Un SPOT à la fois : s'ouvrir architecturalement

Proposition de Fugère architectes, Claude Fugère et Andrée-Anne Lemieux pour le projet SPOT

À treize jours de la fin de sa campagne de sociofinancement, voyons un peu ce qui se cache sous les alléchants rendus visuels de la future Sympathique Place Ouverte à Tous (SPOT) qu'on pourra fréquenter dans Saint-Roch dès le 19 juin.

Pourquoi Saint-Roch ?

Lorsqu’ils se sont mis à la recherche d’un site en septembre dernier, les porteurs du projet ont notamment envisagé la station service à l’abandon à l’intersection LangelierCharest (dans Saint-Sauveur). Leur choix a failli s’arrêter sur le stationnement étagé devant l’ancien cinéma sur la rue du Pont… Le même jour, ils ont reçu une réponse favorable pour l’ancien complexe funéraire Lépine-Cloutier.

C’est un quartier foisonnant, où il y a un grand bassin d’artistes. C’est un lieu pivot, entre la Haute-Ville et la Basse-Ville. Entre le tourisme classique et le tourisme aventurier… », explique le porte-parole Francis Lacelle.

Le touriste aventurier, c’est celui qui, venant du Vieux-Québec, ose s'avancer sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency  –  une des fractures de la trame du quartier qui avaient retenu l'attention lors des chantiers du Sommet action Saint-Roch (2010). Les initiatives d'appropriation par la communauté auraient-elles le potentiel de mettre du baume sur nos plaies urbanistiques et nos insécurités touristiques ?

L'Hivernale 2015Ces cassures dans la ville, c’est intéressant, ça nous montre son histoire... C’est compréhensible d’hésiter à investir dans l'aménagement de sites qui ne seront pas occupés à l’année, nos hivers sont longs… »

De là l'intérêt d'un projet estival inspiré des villages éphémères dans diverses villes européennes. Plus près de chez nous, Francis mentionne l'Hivernale, une variante nordique avec labo culinaire, bar et DJ qui a occupé le Parc Olympique de Montréal ces deux derniers hivers.

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SPOT, c’est qui ?

Une douzaine de finissants en architecture de l’Université Laval – onze à la maîtrise, un au baccalauréat  – voient à tous les aspects du projet : logistique, marketing, finances, graphisme, opérations, affaires publiques, programmation d’activités. Ils se sont entourés d’avocats et de comptables également de la relève, ainsi que de finissants de l’Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) qui prennent en charge le volet restauration. Une dynamique assez différente de l’idée qu’on a du travail d’architecte…Au fait : qu’est-ce que l’architecture ? Cette question-là, c’est Francis lui-même qui la soulève :

Nous sommes à la fin de nos études et nous commençons seulement à nous rendre compte de ce que c’est, l’architecture ! Le métier est en plein changement. Et au Québec, on connaît mal l’architecture... »

LEGO, workshops du SPOT, mars 2015Il n’est ni le premier ni le seul à s’en désoler : on a pu le voir récemment dans l’actualité autour du fameux Phare… Sommes-nous plus architecturalement incultes ici qu’ailleurs? Francis Lacelle explique que dans les pays scandinaves – incidemment, les inventeurs des blocs LEGO – la sensibilisation et l’éducation à l’architecture, en lien avec le milieu de vie, débute à la petite école.Ici à Québec, il semble que l’arrivée de la maîtrise en architecture en 2006 ait contribué à l’émergence de cette nouvelle génération d’architectes qui flirtent avec l’urbanisme tactique, la multidisciplinarité, et sont davantage connectés sur la communauté :

On se définit comme des concepteurs de milieux de vie. Avec SPOT, on espère contribuer à changer le rapport à l’architecture. »

Si Saint-Roch a le privilège d'accueillir le premier, l'idée est que d'autres secteurs aient à leur tour leur SPOT au cours des prochaines années.

Mais encore ?

SPOT à Signé St-Roch, 2 mai 2015Dans un esprit de communauté, de collaboration et de cocréation parent avec celui de la culture numérique, les idées pour le projet SPOT se sont élaborées d'une part à l'occasion d'un 24 heures de workshops en mars à l'École d'architecture de l'Université Laval, avec l'association étudiante (AssÉTAR) et quelques firmes d'architectes établis. La place publique estivale comprendra 5 installations : une aire de canopée, une plage urbaine, un bar et un coin bouffe, en plus de la façade.D'autre part, un 5 à 7 de remue-méninges a eu lieu au Cercle le 6 mai dernier pour brasser avec toutes et tous des idées d'activités et d'animation pour cette future place. Il est d'ailleurs toujours possible de faire des propositions en ce sens.

  • SPOT est à 43 % de son objectif de financement. On peut contribuer jusqu'au 31 mai à la campagne sur la plateforme La Ruche, au montant de son choix. Parmi les rétributions pour les plus grosses contributions, l'animation d'une soirée spéciale à la Sympathique Place cet été est offerte contre 1000 $, tandis qu'une entreprise pourrait se faire créer sa propre installation architecturale pour 5000 $.
  • Ce jeudi 21 mai, une conférence de presse se tiendra à 11 h sur le site de la future Sympathique Place Ouverte à Tous.