Des « permis de chasse » aux flaques d’eau : échanges sur un aménagement vélo | 9 avril 2018 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Ville de Québec

Des « permis de chasse » aux flaques d’eau : échanges sur un aménagement vélo

Jeudi dernier, la Ville de Québec tenait une séance d’information sur l’aménagement cyclable prévu pour la rue de Saint-Vallier Est, entre le carré Lépine et l’îlot des Palais, où se tenait la séance. Quelque quinze personnes, inquiétées par l’impact sur le stationnement du voisinage, s’y sont présentées, en quête de solutions.

Le segment de rue visé présente, pour les déplacements à vélo, « un fort potentiel lorsque le réseau sera plus développé », a indiqué Guillaume Lemieux, agent de recherche en mobilité et urbanisme à la Ville de Québec. Comme l’a expliqué le conseiller en planification du transport Jean-François Martel, cet aménagement compte parmi ceux que la Ville espère réaliser en 2018, après avoir dû en reporter plusieurs l’an dernier, devant le coût élevé des offres de services.

Des « permis de chasse »

Les bandes à aménager sur de Saint-Vallier Est auront un impact sur une quinzaine de cases de stationnement, du côté sud, durant la saison cyclable du 31 mai au 1er octobre. Une analyse du taux d’occupation de ces cases de stationnement a été effectuée en journée, en soirée, en semaine, les fins de semaines, pour un total de 24 relevés. Selon ceux-ci, le taux d’occupation moyen serait de 50 % en semaine et la fin de semaine dans la première baie de stationnement du tronçon et, dans la seconde baie, passerait de 36 % la semaine à 68 % la fin de semaine.

Les citoyens présents ont remis en question la représentativité de ces données. Quatre d’entre eux, installés depuis 15 à 20 ans, ont souligné une difficulté croissante à trouver un stationnement proche pour la douzaine de véhicules des 19 voisins de leur pâté de maison. Ils ont évoqué trois projets de copropriétés ayant amené plusieurs résidents avec des voitures, et des visiteurs garés en infraction pendant de longues périodes sans contravention, particulièrement la fin de semaine, l’été, durant les grands événements.

Un résident s’est inquiété des impacts des développements prévus ces prochaines années, dont l’arrivée du centre communautaire au site de l’ancien cinéma Charest. À un autre qui proposait d’utiliser le terrain de l’îlot Fleurie pour ajouter du stationnement, le conseiller du district Saint-Roch–Saint-Sauveur Pierre-Luc Lachance a rappelé la requalification prévue pour cet espace, appelé à devenir un parc. On lui a suggéré que des cases pourraient être conservées en bordure.

Pour le conseiller du district de Cap-aux-Diamants Jean Rousseau, la problématique soulevée renvoie à celle du « permis de chasse » : les vignettes de stationnement délivrées par la Ville pour différentes zones excèdent le nombre réel de cases disponibles. Dans la zone 10, où passera l’aménagement cyclable, 304 vignettes sont délivrées, pour 216 espaces, a-t-il illustré.

En mode solution…

Si la tension peut monter lors de telles séances d’information, les échanges jeudi dernier sont demeurés cordiaux. Les gens présents voulaient visiblement des solutions. Les représentants de la Ville, soulignant que la signalisation est un élément qui peut toujours être ajusté, ont évoqué des possibilités : réserver le stationnement aux détenteurs de vignettes, revoir les plages horaires, récupérer des cases attribuées aux travailleurs (T1) sous utilisées… Les avantages et inconvénients des différentes options devront être évalués.

Certains ont saisi l’occasion pour soulever des préoccupations connexes. L’un a mentionné la sécurité à améliorer à l’intersection de Saint-Vallier – Saint-Nicolas, où les automobilistes croient avoir priorité et font fi du marquage au sol. Un autre a proposé de bonifier de bancs, poubelles, supports à vélos l’aménagement à l’îlot des Palais, pour en faire une aire de repos sur le parcours cyclable. Jean Rousseau, acquiesçant, a invité les citoyens à suggérer des emplacements pour ce mobilier.

Un résident a signalé d’importantes flaques d’eau sur l’axe à aménager, conséquence d’un écoulement de la falaise. Il avait une photo à l’appui : « C’est une belle flaque! », s’est exclamé Jean-François Martel, qui abordera la question avec d’autres intervenants municipaux concernés.