Débat électoral de Voix Citoyenne : l’écologie au centre des préoccupations? | 11 septembre 2018 | Article par Baptiste Piguet

Crédit photo: Monsaintroch

Débat électoral de Voix Citoyenne : l’écologie au centre des préoccupations?

Environ 200 personnes se sont rendues hier à l’École nationale d’administration publique dans le quartier Saint-Roch pour voir débattre des candidat.e.s de Québec aux élections provinciales, à l’invitation de Voix Citoyenne. L’angle adopté plaçait l’écologie au centre de la réflexion, à travers un trio d’enjeux : l’éducation civique, l’économie et la santé.

Chaque parti invité était représenté par un candidat et une personne en appui au débat animé par Simon Bégin, président et porte-parole de l’Institut Jean-Garon et Daniel Forget, professionnel en développement durable, volet formation, à l’Université Laval. Étaient donc présents : pour le Parti Québécois (PQ) Christian Hébert (Portneuf) et Normand Beauregard (Louis-Hébert); pour Québec solidaire (QS) Sol Zanetti (Jean-Lesage) et Solène Tanguay; pour le NPD Québec (NPDQ) Raymond Côté (Jean-Lasage) et Roger Duguay (Taschereau); pour le Parti vert du Québec (PVQ) Samuel Raymond (Vanier-Les Rivières) et Daydree Vendette (Louis-Hébert); et pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) Adrien Pouliot (Chauveau) et Daniel Brisson. Le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec avaient décliné l’invitation.

Éducation civique

Les différents candidats ont déploré « l’abstention dramatique » aux élections et le « manque d’implication » en politique des citoyens. Beaucoup ont proposé la mise en place de cours d’éducation à la citoyenneté obligatoire pour favoriser l’implication des jeunes. QS a aussi proposé un scrutin proportionnel pour offrir davantage de choix aux électeurs.

Par la suite, les animateurs ont demandé aux candidats s’ils avaient des propositions pour corriger le déficit lié à la disparition du droit au référendum sur les modifications du zonage dans les municipalités (loi 122). Le PQ a réclamé un « État fort au service des citoyens ». Le PVQ a dit vouloir renforcer « la démocratie locale, pour permettre aux citoyens de prendre possession de leur quartier ». S’ils déploraient aussi la disparition des référendums, le NPDQ et le PCQ ont douté de l’utilité de créer une nouvelle institution indépendante dédiée à l’aménagement et à l’urbanisme.

Économie

Invités à présenter le plan de leur parti pour prendre en compte la valeur économique des écosystèmes, certains candidats ont souligné que la « vie est inestimable » (NPDQ), que « la beauté ne se calcule pas en termes financiers » (QS). Le PQ a proposé de soutenir les propriétaires qui aménagent les zones humides. Le PVQ a parlé d’un besoin de réfléchir à la « décroissance ». Pour QS, il était urgent de mettre en place un « plan de transition énergétique ». Le PCQ a, lui, mis de l’avant la « qualité de l’air et de l’eau au Canada ».

Par la suite, les différents candidats ont été amenés à se prononcer sur l’attribution de 1% du budget au verdissement en milieu urbain. Pour le PCQ, « ce n’est pas une solution », l’environnement est un problème « global et non local ». D’autres ont parlé de la nécessité de « faire plus » (NPDQ), d’« une politique globale pour développer une ville intelligente » (QS), d’ « un choix collectif » pour l’environnement (PQ).

Santé

Amené à se prononcer sur la mobilité durable à Québec, QS a évoqué le besoin « d’un remède de cheval pour le transport à Québec », de « bonifier le projet de réseaux structurant » et de s’opposer au 3e lien. D’autres ont proposé de créer plus de pistes cyclables et de faire un métro en centre-ville (PVQ). Le NPDQ a souligné « l’importance de développer un avantage comparatif pour le réseau structurant » afin d’éviter son échec. Le PQ a parlé de la « dévitalisation de la périphérie » et d’écouter les besoins des citoyens. Pour le PCQ, la solution est de « fluidifier la circulation automobile ».

Les animateurs ont ensuite demandé aux candidats s’ils s’engageaient à rejeter le schéma d’aménagement de l’agglomération de Québec pour protéger les 660 hectares de terres agricoles, dont font partie celles des Sœurs de la Charité. Tous ont été unanimes : il faut protéger ce « joyau » (QS), « nos plus belles terres » (PQ). Pour le PVQ, il faut encourager une agriculture locale et biologique sur ces terres, pour sauvegarder notre « souveraineté alimentaire ». Le NPDQ et QS ont parlé du besoin de « densifier le centre-ville » pour limiter l’étalement urbain et protéger les terres agricoles.

Questions citoyennes

Dans un dernier bloc, des questions soumises par des citoyen.ne.s présent.e.s ont été posées. Plusieurs thèmes ont été abordés : incinérateur, agrandissement du port, zéro déchet, salaire minimum, patrimoine, eau… Voici un petit florilège des réponses des candidat.e.s :

  • Le NPDQ miserait sur des partenariats avec le fédéral et les pays voisins pour la qualité de l’air, car le « problème dépasse les frontières ».
  • Concernant l’agrandissement du port, le PQ veut mettre en place « une politique maritime responsable au Québec ».
  • Le PCQ estime que « taxer les gens [sur l’essence] n’est pas une bonne solution, il faut trouver d’autres incitatifs ».
  • Le PVQ veut revoir la politique de gestion de l’eau « pour assurer sa protection et sa qualité » et éviter sa monétarisation ;
  • QS estime que l’augmentation du salaire minimum à 15 $ est « un droit, un droit que de travailler et d’avoir un niveau de vie décent » et aurait des retombées sur l’économie locale.

Le débat intégral sera rediffusé ce mercredi matin, 12 septembre, à 7 h à la radio de CKIA FM 88,3 et via le ckiafm.org, puis disponible en baladodiffusion. Monsaintroch était par ailleurs présent hier soir pour tweeter en direct.

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