Saint-Roch 1973-2009 par Robert Fleury (6 de 7) : Des curés hors du commun !

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Image tirée de la vidéo La bénédiction des chiens, de Chapologie.

Journaliste retraité, Robert Fleury a longtemps travaillé dans le quartier Saint-Roch, au journal Le Soleil. Il y a aussi habité de 1990 à 2009. Dans une série de sept billets, il partage ses souvenirs avec les lecteurs de Monsaintroch. Voici le sixième.

Trois curés ont marqué la vie sociale et communautaire du quartier Saint-Roch par leurs initiatives de 1970 à 2000, assumant ainsi un leadership qui relève habituellement d’autorités civiles.

Mgr Lavoie, un fort en gueule

vade_retro_banq_71-03-23Le plus coloré fut sans contredit Mgr Raymond Lavoie. Tout un personnage! Travailleur social, entrepreneur  – pas nécessairement bon administrateur… –, ce fort en gueule n’avait peur de rien, encore moins des politiciens.Sa bataille la plus célèbre fut destinée à chasser les trains du centre-ville (rue Prince-Édouard), car leur passage paralysait la circulation et empoisonnait la vie des résidents. Son acharnement lui réussit !Il mit sur pied une foule d’organismes et de coopératives (funéraire, huile à chauffage…) dans le but de faciliter la vie des résidents et pour les aider à sortir de la pauvreté.C’était l’époque où les églises étaient remplies. Il organisa même une messe à 2 h du matin, à la sortie des bars. On raconte qu’il n’aurait pas fallu craquer une allumette dans les vestibules d’entrée tellement ça sentait la bagosse !

L’abbé Fournier, père des laissés-pour-compte

pafournierD’un tout autre genre était Pierre-André Fournier, de 1983 à 1995. Celui-ci s’illustra d’abord par ses combats pour éviter que le quartier Saint-Roch devienne un quartier chaud avec ses bars de danseuses nues. Avec une équipe dirigée par Rolande Gauvin, sa bataille pour empêcher l’installation de Joli-Corps fit plus d’une fois les manchettes.Plus charismatique, Pierre-André Fournier fut proche des laissés-pour-compte et sa porte, toujours ouverte à ceux et celles qui souffraient de problèmes de dépendances, de santé mentale ou qui réclamaient un peu d’aide pour boucler leur fin de mois.Des gestes d’une grande générosité qui allaient jusqu’à récupérer le corps d’inconnus abandonnés à la morgue pour leur offrir des funérailles décentes.Pas étonnant que ce soit l’église Saint-Roch qui fut choisie pour lui rendre hommage lors de son décès en janvier 2015. II était alors archevêque de Rimouski.

L’abbé Dufour : occuper son église

Nommé en 1995, Mario Dufour a aussi laissé sa marque par ses initiatives et ses prises de parole publique en faveur du quartier au moment où les premiers signes de revitalisation se manifestaient.Comme la guerre des motards avait fait sa première victime sur le parvis de l’église Jacques-Cartier, il invita ses paroissiens à se réapproprier les lieux lors d’une cérémonie publique.Rue Saint-Joseph Est et église ... Panorama S-O. 21 novembre 3013.Il mit sur pied le Festival international des musiques sacrées ainsi que la Fondation Saint-Roch de façon à redynamiser le quartier. De même entreprit-il de transformer l’église Jacques-Cartier (aujourd’hui La Nef) pour lui permettre d’accueillir des organismes communautaires sous ses transepts et dans la sacristie, un concept qui fera école par la suite.En septembre 2001, lors des attentats du World Trade Center, il ouvrit les portes de l’église et permit la signature d’un registre pour permettre aux citoyens de la Capitale de manifester leur solidarité envers un peuple durement éprouvé. Vers la fin de son mandat, Mario Dufour reçut un doctorat honorifique de l’Université du Québec.Il fut l’instigateur de la Fête de Saint-Roch, puis de la bénédiction des chiens, une tradition qui s’est poursuivie avec les curés Réal Grenier et Jean Picher.

Vidéo : entrevue avec l’abbé Mario Dufour, tirée de l’application Découvrir Québec

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