Université populaire de Québec : les chercheurs s’invitent dans l’espace public | 13 juin 2018 | Article par Suzie Genest

Quelques-un.e.s des invité.e.s de l’Université populaire de Québec qui aura lieu le samedi 16 juin à place de l’Université-du-Québec.

Crédit photo: CELAT

Université populaire de Québec : les chercheurs s’invitent dans l’espace public

Ce samedi 16 juin de 10 h à 21 h, spectacles, quiz, ateliers, débats pour le grand public animeront la place de l’Université-du-Québec, autour du thème du vivre-ensemble. Intitulé Université populaire de Québec, l’événement se veut l’occasion pour des chercheurs et chercheuses de prendre part, avec artistes, acteurs communautaires, citoyen.ne.s, au discours public sur la diversité.

Cette première Université populaire de Québec est une initiative du Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés, alias le CELAT (acronyme de sa dénomination d’origine, Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions). Directrice du CELAT et professeure titulaire au département de sociologie de l’Université Laval, Madeleine Pastinelli explique que l’objectif est « d’encourager le débat dans une forme éclairée et sereine, qu’on puisse réfléchir et débattre sur les questions de diversité, mais pas à partir de n’importe quoi comme de fausses nouvelles ou des informations douteuses ».

Les chercheurs universitaires, dit-elle, voulaient faire leur part dans le débat public, préoccupés par « l’importance prise dans l’espace public par certains groupes » et par des publications sur les réseaux sociaux telles que « de vieilles nouvelles sur la Suisse qui donne des permis de conduire aux immigrants [et qu’on partage] comme si ça se passait au Québec ».

Ils auraient pu faire « une série de grands textes dans Le Devoir », pour un lectorat déjà acquis. Ou présenter des conférences académiques, alors que « les gens travaillent le soir, ils sont fatigués, il y a l’épicerie à faire, les enfants à divertir… », illustre Madeleine Pastinelli. Ils ont plutôt décidé de sortir de leur zone de confort pour rejoindre un public plus large, par un événement festif et familial. Un saut difficile ?

« Certains ont fait des propositions originales; pour d’autres, il a fallu pousser… Mais la réponse des collègues a été extrêmement enthousiaste. Je pensais que j’aurais du mal à les convaincre, or j’aurais été capable de faire 2 ou 3 jours! On ne voulait pas surcharger le programme, la difficulté était là », résume Mme Pastinelli.

Chapiteau, ateliers et première

L’événement, gratuit, est conçu pour convenir aux visites en famille, de courte durée. Tout au long de la journée se dérouleront dans l’espace principal, sous le chapiteau, des animations par une pléiade d’invité.e.s sur des thématiques variées  : Histoire; Immigration et réfugiés; Religion et laïcité; Autochtones, Patrimoine vivant, chanson, danse et spectacle musical…

À l’extérieur, en continu, de petits kiosques proposeront notamment aux enfants et adolescents un atelier sur les fouilles archéologiques, un jeu sur l’histoire, un concours sur les fausses rumeurs, des clowns… Également en continu, on pourra voir une installation de l’artiste de Saint-Roch Wartin Pantois et NOUS dess(e)in, issu d’une collaboration entre l’artiste Fanny H-Lévy, également du quartier, et la professeure émérite en anthropologie Francine Saillant.

Un spectacle de Karim Ouellet à 17 h 30 précédera la prestation de la troupe Gang de roues en amorce d’un bloc thématique sur les Personnes handicapées.

Pour clore l’événement, Bob White, professeur d’anthropologie à l’Université de Montréal, et Iréna Guidikova du Conseil de l’Europe y expérimenteront pour la première fois au Québec un test sur l’interculturalité. Contrepartie aux examens de citoyenneté administrés aux immigrants, celui-ci vise à mesurer notre prédisposition à l’interculturalité.

Les détails de la programmation de l’Université populaire de Québec se trouvent au http://universitepopulairequebec.ca/