<em>Saison complète</em> : <em>binge watcher</em> de la performance | 1 février 2018 | Article par Anne-Christine Guy

Saison complète EP1.

Crédit photo: Émilie Dumais

Saison complète : binge watcher de la performance

Février est à nos portes, et depuis une semaine, Saison complète nous offre un prélude au Mois Multi. Cette oeuvre, qui se décline en trois étapes, est une commande de Recto-Verso faite au Théâtre Rude Ingénierie. Nous en sommes déjà à mi-chemin de cette curieuse résidence de création dont le fruit est présenté du 25 janvier au 5 février : il n’est pas trop tard pour prendre dans le bateau!

Le Théâtre Rude Ingénierie

Le collectif de Québec est actif depuis déjà quelques années sur la scène culturelle. Certains se rappelleront la pièce Dreamland où Rude Ingénierie s’était attaqué à la thématique de la mythique Coney Island. La troupe a aussi participé, en collaboration avec l’Orchestre d’hommes orchestres, aux éditions 2015 et 2016 du Carrefour international de théâtre avec sa création Le Palais. Plus récemment, elle signait la mise en scène de Mascarade présentée aux Nuits du MNBAQ. Finalement, les TRI sont des habitués du Mois Multi, où ils ont déjà présenté quelques spectacles au fil des années.

Saison complète Ep1.
Crédit photo: Émilie Dumais

Qu’est ce que Saison complète ?

Saison complète est une création qui se décline en trois moments. Du 25 au 28 janvier, c’était l’installation. Puis, du 29 janvier au 3 février, TRI présente quatre « Épisodes », et enfin le 5 février, c’est la projection du film. Le processus est inspiré des séries télévisuelles : d’abord, lors de l’installation, on montait le décor où allait se dérouler l’action de la série. Les quatre épisodes d’une durée approximative de 45 minutes sont présentés sur une période d’une semaine. Puis, un film créé à partir des épisodes sera projeté le lundi 5 février.

Dans le Studio d’essai à Méduse, l’espace scénique de Saison complète est chargé d’inventions, de machines, mais aussi d’éléments du quotidien : un piano, une télévision, des chemises bien pliées qui attendent sur des chaises. Cet univers chaotique entraîne notre imagination vers le sentiment d’une époque surannée que l’on ne saurait placer à un moment réel.

Les deux premiers épisodes

Saison complète Ep1.
Crédit photo: Émilie Dumais

Comme dans toute bonne série, les épisodes de Saison complète débutent avec une courte introduction et un générique. Mais si le spectacle reprend des codes des productions télévisuelles, le contenu reste des années-lumière de la télévision traditionnelle. Il ne faut pas s’attendre à du théâtre non plus. Ce que nous propose TRI, c’est de la performance.

Le premier épisode était plutôt touffu, plusieurs actions s’entre-mêlaient. Chaque protagoniste explorait en quelque sorte les possibilités du studio. Dans ce dense épisode de 45 minutes, nous avons vécu la possible poésie de la destruction d’un miroir, mais aussi nous avons vu quelqu’un danser avec le feu et avons assisté à la rencontre difficile de deux corps. L’épisode s’est terminé sur « La Barcarolle » de Jacques Offenbach chantée de façon plutôt burlesque.

Dans le second épisode, il y avait une plus grande cohésion au sein de la troupe. Nous avons assisté à une sorte de grand banquet qui dégénère. La présence du robot-caméra y était plus importante, la machine devenait en quelque sorte un nouveau protagoniste. Cet épisode était hautement fascinant, la danse à laquelle se prêtaient les personnages de la série empruntait aux codes du quotidien tout en les distordant. Comme dans le premier épisode, le spectacle s’est terminé autour du piano.

Difficile de décrire avec exactitude l’expérience de Saison complète : il vaut le coup d’en faire l’exercice ! Il reste encore deux épisodes à la série, les 2 et 3 février, ainsi que la présentation du film le 5 février.

Voir l’horaire et les détails de Saison complète.