Découverte de sépultures au futur pôle d’échanges Saint-Roch | 26 juillet 2019 | Article par Jean Cazes

Site archéologique du futur pole d’échanges. Zone 1. Ces fouilles se dérouleront jusqu’à l’automne. 26 juillet 2019.

Crédit photo: Jean Cazes

Découverte de sépultures au futur pôle d’échanges Saint-Roch

Depuis quelques jours, des fouilles archéologiques ont lieu sur le site du futur pôle d’échanges Saint-Roch du Réseau de transport de la Capitale (RTC), à l’intersection des rues de la Croix-Rouge et de la Pointe-aux-Lièvres. Cinquante sépultures y ont déjà été découvertes.

Rémi Normand, président du RTC
Crédit photo: Jean Cazes

C’est à la firme Truelle et Cie que le RTC a confié ces fouilles, auxquelles il doit obligatoirement se soumettre sur son terrain où sera implanté l’un de ses quatre pôles d’échanges.

En préambule de la visite de vendredi matin, le président du RTC Rémy Normand a résumé le contexte et la nature de ces travaux d’archéologie effectués sur deux parcelles de terrain. Il a d’entrée de jeu souligné que le potentiel archéologique du site, reconnu depuis 1996, avait fait l’objet en 2017 d’un inventaire ayant notamment révélé la présence de sépultures anciennes.

Des cimetières, un ouvrage militaire…

Deux zones de fouilles ont été ciblées, la plus importante étant sur l’emplacement de l’ancien immeuble de la Croix-Rouge, démoli en janvier dernier. L’archéologue Mario Savard, consultant pour le RTC, explique que l’intérêt particulier porté à cette parcelle de terrain, à l’origine à vocation agricole et dont l’histoire documentée remonte à 1759, coïncide avec l’implantation de l’Hôpital de la Marine ouvert en 1834.

« On doit aménager un cimetière près de l’hôpital afin d’y inhumer marins et immigrants arrivant par bateaux. Et quelques années plus tard, la paroisse Saint-Roch décide de déménager son cimetière dans le même secteur, à cause de la grande épidémie de choléra, son cimetière devenant surpeuplé. Au total, on sait qu’il y avait 2700 sépultures, la majorité ayant été déplacées au cimetière Saint-Charles, Mais on en a retrouvé déjà 50 depuis le début des fouilles… »

Cette zone, poursuit l’archéologue, a ensuite servi de cour à bois, puis d’autres bâtiments à vocation industrielle ont suivi, dont on retrouve pour l’un les fondations de béton, faites bien avant la construction de l’édifice de la Croix-Rouge en 1961.

Principale découverte dans ce premier îlot, les ossements sont d’abord nettoyés et emballés au Laboratoire et Réserve d’archéologie du Québec, à Québec, puis envoyés au département de Bioarchéologie de l’Université de Montréal pour des analyses poussées. À terme, question d’éthique, ces ossements seront ré-ensevelis.

D’autre part, tout près, une deuxième zone avait aussi été jugée à fort potentiel lors de l’inventaire de 2017. Celle-ci, souligne Mario Savard, abritait notamment un ouvrage militaire remontant au milieu du XIXe siècle, constitué de remblais de terre surmontés de canons. Ce retranchement français visait à protéger un passage où se situe approximativement l’actuel pont Drouin, à une époque où la rive de la rivière Saint-Charles léchait la limite Est du terrain du futur pôle d’échanges. Plus tard sera identifié, entre autres, derrière l’Hôpital de la Marine, « ce qui semble avoir été une fabrique de chaudières à vapeur, ce que prouveront peut-être les objets qu’on risque d’y trouver », avance l’archéologue.