Les Reines vous invitent à la soirée de parole féministe Femmes + Pouvoir | 27 juillet 2018 | Article par Geneviève Morin

Noémie F. Savoie et Rosalie Cournoyer

Crédit photo: Geneviève Morin

Les Reines vous invitent à la soirée de parole féministe Femmes + Pouvoir

Le collectif de théâtre féministe Les Reines a le vent dans les voiles : sa pièce .es vient d’être choisie pour jouer au festival Fundy FRINGE (Nouveau-Brunswick). Afin de financer ce voyage, Les Reines invitent le public à leur soirée Femmes + Pouvoir le lundi 30 juillet à la Korrigane.

Qui sont Les Reines? Maude Boutin-St-Pierre, Gaïa Cherrat Naghshi, Rosalie Cournoyer, Noémie F. Savoie, Natalie Fontalvo et Marie-Ève Lussier. Des comédiennes, des artistes qui ont fait leur Conservatoire ou sont en train de le faire. Mais pas seulement. Étudiantes, travailleuses, femmes que l’amitié a rapprochées et qui avaient envie de broyer leurs limites en les jetant dans le grand concasseur qu’est la création collective. Le but avoué : (re)trouver sa souveraine intérieure.

Une puissance cachée

Nous avons rencontré Noémie F. Savoie et Rosalie Cournoyer pour qu’elles nous parlent de la genèse de la pièce .es. Étonnamment, elles ne se considéraient pas comme féministes avant d’œuvrer à la création de .es. Alors, pourquoi joindre une troupe qui carbure à la condition féminine?

« Lorsque Natalie Fontalvo et Marie-Ève Lussier, les initiatrices du projet, nous ont demandé de les joindre, elles nous ont dit qu’elles voyaient en nous une puissance qu’on cachait. Évidemment, nous, on ne se considérait pas du tout comme puissantes (rires)! », raconte Noémie F. Savoie.

Rosalie renchérit : « Elles nous percevaient comme des femmes fortes, mais freinées par quelque chose. Elles nous ont dit qu’elles voulaient découvrir avec nous ce qui nous freinait. C’était super intrigant, l’aventure qu’elles nous proposaient! »

Mise en abîme

La curiosité, l’amitié et le goût du risque ont amené les deux comédiennes à intégrer le processus participatif des Reines. Elles ont joué les meneuses à tour de rôle, en animant chacune divers ateliers de création collective, évitant le piège d’un leadership vertical et s’assurant que la pièce porte l’ADN créatif de toutes. C’est à force d’observer les discriminations dans leur quotidien et le sexisme intériorisé au sein de leur propre psyché que les deux femmes en sont venues à embrasser la cause féministe. Elles relatent :

« À un moment donné, on s’est rendu compte que dans notre processus de création, on se bloquait nous-mêmes, on se bloquait entre nous par besoin d’atteindre la perfection, par manque de confiance en soi… Les choses qu’on observait à l’extérieur de nous, les choses qu’on dénonçait, on voyait que ces mêmes choses-là étaient (à l’œuvre) au cœur même du projet! On s’est dit : on va écrire là-dessus! »

La soirée Femmes + Pouvoir donnera la parole à des autrices et auteurs locaux
Crédit photo: Odile Garnier

La première partie de la pièce .es sera donc une mise en abîme : un huis-clos de femmes réelles qui cherchent (désespérément) à se mettre en scène. Fait important à noter : le festival Fundy FRINGE sera l’occasion de la toute première représentation de .es, une étape cruciale pour Les Reines, puisqu’elles en profiteront pour recueillir les commentaires du public afin de pousser leur création plus loin.

La soirée de financement Femmes + Pouvoir du 30 juillet sera donc l’occasion de financer ce projet unique, mais elle sera aussi, pour ses créatrices, le début du travail sur la deuxième partie de la pièce, une recherche-création qui consistera à se mettre à l’écoute de la parole des autres. Ces « autres » étant pour l’occasion les invité.e.s de la soirée, qui déclameront des Slams, poèmes, textes théâtraux, essais journalistiques frottés au risque du cocktail Femmes + Pouvoir. Un rendez-vous qui promet d’être explosif.

La Soirée Femmes + Pouvoir a lieu le lundi 30 juillet à la Korrigane dès 19 h, avec : Émilie Turmel, Érika Soucy, Thomas Langlois, Mattia Scarpulla, Lucie Jean, Sophie-Anne Landry, Alice Chaudat, Auréliane Macé, Mickaël Bergeron, Cécile Mouvet et quelques surprises. Le coût d’entrée est de 5 $.