<em>Grand Écart</em> : le plaisir de retrouver BGL | 5 décembre 2018 | Article par Anne-Christine Guy

Born Again

Crédit photo: Stéphane Audet

Grand Écart : le plaisir de retrouver BGL

Depuis le 16 novembre, le public peut renouer avec le trio BGL, qui présente Grand Écart à la Galerie 3 après 10 sans exposition solo à Québec

Pour l’occasion, la Galerie 3 a donné à BGL carte blanche. Le collectif, composé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière, n’a pas pris cette offre à la légère. Il présente un parcours à grand déploiement dans l’espace du 247 rue Saint-Vallier Est. Les habitué.e.s de la galerie la retrouveront plus grande que d’ordinaire, alors qu’on a littéralement défoncé les murs pour lui ajouter de la superficie.

10 ans d’absence/ 10 ans d’activité

Spectacle et problème, photo de Stéphane Audet
Crédit photo: Stéphane Audet

La décennie qui sépare Grand Écart du dernier solo présenté par BGL à Québec a été foisonnante pour le collectif. Si son passage à la 56e exposition internationale d’art La Biennale du Venezzi en tant que représentant du Canada a été un des évènements les plus remarqués de cette période, le collectif a aussi été très actif sur la scène canadienne et internationale, peaufinant son esprit ludique et sa capacité à surprendre.

L’exposition présentée à la Galerie 3 n’est pas une rétrospective des dix dernières années à proprement parler, mais on peut tous de même y retrouver des oeuvres exposées préalablement. Par exemple, la pièce « Spectacle et problème », d’abord présentée au musée Mac/ val à Paris, occupe une pièce complète. Cette impressionnante représentation d’un feu de bois est réactualisée pour l’occasion.

De plus, l’oeuvre « Les réseaux », grande structure de gouttières métalliques où le visiteur peut faire glisser des pièces de monnaie – qui d’ailleurs avait été exposée à la Biennale de Venise – est désormais juxtaposée à la pièce « Troubadour », représentation d’un musicien de rue. On pourrait croire que ces deux oeuvres ont été conçues pour être présentées ensemble.

Les réseaux & Troubadour, 
Crédit photo: Stéphane Audet

On retrouve aussi la pièce « Born Again », représentation d’un casque de Darth Vader liquéfié et blanc qui avait été présenté en 2007 à Montréal et auparavant à Toronto sous le nom « Good Night Darty », cette fois complètement noire.

Une explosion qui parle de nous / qui nous parle à nous

Ce qui surprend dans l’oeuvre de BGL, c’est combien elle est ancrée dans notre culture populaire. Le trio sait transformer, dans un esprit ludique, ce qui fait l’essence de notre quotidien et aussi de nos connaissances communes. Pensons par exemple à l’oeuvre « Jamaïque numérique », qui représente de façon tout à fait étonnante les screen savers de nos ordinateurs ou alors à la série « Portes automatiques », qui utilise les stores trafiqués pour représenter des murs. Avec son humour et sa légère folie, BGL offre sûrement une des meilleures portes d’entrée dans l’univers de l’art contemporain pour le néophyte, tout en restant intéressant pour les érudits!

L’exposition Grand Écart se poursuit à la Galerie 3, sur la rue Saint-Vallier Est, du mercredi au dimanche jusqu’au 20 décembre.