Les Grands-Mères de Karine Sauvé au Mois Multi | 3 février 2019 | Article par Jason Duval

Crédit photo: Patrick LaRoche

Les Grands-Mères de Karine Sauvé au Mois Multi

L’artiste Karine Sauvé a fait revivre Simone, Lucille et Thérèse dans son installation-spectacle célébrant les morts, Les Grands-Mères Mortes, présentée dans le cadre du Mois Multi les 2 et 3 février.

Trois grands-mères, trois mémoires

Dans une ambiance fantomatique, Karine Sauvé se souvient de trois femmes qui ont marqué, chacune à sa façon, sa vie. Ce sont les sandwichs de Lucille, les documentaires animaliers de Simone et les oreilles bioniques de sa propre grand-mère, Thérèse, qui alimentent ses souvenirs.

Le spectateur découvre au fur et à mesure les objets qui définissent ces grand-mères. Leurs personnalités sont rapidement captées et comprises, afin que le public puisse suivre le texte, sensible, récité par l’artiste. À chaque grand-mère son moment de gloire.

Ces grands-mères sont des personnages des plus ordinaires; c’est dans l’interprétation de Sauvé que tout prend son sens : la commémoration d’un temps qui est déjà passé, d’une personne qui n’est plus. Pourtant, avec la mémoire et les objets reliés, les grands-mères reprennent vie dans ce spectacle artistique présenté aux enfants de neuf ans et plus. Le sens théâtral de la marionnettiste en fait une oeuvre visuelle pour tous, qui captive à tout âge.

Rien n’est laissé au hasard, aucun moment de silence. Karine Sauvé est accompagnée par Nicolas Letarte à la batterie et au beatbox – cet art de créer de la musique avec la bouche. La musique, omniprésente, produit une trame sonore qui nous transporte dans les moindres recoins de ses souvenirs. Sauvé et Letarte multiplient les effets sonores et les chansons dans tout les genres musicaux pour donner une tout autre dimension à ce spectacle.

La mort… et après

L’hommage, divisé en trois parties, toutes parsemées d’humour, est un peu naïf mais attachant. La mort vient marquer la fin de chacune des parties, mais la grand-mère ne meurt pas pour autant. Le souvenir survit toujours, puisque Karine Sauvé écrit un dernier mot, sur une carte postale, à ces mamies. Ses mots incitent à se rappeler.

C’est une grande fête des morts que Karine Sauvé présentait à la Salle Multi du Méduse. Ceux qui y assistaient le 3 février à 11 h pouvaient participer à un atelier de beatbox après le spectacle.

Son hommage touchant, en musique avec une pointe d’humour, venait nous rappeler que les souvenirs sont le trésor de l’humain. Apprivoisant la mort, les derniers souffles de l’existence, il nous ramenait à notre ultime destin commun : celui de disparaître un jour.