<em>Lentement la beauté</em> : un sujet lourd, tout en légèreté | 18 septembre 2019 | Article par Monsaintroch

Crédit photo: Gracieuseté La Bordée

Lentement la beauté : un sujet lourd, tout en légèreté

Collaboration spéciale : Marlène Bordeleau, coordonnatrice à la production à CKIA FM 88,3

C’est soir d’avant-première au théâtre La Bordée. L’ambiance est fébrile, moi aussi : je sors de ma zone de confort, constituée de micros, d’écouteurs douillets et de pitons pour assister à la pièce Lentement la beauté chez nos voisins de porte.

Brève rencontre, tout d’abord, avec les jeunes ambassadeurs, un des projets de médiation culturelle de La Bordée qui permet à deux jeunes par cégep ou école secondaire, d’assister aux avant-premières et d’agir par la suite comme ambassadeurs du théâtre auprès de leurs pairs et de leur famille. Certains d’entre eux produiront par ailleurs une balado, Tête-à-tête à l’ambassade, sur les pièces auxquelles ils auront assisté .

Par la suite, nous profitons d’un passage éclair du directeur artistique de La Bordée, Michel Nadeau, qui est également le metteur en scène et co-auteur de la pièce présentée ce soir, pour jaser théâtre. Les projets de médiation culturelle, comme en témoignent les jeunes ambassadeurs, Enjeux en scène et plusieurs autres, sont chers à La Bordée, un théâtre bien ancré dans le quartier Saint-Roch. C’est un théâtre « engagé, citoyen, préoccupé par les enjeux, les grandes questions » , dira-t-il, «  des thèmes sociaux qui sont sous-jacents à toutes les pièces ».

Lentement la beauté ne fait pas exception à la règle. Campé dans la ville de Québec, vous y reconnaîtrez différents lieux, et même certains personnages du paysage urbain.  Son texte, une création collective de Michel Nadeau et de ses six interprètes de l’époque, avait pour point de départ une idée toute simple. Lorsqu’une personne est transformée par une oeuvre d’art, que lui arrive-t-il ensuite? Que devient-elle?  Deux ans d’improvisation et de rédaction ont donné naissance à ce texte qui met en lumière ce pouvoir transformatif de l’art.

Cette transformation, elle sera vécue par l’Homme (Hugues Frenette), un fonctionnaire arrivé à la mi-quarantaine, prisonnier d’une vie qu’il a, comme son fils (Marc-Antoine Marceau) le lui fera remarquer, lui-même choisie. Son mal-être croissant, tant face à sa vie familiale, désincarnée, qu’à sa vie professionnelle où ses collègues travaillent toujours plus, trouvera écho dans les personnages d’une pièce de Tchekov, Les Trois Soeurs. Ce billet gagné au hasard aura des conséquences inattendues sur la vie de l’Homme.

« …Le vrai problème, c’est un manque d’amour, au sens large. »

Lentement la beauté réussit à aborder un sujet lourd s’il en est un, la crise existentielle, mais d’un angle et avec une légèreté qui rendent presque courtes les 105 minutes de la pièce. On rit des travers des personnages, de leurs contradictions, on s’y reconnaît, on s’attache à eux dans toute leur imparfaite humanité. Lire la suite sur CKIArt