Maison pour la danse : 5 jours de festivités pour une ouverture en grand | 6 septembre 2017 | Article par Jessica Lebbe

Pour la première journée d’OSEZ! 2017, 26 danseurs professionnels de Québec ont travaillé sous l’égide de Daniel Bélanger pour présenter au public une chorégraphie d’une vingtaine de minutes, créée en seulement quelques heures.

Crédit photo: Jessica Lebbe

Maison pour la danse : 5 jours de festivités pour une ouverture en grand

La Maison pour la danse n’a pas lésiné sur les moyens pour son inauguration publique : résidences avec sept chorégraphes et 26 danseurs locaux, oeuvre numérique interactive, exposition de dessins, projection de courts métrages sur la danse, cours d’essai gratuits… Pas de doute, le milieu de la danse trépigne d’impatience de vous faire visiter ce lieu unique au Québec.

Alors qu’elle était en ouverture progressive depuis février 2017, La Maison pour la danse est officiellement prête à accueillir comme il se doit le public. Ce dernier est salué d’emblée par l’oeuvre numérique Faire corps de Jean-Ambroise Vesac, qui s’anime au gré du va-et-vient des visiteurs, grâce à des détecteurs lumineux.

Le public passe ensuite au foyer où, pendant les festivités d’ouverture du 5 au 9 septembre, il peut prendre une bière et un chili végé ou carné du Noctem. Le lieu convivial favorise l’échange tant entre professionnels de la danse qu’entre visiteurs et danseurs.

Chaque studio offre une expérience

Dans le studio B à côté du foyer, vous pouvez siroter votre verre tout en découvrant l’exposition Dessins pour la danse de Francis Desharnais. L’illustrateur de Québec, qui dessine déjà pour La Rotonde depuis 2013, s’est donné pour défi de représenter la danse en mouvement tout en la mettant en scène dans le décor de la Maison. En résultent 12 instants captés soit dans un style brut pour les mouvements les plus vifs, soit dans un style plus précis pour des moments de poses et de contemplations, représentés dans chaque studio.

Francis Desharnais a travaillé avec les danseurs professionnels Ariane Voineau et Fabien Piché, qui ont improvisé ces mouvements. Pour ceux qui aimeraient se procurer les dessins, chaque estampe numérique est disponible à la vente en trois exemplaires, de quoi rendre l’oeuvre unique.

Après les avoir vus en dessins, le visiteur peut découvrir chacun des six studios en chair et en os. C’est aussi l’occasion d’essayer l’un des cours gratuits, comme le flamenco avec Julie Perreault ce mercredi 6 septembre de 18 h 30 à 20 h ou encore le tango avec Los Gatitos tangueros ce vendredi 8 septembre à 20 h.

Au dernier étage, au studio D, l’expérience se prolonge avec la projections de dix courts films de danse en continu. La danse est un art vivant sur scène, mais qu’en est-il en vidéo ? À travers ces projets sortis de l’espace scénique, le public voit qu’elle n’a pas de limites, comme dans Glace, crevasse et dérive de Chantal Caron (Fleuve Espace Danse). Dans ce court métrage tourné lors d’un hiver venteux au bord du fleuve dans la région de Saint-Jean-Port-Joli, les danseurs et la glace ne font qu’un, le temps d’une scène surréaliste.

OSEZ! 2017 : le cadavre exquis danse

Pour marquer l’ouverture officielle au grand public, la chorégraphe Karine Ledoyen a eu l’idée d’apporter à la Maison son concept OSEZ!, développé à l’été 2012 à Saint-Jean-Port-Joli. Du 5 au 9 septembre, sept chorégraphes de Québec se relaient pour créer, en seulement quelques heures, une chorégraphie d’une vingtaine de minutes, avec 26 danseurs locaux eux aussi. Chaque soir à 17 h 30 et à 18 h 30, les visiteurs de la Maison sont les témoins de ce résultat créatif… éphémère !

Chaque chorégraphe, en succédant au précédent, doit reprendre un segment de sa chorégraphie pour l’intégrer dans son propre univers, et ainsi de suite. Le dernier doit ainsi intégrer six segments des autres chorégraphes à son oeuvre, laquelle est présentée exceptionnellement ce samedi 9 septembre à 19 h 30 avant le party d’ouverture à 21 h. En plus de gérer la courte échéance et 26 danseurs professionnels, le créateur doit travailler de concert et en direct avec un concepteur sonore : Millimetrik.

C’est Daniel Bélanger (Code Universel) qui a mené les danseurs pour cette première journée de création. Son point de départ ? Reprendre un segment qu’il avait choisi d’évincer de Nous sommes pas des oiseaux ?, spectacle présenté au Théâtre jeunesse Les Gros Becs en 2016, « car il ne fittait pas avec l’ensemble », lance-t-il en introduction de la première présentation. Le chorégraphe voulait emmener les danseurs à un état de transe tel que le public aurait envie de se lever avec eux à la fin.

Pari réussi ! De la danse contemporaine pure à celle que l’on pourrait voir en discothèque aujourd’hui, l’oeuvre a su sortir des sentiers battus, et plusieurs hochements de tête, au son des rythmes afrobeat de Millimetrik et des danseurs, se sont fait sentir dans le public à la fin de la représentation. Pour certains spectateurs, c’était la première fois qu’ils voyaient un spectacle de danse contemporaine.

Comment se mêleront les univers des arts martiaux, des danses urbaines et du ballet de Mikaël Xystra Montminy à l’état de transe de Daniel Bélanger ? Réponse ce soir à 17 h 30 et à 18 h 30 à la Maison pour la danse. Arrivez tôt pour vous garantir une place dans la salle.

Voir le programme d’OSEZ! 2017 sur Monsaintroch

Maison pour la danse
336, rue du Roi
418-649-5013