Édifice F.-X. Drolet : les partis d’opposition sonnent l’alarme | 22 octobre 2019 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Georges Sheehy

Édifice F.-X. Drolet : les partis d’opposition sonnent l’alarme

Jean-François Gosselin de Québec 21 et Jean Rousseau de Démocratie Québec ont respectivement tenu lundi des points de presse au stationnement de l’Édifice F.-X. Drolet, sonnant l’alarme à son sujet et interpellant le maire Régis Labeaume quant au déménagement de la centrale de police et à la relocalisation de la cour municipale.

Après le départ annoncé de la centrale de police du parc Victoria, on devrait voir la cour municipale s’installer dans l’Édifice F.-X. Drolet. Celui-ci devrait aussi accueillir un poste de quartier et un centre de détention. Le Programme triennal d’immobilisation (PTI) de la Ville de Québec prévoyait à cette fin une somme de 21 M$ en 2019-2020. Or les travaux n’ont pas débuté.

À la Ville de Québec, on avait attribué les délais à l’attente d’un permis de décontamination du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Or il s’est avéré qu’aucune demande n’y avait été déposée.

« Y a-t-il un pilote dans l’avion? »

Lors de son point de presse Jean-François Gosselin a répété que Régis Labeaume devait céder à « quelqu’un d’autre de son comité exécutif » le dossier de la centrale de police, qu’il avait repris des mains de Jonatan Julien, avant le départ de ce dernier. Le chef de Québec 21 a sommé le maire de Québec de s’excuser auprès du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et l’a mis en doute.

« Soit Régis Labeaume a menti à la population […], soit il n’est pas au courant de son dossier. Dans les deux cas, c’est très préoccupant. […] C’est gros, c’est un service de proximité très important. […] On y va de cafouillage, de mauvaise planification, de mauvaise gestion, d’improvisation. »

« Est-ce qu’il y a un pilote dans l’avion? Est-ce que le maire de Québec est encore capable de gérer ses dossiers? », a-t-il poursuivi.

En fin de journée lundi, un article de Radio-Canada rapportait des excuses de la Ville de Québec concernant des renseignements « incomplets ».

« Du brouillard » et des contaminants

L’Édifice F.-X. Drolet serait-il si contaminé et les coûts pour sa réhabilitation si élevés qu’on chercherait plutôt un autre site? Pour Jean Rousseau, liste de contaminants à l’appui, c’est une hypothèse qui pourrait expliquer l’absence de demande de permis au ministère.

La cour municipale pourrait-elle se relocaliser plutôt avec la future centrale de police? Le cas échéant, qu’implique le potentiel nouveau plan en termes de budgets, d’échéanciers, d’impacts pour le redéploiement des effectifs? Voilà les questions que le conseiller du district du Cap-aux-Diamants a adressées à Régis Labeaume, en appelant à la clarté et à la transparence.

Selon M. Rousseau, le maire de Québec possède des informations qu’il ne dévoile pas, cherchant plutôt à « gagner du temps ». « Il y a bien un pilote dans l’avion », a-t-il dit, mais on « crée un brouillard ».

D’après le Répertoire des terrains contaminés du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, on retrouvait au 19 juillet 2018 différents contaminants au site de l’Édifice F.-X. Drolet (245, rue du Pont).

  • Eau souterraine : Benzo(a)anthracène, Benzo(k)fluoranthène, Chrysène, Hydrocarbures pétroliers C10 à C50, Manganèse (Mn), Phénanthrène
  • Sol : Acénaphtène, Anthracène, Arsenic (As), Baryum (Ba), Benzo(a)anthracène, Benzo(a)pyrène, Benzo(b+j+k)fluoranthène, Benzo(c)phénanthrène, Benzo(g,h,i)pérylène, Cadmium (Cd), Chrysène, Cuivre (Cu), Dibenzo(a,h)anthracène, Étain (Sn), Fluoranthène, Hydrocarbures pétroliers C10 à C50, Indéno(1,2,3-cd)pyrène, Manganèse (Mn), Méthyl naphtalènes (chacun), Nickel (Ni), Phénanthrène, Plomb (Pb), Pyrène, Soufre total (S)

Turbulences au conseil municipal

Lors d’une séance du conseil municipal forte en turbulences mardi, les élus des partis d’opposition ont relancé le sujet. Prenant la parole en l’absence du maire Régis Labeaume, le vice-président du comité exécutif Rémy Normand a indiqué que les questions de Jean Rousseau trouveraient réponse lors d’« un plénier d’ici quelques semaines », lequel est attendu impatiemment par les élus des partis d’opposition.