Une Marina Gilles-Lamontagne plutôt qu’un parc ? | 16 juin 2017 | Article par Suzie Genest

Crédit photo : Georges Sheehy

Une Marina Gilles-Lamontagne plutôt qu’un parc ?

Percevant peu de consensus des citoyens sur la proposition de renommer le parc de la Jeunesse en parc Gilles-Lamontagne, le conseil de quartier de Saint-Roch a proposé hier en consultation publique que le nom de l’ancien maire soit plutôt donné à la Marina Saint-Roch.

Un lieu qui ne fait pas l’unanimité

Parmi les quelque six citoyens intervenus, Jean Dorval de la Société historique de Québec était le seul favorable à la proposition d’honorer la mémoire de l’ancien maire au parc de la Jeunesse. Les autres ont remis en question le choix du lieu, comme Nicol Tremblay de la Société de la rivière Saint-Charles, qui avait transmis des commentaires par courriel. Le géographe Léonce Naud et un membre de Rivière vivante avaient également exprimé leur désaccord par cette voie. Des administrateurs du conseil de quartier, aussi influencés par des réactions sur les réseaux sociaux, a admis le président Simon Gauvin, ont ainsi envisagé d’autres lieux.

Rappelant en début de consultation les développements urbains sous Gilles Lamontagne, la présidente du comité de toponymie Anne Corriveau a insisté sur le contexte autour du bétonnage des berges de la rivière Saint-Charles. La rivière était à l’époque « un égout à ciel ouvert », a-t-elle indiqué, ajoutant : « Il faut se remettre dans le contexte du temps. C’était à cette époque-là cette façon de faire ».

Des luttes populaires

Pour Jean-Pierre Ruest, la proposition de changement toponymique faisait fi des luttes populaires menées par le Comité de l’Aire 10, groupe de citoyens du quartier à l’époque du maire Lamontagne. Tout en rappelant ces luttes, il a spécifié que le « petit parc » n’était « pas un lieu à la hauteur du monsieur » pour honorer la mémoire de l’ancien maire, et pas davantage la Marina : « ça n’a vraiment pas de sens !», a-t-il réagi.

Mbaï Hadji Mbaïrewaye, candidat de Démocratie Québec dans le district, présent dans la salle, s’est désolé qu’on honore d’anciens élus et personnalités de l’élite sans égard pour l’histoire populaire. La conseillère municipale Chantal Gilbert, qui s’est dite sensible à ces arguments et aux luttes citoyennes évoquées, a fait valoir que la Ville de Québec était réputée pour avoir eu de très bons maires. Elle a par ailleurs souligné le peu d’opposants présents à la consultation, où elle s’attendait à une plus grande participation.

Une question de procédure

M. Dorval de la Société historique s’est désolé qu’au final, l’objet de la consultation, le nom du parc de la Jeunesse, soit éludé par le conseil de quartier. Dans le public, le candidat pour équipe Labeaume Pierre-Luc Lachance s’est questionné sur la procédure imposée. Un questionnement partagé par l’actuelle conseillère du district et le vice-président du conseil de quartier Nicolas Saucier. Lors de ce type de consultation, trois options sont soumises au vote des administrateurs : le statu quo (conserver la dénomination du parc de la Jeunesse), la proposition (renommer le parc de la Jeunesse parc Gilles-Lamontagne) et une troisième option. Il ne pouvaient donc pas dans un premier temps se prononcer sur la proposition de renommer le parc de la Jeunesse, objet de la consultation, puis sur une option de rechange pour le lieu, les deux étant mutuellement exclusives.

La décision finale est entre les mains du comité exécutif, auquel le comité de toponymie transmet sa recommandation.

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