Le roi, sa femme et son petit prince – Nos rues (3)

Le coin de la Couronne et Saint-Joseph, là où on retrouve la lumière de piéton la plus lente en ville.

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Devant emprunter régulièrement la rue Prince-Édouard, je me suis demandé pourquoi notre quartier comptait tant de rues liées à la monarchie: de la Reine, du Roi, de la Couronne… Le Répertoire des toponymes de la ville de Québec m’a éclairée à ce sujet.

Commençons par la rue du Roi, qui est mentionnée pour la première fois en 1805 dans le recensement. Le roi George III règne alors sur la Grande-Bretagne et l’Irlande depuis 1760 – il y régnera jusqu’en 1820 – et c’est en son honneur que la rue porte ce nom.

La rue de la Reine, vous l’aurez deviné, a été nommée en l’honneur de Sophie Charlotte de Meckembourg-Stelitz, épouse du roi George III. Cette rue est apparue sur une carte en 1805.

Edward, l’un des 15 enfants du couple royal, a séjourné à Québec de 1767 à 1820, en tant que commandant du 7e Régiment d’infanterie. Contrairement aux rues nommées en l’honneur de ses parents, la rue du Prince-Édouard portait un autre nom avant 1822, soit celui de rue des Chantiers-Goudie. John Goudie, originaire d’Écosse, exploitait dans les années 1800 un chantier naval sur la rivière Saint-Charles, dans le faubourg Saint-Roch. C’est à lui qu’on devait le nom de cette rue avant qu’elle soit rebaptisée.

Pour rester dans la famille, le prince Edward a eu une fille, proclamée reine Victoria 1re. Cette dernière a contribué financièrement à la construction de la porte Kent, qui surplombe la rue Dauphine dans le Vieux-Québec, pour marquer le passage de son père à Québec. Le parc et la rue Victoria ont pris son nom.

Quant à la rue de la Couronne, elle s’appelait Richmond lors de sa création en 1826. Le duc de Richmond était gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique en 1818 et 1819. En 1831, cette rue changea de nom pour faire référence à la couronne d’Angleterre.

Le Répertoire des toponymes de la ville de Québec permet de connaître l’origine et la signification des noms de rues et endroits publics. Il se retrouve sur le site Web de la Ville et s’avère un outil fort intéressant et instructif.

À lire aussi dans la série « Nos rues » : Qui se cache derrière la côte Badelard et Les détours de Saint-Vallier.