Se sentir bien dans une Gueule de Bois

couverteIl est difficile d’organiser des soupers de groupe. J’essayais depuis le mois d’octobre de planifier un repas à la Gueule de Bois. L’occasion s’y prêtait, jeudi dernier, après que l’équipe des « Mon » (Monsaintsauveur.com, Monsaintroch.com, Monlimoilou.com et Montmontcalm.com) se soit réunie pour inaugurer nos nouveaux bureaux. En effet, nous avons un pied-à-terre et de surcroît, dans les bureaux de CKIA FM. N’est-ce pas magnifique ?Quelques-uns d’entre nous ont donc terminé la fête à ce restaurant, ma foi, aux fenêtres embuées, car il est tout le temps plein, surtout lors des grands froids. Le décor boisé et l’éclairage sombre m’ont donné l’impression d’entrer dans un chalet. La carte à coquetels était impressionnante, mais j’ai penché malheureusement pour la bière. Après notre 5 à 7, j’étais déjà avancé et je ne voulais pas m’achever. J’aurais dû porter attention et essayer le Calvados Huard 1991 ou un bon whisky avant le repas. À la prochaine visite !arnaudSi on trouve à la Gueule de Bois des liqueurs de différents horizons, c’est un menu franco-québécois qui y est offert. C’est courant, de nos jours, les couples de « cousins » – un-e de France, un-e du Québec – mais imaginons qu’un tel couple se soit ouvert un resto-chalet-fusion en forêt. Le Québécois est un bûcheron hipster qui aime la nature, la pêche, chasse le gibier et le canard. Se réchauffant sur le bord d’un feu en fumant la pipe après une chasse fructueuse, il a une préférence marquée pour les liqueurs boucaneuses et vieillies. Sa femme, plus raffinée et donc plus Française, est un marmiton talentueux qui adore cuisiner les abats. Elle aime tellement les bons vins qu’elle les fait venir directement par hélicoptère en forêt.On nous offrait donc trois mises en bouche, dont le boudin et confit d’abricots, le flan de ris de veau et mon choix, la rillette de sanglier, caramel de bleuet et pistaches. Servi avec des croûtons à tartare, le sanglier en rillette était plus sec que je pensais. Les pistaches et le bleuet juteux se mariaient bien et, du coup, la présentation était impeccable. Pour accompagner notre repas, monsieur Bertrand a commandé un vin de grenache Côtes du Rhône Villages Cairanne, appellation contrôlée. Charnu avec du corps et complexe, il s’agençait parfaitement avec le bleuet.entree

Ce grenache s’aligne sur tout !

Comme plat principal, j’ai hésité, car ils étaient tous alléchants. Il y en a deux dont les prix changent selon l’arrivage, le poisson et le gibier. Lorsqu’on m’apprit qu’on servait de la bavette de cerf ce soir-là, mes yeux s’écartèrent.Le temps entre les services était parfait, laissant digérer et converser au gré du vent. C’était rapide quand je demandais une autre pinte. Les deux serveurs permutaient d’une table à l’autre sans soucis, car ils ne semblaient pas avoir de table assignée. On nous laissait le temps d’apprécier et de rependre notre rythme, en prenant soin de nous demander si tout était à notre goût (pas trop souvent) et hop ! Le cerf est arrivé !2Sur une purée de pommes de terre, on avait déposé des carottes, du navet et des échalotes françaises poêlées. Y trônait une bavette magnifique au-dessus de laquelle on avait fait couler une sauce bordelaise. En guise de panache, il y avait des pousses de bébé coriandre. J’aurais dû prendre une photo de la cuisson au milieu de la bavette, parce qu’elle était parfaite, et je le savais avant même l’avoir coupée. Il faut avoir un certain talent pour réussir une bavette saignante qui frôle le bleu au milieu. En matière de cuisson, on manie l’art du thermomètre à la Gueule de Bois.Aurait-on laissé mon assiette sous le réchaud trop longuement ? L’ensemble était un peu tiède. Je mangerais ce plat tiède tous les soirs et ferais la bonne vie, mais j’aime manger plus chaud.dessert

Robin des Bois

Comme dessert, j’ai dégusté un gâteau style avocat coiffé d’une feuille de menthe à la Robin des Bois. Accompagné de fraises et de crème glacé à la vanille caramélisée, c’était parfait pour qui n’aime pas les desserts. Pas trop sucré, ce dernier plat venait mettre fin à un contentieux savoureux et léger.Un service irréprochable, une cuisson parfaite. Lorsqu’on reprend son chemin sur Saint-Vallier Est, on a l’impression que le temps s’est arrêté. Quand on voit un bon film de trois heures au cinéma, c’est la même chose. À la Gueule de Bois, le temps est élastique.

La Gueule de Bois207, rue Saint-Vallier Est418-353-0505