Bassin Louise : un documentaire pour la baignade près de Saint-Roch

bassinlouise
Baignade au bassin Louise. Photo extraite de la vidéo de présentation du projet documentaire Bassin Louise : un lieu de baignade pour tous!

Vidéo | Jusqu’au début des années 1990, la frontière de Saint-Roch embrassait la tête du bassin Louise, qui est au coeur du projet de documentaire moyen métrage Bassin Louise : un lieu de baignade pour tous !, actuellement en campagne de sociofinancement.

Un sujet qui « interpelle socialement »

À maintes occasions en trois décennies, le géographe Léonce Naud de la Société des Gens de Baignade a plaidé pour l’accès de la population au fleuve et l’aménagement d’une plage publique au bassin Louise, comme dans d’autres villes portuaires. Contre la privatisation du rivage, il déplore le projet résidentiel et commercial pour ce secteur. L’automne dernier, il a même déposé un mémoire concernant le PPU secteur sud de Saint-Roch. Son organisme le martèle : selon les tests effectués entre 2007 et 2009 par la Ville de Québec, la qualité de l’eau du fleuve y permettait de nouveau la baignade.Aussi membre de la Société des Gens de Baignade, le biologiste Michel Beaulieu a été un acteur-clé dans la revitalisation de la rivière Saint-Charles, avec l’organisme Rivières vivantes qu’il a cofondé. C’est sa crédibilité, comme porteur du projet, qui a convaincu Pierre Fraser de Photo | Société de produire Bassin Louise : un lieu de baignade pour tous !, dont la campagne de sociofinancement a récolté en une semaine plus de 1500 $ sur une cible minimale de 3000 $.

Il faut habituellement un bon 3 mois pour parvenir à une somme comparable ! Ça m’indique qu’il y a définitivement un intérêt pour ce sujet, il y a quelque chose là qui interpelle socialement les gens », constate le docteur en sociologie et photographe.

Des faits et des gens

La campagne de sociofinancement se poursuit jusqu’en mai, mais Pierre Fraser prévoit tourner déjà des images des courses en canot à glace, souhaitant montrer le bassin Louise à toutes les saisons. Quatre décennies de photographie, une pratique de sociologue de terrain et l’équipement numérique – dont « les prix baissent et [la technologie s’améliore] » – lui permettent de cumuler caméra, montage, entrevues, prise de son, et produire avec très peu de moyens.L’histoire du bassin Louise, la charte du Port de Québec, l’aspect environnemental, l’aménagement seront abordés dans son documentaire par des intervenants de la Société des Gens de baignade, dont Michel Beaulieu et le  Saint-Rochois Louis-H Campagna, ainsi que Léonce Naud et Mireille Bonin. Pierre Fraser compte interviewer les élues du parti au pouvoir et de l’opposition, Julie Lemieux et Anne Guérette, et le directeur général du Port de Québec Mario Girard.Se réclamant de la sociologie visuelle (pas du cinéma), sa démarche consiste à exposer des faits – pas à confronter, dit le réalisateur, non sans admettre la position de la Société des Gens de Baignade :

Tout documentaire est une prise de position. Si je voulais faire quelque chose de totalement objectif, je serais physicien ou mathématicien. Je travaille avec des gens, pas des équations mathématiques. »

Sortie stratégique

La sortie de Bassin Louise : un lieu de baignade pour tous ! est fixée à octobre 2017, quelques semaines avant les élections municipales. Si le niveau d’intérêt pour le projet se maintient, le documentaire pourrait avoir un impact mobilisateur semblable à celui de Requiem pour une église, estime Pierre Fraser.Sorti au lendemain de la fermeture de l’église Saint-Jean-Baptiste au printemps 2015, Requiem pour une église avait généré plus de 2000 visionnements en un mois, pour une moyenne d’écoute de 63 % du contenu. L’avenir de l’église avait aussi fait l’objet d’une consultation publique par votepour.ca. Au printemps 2016, la Ville de Québec accordait une aide à l’organisme Espace Solidaire pour l’étude de faisabilité de son projet de Carrefour de généalogie de l’Amérique francophone à l’église Saint-Jean-Baptiste. À l’automne, la Ville annonçait un financement sur 10 ans pour la restauration de sept églises, dont Saint-Jean-Baptiste.

Campagne de sociofinancement Bassin Louise : un lieu de baignade pour tous !

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