<em>J’aime Hydro</em> : une quête humaine et électrique | 4 décembre 2017 | Article par Valériane Cossette

Sur la photo Christine Beaulieu. Gracieuseté de Les Productions Porte Parole. Photographe : Alexis Hobbs.

Crédit photo: Alexis Hobbs. Gracieuseté de Les Productions Porte Parole.

J’aime Hydro : une quête humaine et électrique

Il y a faire une enquête et raconter une enquête. Avec J’aime Hydro, Christine Beaulieu fait les deux. Avec humanité, passion, rires. Et électricité. À travers cette pièce documentaire, la comédienne (et maintenant auteure) ouvre grand la porte à une réflexion sur notre énergie et au dialogue entre nous et la société d’état.

Petit résumé hydroélectrique

Tout commence par la rencontre, par hasard, entre Christine et le réalisateur Hugo Latulippe dans un festival de cinéma. À partir de là, tout s’imbrique : les discussions avec Roy Dupuis, la demande d’Annabel Soutar d’enquêter sur Hydro-Québec, les consultations, le voyage sur la Côte-Nord, les entrevues….

Christine Beaulieu.
Crédit photo: Pierre-Antoine Lafon-Simard. Gracieuseté de Les Productions Porte Parole.

Tout au long de la pièce, on suit le parcours de Christine dans sa recherche de réponses, de vérité. Sa quête de la réalité. Elle retrace devant nous le chemin parcouru pour comprendre nos sources d’énergie, leur construction, leur histoire, leur avenir, nos besoins, nos barrages. À rencontrer Hydro.

Ça donne une histoire vraie, profonde, pleine de personnages réels, qui se bâtit autour de questionnements essentiels.

La réalité en toute simplicité

Aucun besoin d’artifices : le propos en lui-même est tellement riche que l’enrober de costumes, de décors ne ferait que le rendre trop complexe et loin de la réalité. Ça deviendrait de la fiction. Les créateurs, dont le metteur en scène Philippe Cyr, ont plutôt choisi la simplicité, laissant ainsi toute la place au texte, à la vérité et à la réflexion du spectateur.

Christine Beaulieu et Mathieu Gosselin.
Crédit photo: Pierre-Antoine Lafon-Simard. Gracieuseté de Les Productions Porte Parole.

Deux tables, deux chaises, un micro. Des tableaux blancs et un écran sur lesquels on projette, écrit, dessine. Puis trois personnes sur scène.

Christine, qui joue son propre rôle, narre son aventure. Y met toute l’anxiété qu’elle a ressentie, ses histoires d’amour, son insécurité face à ses compétences. Elle met ses tripes sur la table. Sans aucune honte, aucune peur. Elle rit d’elle, de ses erreurs, de son inexpérience du début. Et nous amène avec elle. Ensemble, nous découvrons Hydro.

Mathieu Gosselin l’accompagne et joue tous les autres rôles, sans costumes, avec beaucoup d’aisance. Il nous fait rire, réfléchir et apporte mille et une nuances aux différentes personnes impliquées dans la quête de Christine. Mon coup de coeur : son interprétation de la passionnée Annabel Soutar.

Mathieu Doyon, derrière son ordinateur, les accompagne de sa voix, de sons, de musique – et parfois délaisse sa table pour jouer un petit rôle.

Et n’oublions pas les projections qui viennent appuyer le récit, nous aider à comprendre certains concepts : illustrations, films d’archives, vidéos des interventions de Christine lors des consultations publiques.

Une pièce essentielle

Christine Beaulieu.
Crédit photo: Sylvie-Ann Paré. Gracieuseté de Les Productions Porte Parole. 

Pour son sujet qui nous concerne tous, nous devrions tous voir J’aime Hydro. La pièce pose des questions essentielles sur la gestion de l’énergie, la construction des barrages. Et le plus merveilleux, elle le fait en incluant toutes les parties. Elle engendre un dialogue, regarde les différents côtés de la médailles, explore les zones grises. Pour réellement comprendre et venir à une conclusion réfléchie.

Mais ce n’est pas la seule raison de voir la pièce. C’est aussi 3 h 40 de plaisir et de bon théâtre. Je n’ai pas vu le temps passer.

Elle est jouée jusqu’au 9 décembre au Théâtre de La Bordée. Malheureusement, il semble ne plus rester de billets. Vous pouvez toutefois suivre sa tournée, écouter sa retransmission audio en direct ou écouter la diffusion web des trois premiers épisodes (sur cinq) sur le site de Radio-Canada.