Norbert Langlois : faire des affaires en art

Norbert Langlois à la Galerie 3

Entrepreneur plus d’une fois, collectionneur d’art, nouvellement galeriste, Norbert Langlois a cofondé avec deux amis la Galerie 3, installée depuis février sur la rue Saint-Vallier Est.

Norbert s’est d’abord fait connaître du grand et jeune public sous les traits de Ketchup le clown avec Julienne BBQ, alias Marie-Christine Morin, sa partenaire de scène et de vie. Norbert et Marie-Christine habitent et travaillent dans Saint-Roch, près de la Galerie 3, depuis une vingtaine d’années. Inconditionnels de l’art actuel, ils comptent parmi les fondateurs du Cercle des collectionneurs d’Art actuel.Si l’idée d’une galerie lui trottait dans la tête, c’est la perspective d’un partenariat avec Abdelilah Chiguer et Pascal Champoux (ancien propriétaire de la galerie Esthesio) qui a décidé Norbert Langlois. Le succès de la Foire en art actuel, dans laquelle ils se sont impliqués, leur a donné envie de faire le saut.

Un risque bien calculé

Ouvrir une nouvelle galerie peut sembler téméraire en ces temps difficiles pour bien des lieux de diffusion culturelle et des commerces. Pas pour Norbert Langlois : « On a cette vision au Québec. Or le marché de l’art se porte bien ailleurs dans le monde. »À trois, les associés sont en mesure de concilier le fonctionnement de la galerie et leur carrière respective. Contrairement à bien des commerçants en démarrage, ils peuvent donc investir dans ce nouveau projet sans risquer leur chemise. Ils comptent aussi sur un loyer raisonnable, une solide connaissance du marché de l’art et de ses actants, un réseau déjà bien déployé. D’après les projections, le trio pourrait assurer la survie de la galerie pendant trois ans, même s’il n’y avait aucun revenu durant cette période.Or, depuis son ouverture, la Galerie 3 a connu une belle affluence de visiteurs et généré un volume de vente à la hauteur des attentes :

Chacun des artistes de la première exposition a vendu au moins une œuvre, se réjouit Norbert Langlois. Nous, on n’a pas besoin de ces ventes pour vivre. Eux, oui. »

Soucieux de bien servir les artistes de la galerie, les trois partenaires ont choisi de n’en représenter que cinq pour commencer, même s’ils ont dû pour cela dire non à des amis.

L’art en héritage

Quand on le questionne sur les acheteurs et la clientèle potentielle de l’art, Norbert Langlois est optimiste :

La génération de mes parents ne dépensait pas pour une expérience foodie, un bon vin… Aujourd’hui, ça se fait plus couramment. C’est pareil, même mieux, pour l’art. L’oeuvre est durable, elle va prendre de la valeur… »

La génération de ses enfants, dit-il, sera la première à hériter d’une collection d’art. Pour lui, conserver cet héritage dans la famille est fondamental, et ses enfants y sont déjà sensibles. À 16 ans, sa fille a acquis sa première œuvre en faisant du troc avec l’artiste. Son fils aîné, début vingtaine, a ses artistes préférés, dont Dan Brault.

Réussir avec sa communauté

« Au Québec, on a un problème avec l’argent et la réussite… en art entre autres. Pourtant, dans des disciplines comme le cirque ou la musique, on est parmi les meilleurs… », observe Norbert Langlois.Plus tard il ajoute, pensif : « Il n’y a pas trop de riches… peut-être qu’ils ne sont juste pas assez généreux ? » Sans croire au socialisme absolu, Norbert Langlois est de ceux qui déplorent qu’un état laisse tomber les plus démunis, qu’on entretienne des préjugés sur « les BS » et les artistes. La réussite à laquelle il aspire avec la Galerie 3, il souhaite qu’elle rejaillisse sur le milieu :

Réinvestir dans les artistes et les centres, c’est un de nos souhaits. Les centres d’artistes, les programmes de soutien, c’est important. Mais on est arrivé à une étape où le financement privé, les foires sont aussi essentiels. On est complémentaire. Notre premier objectif, c’est de contribuer à dynamiser, à décloisonner le milieu ici. Ensuite, on pourra penser au développement international. »

  • Le vernissage de Forage, nouvelle exposition de la Galerie 3, a lieu ce vendredi 1er mai dès 19 h. L’exposition, qui inclut des oeuvres de Amélie Laurence Fortin, Amélie Proulx et Mathieu Valade, se poursuivra jusqu’au 24 mai.

Galerie 3247, rue Saint-Vallier Est581-700-0130info@lagalerie3.com

ouverte du mercredi au dimanche de midi à 17 hen d’autres temps sur rendez-vous