Wartin Pantois ouvre des Horizons

Après s’être fait remarquer – sans se faire reconnaître ! – pour ses interventions sur des façades d’immeubles ou des parcelles de bitume du quartier Saint-Roch, Wartin Pantois amène son art à l’intérieur des murs et le sort de la clandestinité avec le projet Horizons, qui se dévoile au sous-sol du Cercle ce jeudi 2 mars.

Horizons intimes et sociaux

wartin pantois_horizons_detail_3Fruit d’une résidence de recherche-création amorcée le 1er février au Cercle – Lab vivant de la rue Saint-Joseph Est, Horizons rassemble des collages qui questionnent la représentation de la femme autochtone dans l’imagerie numérique. Les oeuvres ont été créées à partir de photographies du domaine public accessibles sur le web. Si ce projet amène le street artiste hors de la rue, il s’agit toujours d’une oeuvre in situ, en continuité avec les précédentes, assure Wartin Pantois :

Ce projet d’installation […] est intrinsèquement in situ, je me suis inspiré des thèmes de travail du Cercle – Lab vivant : le féminin, les Premières Nations, l’inquiétante étrangeté, la nordicité. Je n’aurais pas pu faire ce projet ailleurs. Comme mes projets de street art qui font parler les lieux et vice-versa, le lieu fait aussi parler mes images. […] la plupart des gens qui verront l’installation l’apercevront sans s’y attendre, à l’occasion d’un concert ou d’une autre activité dans le sous-sol du Cercle, comme une oeuvre de street art au détour d’une rue.

Fidèle à sa signature, l’artiste utilise le noir et blanc auquel il intègre par endroits la feuille d’or, comme dans sa précédente intervention, Sans-abri où elle venait questionner la valeur qu’on accorde aux gens… Les quatre tableaux, évoquant différentes étapes de vie et « l’horizon des possibles, les combats intérieurs et sociaux, l’isolement et l’éclatement identitaire » s’inscrivent dans la même démarche d’art citoyen, pour ne pas dire engagé, que ses interventions faites dans la clandestinité.

Le côté clandestin du street art est vraiment secondaire pour moi, ce qui compte c’est d’intervenir au bon endroit pour créer du sens. La rue est un excellent endroit pour les thèmes sociaux. Au Cercle, je mélange le social à l’intime, mais toujours avec la même réflexion que j’espère sensible. J’évoque le passage du temps et les possibilités de devenirs dans la vie imaginée d’une femme autochtone. »

Ses oeuvres destinées aux espaces intérieurs « sont aussi plus intérieures, en lien la vie psychique et l’étrangeté », précise l’artiste, qui compte récidiver avec d’autres projets intra-muros au cours des prochaines années.

Cherchez Pantois

Celui qui n’avait pas revendiqué en 2014 son intervention photographique sur un immeuble de la rue Saint-Joseph n’est à ce jour connu que de nom – et de voix, pour ceux qui ont entendu ses entrevues radio et ses chansons. L’artiste se rendra-t-il masqué au vernissage public de Horizons ?

Un vernissage, c’est nouveau pour moi, je ne sais pas encore si j’y serai d’ailleurs… et si j’y suis ce ne sera pas comme Wartin Pantois, j’y serai comme un citoyen anonyme, je me fondrai parmi les gens… »

À défaut de trouver Pantois dans la foule du vernissage au Cercle, il faudra le chercher dans les rues de Saint-Roch à l’heure du coq l’été. Car il entend bien continuer à investir l’espace public extérieur.

J’ai quelques projets d’interventions artistiques en préparation pour l’été, dont une en collaboration avec un organisme communautaire du quartier Saint-Roch. J’ai bien hâte que la saison chaude revienne pour pouvoir passer à l’action. Je tiens aussi une liste d’idées d’interventions et je peux vous dire qu’il y a beaucoup de sujets que je souhaite aborder dans l’espace public. Des thèmes sociaux et même politiques au sens noble du terme. »

Wartin Pantois se rendra aussi au Portugal cet été pour une résidence d’artiste durant laquelle il créera « une oeuvre extérieure sur la diversité et la tolérance, en écho avec une oeuvre intra-muros sur papier ».Le vernissage du projet Horizons a lieu ce jeudi 2 mars au Cercle, en formule 5 à 7.