David Goudreault, la Belle et la Bête | 5 février 2019 | Article par Catherine Breton

David Goudreault dans son premier spectacle solo, Au bout de ta langue.

Crédit photo: Maxime Picard

David Goudreault, la Belle et la Bête

La Belle, c’est la salle de l’Impérial Bell qui s’est refait une beauté et la Bête, c’est David Goudreault qui foulera ses planches ce vendredi 8 février.

L’analogie avec la Bête fait référence à sa trilogie – La Bête à sa mère, La Bête et sa cage, Abattre la Bête – mais aussi au fait que pour être le premier Québécois à remporter la Coupe du Monde de Poésie à Paris, je présume qu’il faut être une bête de scène.

Si vous ne connaissez pas encore David Goudreault, c’est l’occasion idéale!

Il cumule les carrières de romancier, poète, chroniqueur et travailleur social. Il manie la langue admirablement, tant par les sonorités que par les images riches et percutantes. Ses éditoriaux slamés en témoignent.

Mais pour revenir au sujet de ce papier… Son premier spectacle solo, Au bout de ta langue, fait tellement fureur qu’il a inscrit des dates de représentation à son agenda jusqu’en 2020.

Une passion, ça se partage

De plus en plus, on voit des auteurs concilier le travail solitaire de l’écriture à une pratique publique, que ce soit à la radio ou sur la scène. Quant on aime le genre humain comme David Goudreault, c’est même une nécessité, parce qu’après tout, lorsqu’on aime farfouiller l’âme humaine, on n’a pas envie de se limiter à soi, tout seul au fond de sa grotte. On a envie de rencontrer, partager, de prendre le pouls de nos semblables.

Si la poésie vous apparait comme un monde souterrain mystique, insondable, vous êtes le public tout désigné pour assister à son spectacle. C’est justement l’objectif de David Goudreault, de rendre accessibles les méandres de ce qui, au fond, nous relie tous les uns aux autres : l’humanité, la beauté, l’amour, la mort, les coups durs, mais avec une touche d’humour qui débride. Le gars veut non seulement nous faire rire, mais nous faire lire.

La littérature libère, elle réconforte et enseigne. Bref, la liste de ses vertus ne cesse de s’allonger sous l’œil de David Goudreault, qui nourrit un amour contagieux pour les mots et la richesse de notre littérature.

« Je veux faire ressortir la puissance de la littérature québécoise. Moi, je pense qu’on ne célèbre pas assez notre littérature, alors qu’on a des géants de la poésie qui sont reconnus partout dans le monde. »

Vous vous souvenez peut-être d’un de vos professeurs qui, au secondaire, vous a marqué parce qu’il arrivait à transmettre sa matière avec les mots justes et ce ton assez humoristique et passionnant qui faisait que vous en auriez pris encore et encore. Eh bien, l’énergie de David Goudreault, lorsqu’il parle littérature, c’est tout ça.

Sur la route

Pour ne pas s’engourdir ni se lasser de répéter le même spectacle sur une si longue période, David Goudreault prévoit intégrer de nouveaux textes tout au long de la tournée. Des poètes québécois qui font partie de ses coups de cœur, qu’il a envie de faire découvrir, de partager.

Il se donnera la permission de prendre des détours et quelques risques, de modifier le spectacle pour le garder vivant et pour préserver le contact privilégié qu’il a avec son public. La mission demeurera la même : faire rire et faire lire, mais le chemin pour le livrer sera, en quelque sorte, inédit d’une fois à l’autre.

La tournée de cet inspirant ambassadeur passera par la France, la Belgique, la Tunisie. Et, s’il y a un gars sur la planète qui peut vous faire aimer la poésie, je dirais que c’est lui.