Saint-Roch 1973-2009 par Robert Fleury (5 de 7) : Des citoyens engagés

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La Coopérative d’habitation de l’ïlot Fleurie, sur la rue de Saint-Vallier Est, fondée en 1998. Photo : Jeangagnon [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

Journaliste retraité, Robert Fleury a longtemps travaillé dans le quartier Saint-Roch, au journal Le Soleil. Il y a aussi habité de 1990 à 2009. Dans une série de sept billets, il partage ses souvenirs avec les lecteurs de Monsaintroch. Voici le cinquième.

Un nouveau comité de citoyens

Simultanément à la création de l’Îlot Fleurie, en 1991, plusieurs résidents avaient décidé de mettre sur pied un comité de citoyens dès 1992. C’est en participant individuellement à diverses consultations publiques qu’ils avaient réalisé qu’ils auraient plus de poids s’ils se regroupaient.Outre la relance du quartier, ils étaient également préoccupés par le maintien d’écoles. Or rien n’était certain avec la baisse d’achalandage due à une plus faible natalité, mais surtout à l’exode des jeunes familles vers les banlieues. Saint-Roch n’était pas le seul quartier à vivre cette situation où la fermeture d’écoles planait sur les quartiers centraux.aire10Une trentaine de citoyens se réunirent à l’auditorium Joseph-Lavergne pour jeter les bases d’un nouveau comité de citoyens. Nouveau, parce que ce que ce n’était pas la première fois qu’il y avait pareil comité. Le dernier était celui de l’Aire 10 (image ci-contre), lequel avait mené bataille contre la construction de l’autoroute Dufferin et les expropriations massives qui s’ensuivirent dans les années 1970 et 1980. C’était un comité militant, qui s’opposait régulièrement à la vision des administrations Lamontagne et Pelletier.Le nouveau comité avait un préjugé favorable à l’endroit de l’administration L’Allier, car le maire venait de se faire élire en promettant la relance du quartier. Sauf que les citoyens tenaient à ce que les solutions retenues soient favorables aux résidents.

Habitation abordable et jardin communautaire

Le comité fut très actif pour convaincre le maire de la nécessité de construire des maisons de ville abordables sur le site de l’îlot Fleurie, alors que la vision de l’administration était plutôt celle d’édifices de plus grand gabarit. Il souhaitait également que les artistes puissent aménager un logement à même leur atelier, pour ainsi rénover de vieux édifices désaffectés.rue_saint-francois_vq_59719De même, le comité de citoyens fit quelques actions ponctuelles dans le but de décourager les automobilistes qui fréquentaient les prostituées de tourner en rond dans les rues. Ses représentations auprès de la Ville ne visaient pas les prostituées comme telles, mais plutôt les automobilistes, car leur va-et-vient incessant perturbait la tranquillité, et les résidentes en avaient ras le bol de se voir sollicitées lors de leurs déplacements. Ils ont fini par obtenir des modifications à la signalisation de quelques rues.L’initiative la plus populaire du comité de citoyens fut la création du  jardin communautaire. Réunis au presbytère au cours de l’hiver, ils ont ainsi mis sur pied un jardin communautaire improvisé sur l’asphalte de l’îlot Fleurie, tout juste à l’est de la rue du Parvis et du jardin Saint-Roch.Avec le don d’un voyage ou deux de terre à jardin par la Ville, les jardin_communautaire_sr_2014_img7916bénévoles ont rapidement fait pousser laitues, tomates, concombres et citrouilles… dans ce qui sera le seul jardin communautaire non clôturé de la Ville de Québec! Aucun vol, aucun acte de vandalisme. Le succès fut instantané, au point où le jardin s’est vu relocalisé par la Ville sur un site permanent quelques années plus tard à l’ouest de l’école Saint-Roch (aujourd’hui école des Berges).Le comité de citoyens est resté actif jusqu’à la création du conseil de quartier Saint-Roch en 1997. Comme leurs objectifs étaient similaires, les citoyens décidèrent, d’un commun accord, de mettre fin à leur association.Ne manquez pas le prochain billet de la série, demain 4 janvier : Des curés hors du communLire le 1er billet de Robert Fleury : « Es-tu tombé sur la tête ? »Lire le 2e billet de Robert Fleury : « Vous n’avez pas eu peur ? »Lire le 3e billet de Robert Fleury : Une capitale vieillotteLire le 4e billet de Robert Fleury : Opération dignité à l’îlot Fleurie