Le Mois Multi : résistance et ravissement, première prise | 25 janvier 2019 | Article par Anne-Christine Guy

Eternity Be Kind, présenté dans le cade du Mois Multi

Crédit photo: Émilie Dumais

Le Mois Multi : résistance et ravissement, première prise

C’est hier soir que le Mois Multi, festival international d’arts multidisplinaires et électroniques, était lancé. Avec un programme double : Egotrip H20 ainsi que Eternity be kind.

Les commissaires, lors du 5 à 7 de lancement du Mois Multi
Crédit photo: photo: Émilie Dumais

Pour cette première soirée du Mois Multi, en plus des spectacles proposés, le public était invité à un 5 à 7 festif préliminaire aux performances. C’était l’occasion entre autres de découvrir le nouvel espace vidéo du festival ainsi que les infiltrations créées par le trio Mathieu Fecteau, Pascale Leblanc Lavigne et Fred Lebrasseur. Les organisateurs du Mois Multi ont aussi profité du moment pour remercier leurs partenaires.

 

Mathieu Fecteau, Fred Lebrasseur. Photo: Émilie Dumais

Egotrip H20

En performance d’ouverture du festival, on nous annonçait Egotrip H20 comme une exploration du « rapport qu’on pourrait établir entre la dérive égocentrique contemporaine sur les réseaux sociaux et l’émancipation des spectateurs à l’égard des habitudes culturelles traditionnelles »

L’énoncé est intrigant, et se manifeste de façon fort efficace. Au centre de la pièce, une femme est étendue dans un bassin d’eau peu profonde. Des caméras captent son image et la projettent sur de grands rideaux noirs accrochés au mur.

Puis l’action débute lentement, la femme se lève, elle est vêtue de linge beige, une sorte de drapé qui rappelle vaguement l’Antiquité, elle prend la pose pour la caméra. Malgré la dissonance du décor avec nos espaces modernes, on l’imagine sourire à son cellulaire.

Une photo de la pose est prise et diffusée sur les rideaux noirs. La texture et les couleurs nous font penser à de la peinture. Le tout se répète en boucle dans le petit bassin d’eau. La répétition de ce circuit se poursuit encore et encore, mais plus rapidement. En fond sonore on entend une voix de femme se parler : et si je souriais plus, et si je penchais ma tête, j’ai des yeux, j’ai un cœur, etc.

C’est comme si on voulait nous dire que le mythe de Sisyphe moderne c’était exactement ça : être pris dans notre propre egotrip à s’auto-observer éternellement dans l’œil d’une caméra.

Eternity Be Kind

Cette deuxième performance de la soirée était encore une fois bien ancrée dans l’air du temps, mais la proposition était totalement différente de la première.

Eternity Be Kind, image: LaTurbo Avedon
Crédit photo: LaTurbo Avedon

Eternity Be Kind, c’est un concert d’une icône pop créée de toutes pièces par l’artiste Myriam Bleau.

Dès le début, une femme, la vedette du spectacle s’introduit, et elle invite les spectateurs à se brancher sur le réseau wifi du spectacle avec leur cellulaire. Car en plus d’une projection vidéo, cette performance utilise les cellulaires des gens présents dans la salle, pour projeter des images complémentaires ou envoyer des instructions telles que CLAP YOUR HANDS.

La création vidéo proposée était fort intéressante et efficace. Les animations étaient belles et la musique, très accrocheuse. Mais, pour reproduire l’effet popstar, l’évènement aurait bénéficié d’un public un peu plus dense, et qu’on incite les spectateurs à bouger leur popotin plutôt que de rester assis. Malgré tout, l’expérience est à vivre! 

Si vous êtes intéressé.e.s à voir ces spectacles, il sont présentés à nouveau ce soir.

Sinon, le Mois Multi se poursuit jusqu’au début mars, avec une programmation de grande qualité. Pour en savoir en peu plus sur celle-ci, vous pouvez consulter notre article publié un peu plus tôt et/ou le site de l’évènement.