explique Nicky.

Ces coûts, ce sont ceux des costumes, par exemple. Pour un seul costume de scène, une drag queen peut débourser plus d’une centaine de dollars. S’y ajoutent la perruque et tout le maquillage nécessaire aux looks grandioses. La facture monte, vite, même très vite! Et il y a les déplacements, transport et hébergement pour se produire en région ou dans d’autres grandes villes. La majorité des endroits les payent en moyenne une centaine de dollars, parfois moins, pour un soir : la paie est vite dépensée! L’Anti et Nicky, qui offriront des cachets plus élevés, espèrent inspirer d’autres lieux à faire de même.

Pour plus d’informations sur la soirée du 31 décembre et la suite des Queen’s Nights à L’Anti, on peut visiter la page Facebook au https://www.facebook.com/queensnightqc/

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