« Quand danse le texte » : création de laboratoire entre auteurs, chorégraphes et acteurs

1507995_975580835789409_4795826008558192513_nJ’ai toujours aimé l’expression « faire danser les mots ». Elle parle du plaisir qu’il y a dans le geste d’écriture : juxtaposer judicieusement les mots, chorégraphier les idées et les images, tableau par tableau, en s’émerveillant tantôt de leurs tracés, tantôt de leurs sonorités, tantôt de leurs rebondissements. Les mots sont aujourd’hui pour moi les ballerines que j’ai retirées de mes pieds il y a déjà un bon moment.En répétition, photo prise par Le Cercle.Et si cette expression, « faire danser les mots », passait du figuré au sens propre ? Et si des danseurs s’élançaient sur les mots, pour vrai ? Et si des auteurs s’inspiraient eux-mêmes des mouvements des danseurs ? Voilà la proposition audacieuse de Quand danse le texte, fruit hybride tiré d’un laboratoire multidisciplinaire et qui sera présenté ce soir au Cercle.Spectacle à mi-chemin entre le théâtre et la danse ? Pas tout à fait. Happening ou rencontre, plutôt. En fait, il s’agit du deuxième événement de la deuxième édition de la série Carte blanche du Théâtre Niveau Parking, le premier ayant été présenté sur la scène du Théâtre Périscope en octobre dernier. Cette fois-ci, ladite carte blanche a été confiée à Marie-Josée Bastien, metteure en scène passionnée de danse qui s’est spontanément tournée vers le chorégraphe Jean-François Duke pour assurer en tandem avec elle la direction artistique de ce laboratoire.La carte blanche aura donné naissance à une proposition unique, dira-t-on, car si la danse s’invite parfois au théâtre et vice versa, cette fois, il s’agit véritablement d’inverser les rôles, tour à tour et dans le désordre, afin de laisser place à l’interinfluence spontanée entre les deux disciplines artistiques. « On est tellement complémentaires que c’est naturel. On a décidé de faire confiance aux premières idées et de les pousser plus loin à l’aide de chaque discipline », raconte Jean-François. Et à voir les artistes travailler en répétition hier matin, déjà, je sentais que la chimie opérait et que le pari serait gagné.Toujours en répétition, photo prise par Le CercleSi le produit final demeure pour l’instant plutôt mystérieux, le processus créatif qui y a mené suscite déjà à lui seul l’intérêt. D’abord, un thème a été choisi : la nuit. Celle-ci s’avérait tout indiquée pour faire le pont entre les thématiques de l’inquiétante étrangeté et de la nordicité, associées respectivement aux saisons artistiques automnale et hivernale du Cercle. Une fois ce thème établi, les chorégraphes ont proposé aux auteurs des solos sur des musiques choisies. Les auteurs se sont ensuite inspirés des mouvements proposés pour écrire des textes qui seront à leur tour interprétés sur scène par les comédiens et danseurs.La démarche se révèle tout à fait à l’image du lieu où son résultat sera présenté ce soir : rencontre, inspiration, cocréation, émergence... effervescence ! On ne saurait mieux concrétiser l’approche de laboratoire vivant qu’insuffle le Cercle dans le quartier.Notez que la soirée se terminera de manière festive avec le public « parce qu’on est tous travailleurs autonomes et qu’on n’a pas de party de bureau pour Noël » lance à la blague Jean-François. Joignez-vous à la fête, que vous soyez de la grande famille du milieu culturel ou membre du public, ce cousin-pas-si-éloigné-que-l’on-aime-tant-revoir !Pour assister à Quand danse le texte, ce mercredi 3 décembre, à 19 h 30 au complexe Le Cercle, procurez-vous des billets au coût de 15 $ sur lepointdevente.com ou directement à la porte. 

Les photos de cet article on été prises et fournies par Le Cercle.