C’est le Pérou : l’épopée d’une designer péruvienne dans Saint-Roch

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Malgré la barrière de la langue lors de son arrivée à Québec, Jacqueline Samaniego a pu continuer d’œuvrer dans le domaine qui la passionne : les affaires.

La boutique C’est le Pérou propose des produits faits de laine d’alpaga et de coton péruvien. Ne vous attendez pas à y trouver de l’artisanat typiquement péruvien, la propriétaire Jacqueline Samaniego a adapté son inventaire aux besoins de la clientèle québécoise. Un défi qu’elle n’aurait jamais imaginé relever à son arrivée…

Originaire de Lima, la designer Jacqueline Samaniego baigne depuis l’enfance dans le monde des affaires. Sa passion pour la confection et le textile est une vocation.

J’ai grandi au milieu des rouleaux, des machines à coudre et des gens dévoués à ce milieu. Dès l’âge de 5 ans, j’étais intriguée par ce savoir-faire que je voyais autour de moi. Mes meilleurs souvenirs d’enfance, c’est quand je jouais avec les restes de tissus qu’on avait à la maison pour confectionner des vêtements à mes poupées. »

Dès 16 ans, elle se lance en tant qu’entrepreneure en parallèle de ses études. Elle développe son entreprise au Pérou, mais aussi à l’international. Pourtant, lorsque Jacqueline Samaniego arrive à Québec en 2007, c’est le choc.

Bien que j’avais déjà un gros bagage professionnel de plus de dix ans d’expérience, il a fallu que j’implante mon entreprise dans une société complètement différente de celle du Pérou, que cela soit sur le plan géographique, environnemental ou juridique. La demande des clients n’avait rien à voir non plus. J’ai donc dû m’adapter en faisant une nouvelle étude de marché. Je suis vraiment partie de zéro ! »

Le défi de l’intégration

Au début, l’entrepreneure ne parle pas un mot de français, « ce qui ne facilitait pas les choses pour faire du réseautage surtout les deux premières année qui ont été les pires », constate-t-elle. Tant bien que mal, en 2010, elle se rapproche de la Chambre de commerce et de l’industrie de Québec et de la Jeune chambre de commerce de Québec pour évaluer les besoins du marché et de son entreprise. Elle installe finalement son commerce aux Façades de la Gare en 2012.

facades-gare-cest-le-perou-vitrineC’est sûr que j’aurais pu aller en zone touristique avec mon commerce, mais j’ai choisi de me concentrer sur un marché accessible pour les gens de Québec en Basse-Ville. J’étais aussi beaucoup plus attirée par le Nouvo Saint-Roch avec une économie en plein développement, parce que les gens du quartier sont beaucoup plus curieux dès qu’il y a de la nouveauté. »

C’est d’ailleurs grâce au réseautage que Jacqueline Samaniego a trouvé le nom de son commerce, C’est le Pérou. « Beaucoup de gens m’incitaient à appeler mon commerce comme ça, alors que je ne connaissais même pas l’expression, inexistante en espagnol. Ça a fait partie de mes adaptations ! », se souvient-elle.

C’est le Pérou, mais dans Saint-Roch !

cest-le-perou-chemise-carreaux-coton-jacqueline-samaniegoLa boutique importe deux ressources naturelles du Pérou : la laine d’alpaga aux vertus chaudes et résistantes, dont le pays est le premier producteur mondial, et le coton pima, surnommé « soie péruvienne » et récolté à la main dans le nord du territoire. L’entrepreneure travaille avec des producteurs d’ici, de toutes origines, et des designers de Montréal. On trouve en boutique tant des chemises à carreaux « dans le style bûcheron ou cabane à sucre » mais en pur coton péruvien que des ensembles de ski, bas, tuques, mitaines ou chandails 100 % en laine d’alpaga. Les amateurs de tricot peuvent aussi se procurer des rouleaux.Si la laine d’alpaga est à la mode dans certaines chaînes, Jacqueline Samaniego met en garde les clients :

cest-le-perou-chemise-laine-alpaga-rouleauxBeaucoup de magasins au Québec vont assurer que leurs produits sont fait exclusivement en laine d’alpaga, alors qu’en s’y attardant un peu, on se rend compte qu’il n’y en a qu’un très faible pourcentage voire nul, amalgamé avec de la laine de mouton ! Comme je m’occupe aussi de la production, je peux assurer que tous les matériaux utilisés sont authentiques et de qualité. »

Du Québec, Jacqueline travaille la fourrure de renard et de renard argenté ou encore le tressage pour l’exporter hors de la province.Bien établie à Québec mais aussi sur son marché international, la propriétaire de C’est le Pérou se réjouissait à la mi-mars de célébrer les cinq ans de son magasin dans Saint-Roch. Pour l’occasion, elle avait invité sa clientèle à déguster le pisco sour, cocktail national du Pérou, sur l’heure du dîner.

J’avais tellement envie de redonner à la communauté ce qu’ils m’ont offert depuis que je suis arrivée à Québec. Je me fais essentiellement connaître par le bouche à oreille des clients, alors c’est ma façon de les remercier », explique-t-elle.

cest-le-perou-cinq-ans-anniversaireSon objectif aujourd’hui ? Produire plus encore, pour répondre aux besoins. C’est pour cette raison que la boutique fermera du 3 au 30 avril pour des rénovations d’agrandissement. Néanmoins, C’est le Pérou présentera sa collection pour enfants au Salon Maternité Paternité Enfants à Expocité les 21, 22 et 23 avril.

Une mission sociale

La boutique recueille des dons d’aliments non périssables, d’eau et de couvertures pour les victimes des inondations au Pérou. Dix fois supérieures à la normale de saison, les pluies diluviennes ont provoqué jusqu’ici « 84 morts, 111 000 sans-abri, 194 ponts et 12 200 kilomètres de routes détruits », selon le Centre d’opérations d’urgence nationale. La moitié de la population du pays a été déclarée en état d’urgence.« Je considère que c’est mon rôle en tant qu’entrepreneure de profiter de rejoindre du monde pour agir aussi dans ces situations d’urgences-là. La clientèle de Saint-Roch est généralement très solidaire et généreuse, alors je compte sur elle », justifie Jacqueline. Ses contacts remettront les dons en mains propres à des organismes de confiance au Pérou en avril et en mai.

C’est le PérouFaçades de la Gare400, boulevard Jean-Lesage, local 074418-353-8813