Composer le 411

Du 25 au 30 juin, de 19 h à 22 h, la Troupe Oui et Non nous appelle dans la galerie du Lieu pour 411, une expérience théâtrale dont nous devenons les héros.Dans la salle toute blanche, des récepteurs de téléphone « à fil » sont posés sur des tables flanquées chacune d’une chaise noire. Des photos ornent les quatre murs. Des objets trônent sous des cloches transparentes. Aux deux bouts de la pièce, on peut s’asseoir pour écrire quelque chose – une réflexion, un poème, un commentaire – à  épingler au babillard. Une ambiance sonore, en sourdine, laisse dominer les conversations…La plupart des comédiens ne se trouvent pas dans la salle, mais au bout du fil – quoiqu’ils peuvent apparaître furtivement, ne serait-ce que pour une livraison… Dans la peau de personnages inspirés plus ou moins librement d’eux-mêmes, ils font sonner les téléphones pour entrer en dialogue avec nous, les spectateurs. Nous sommes ainsi appelés à participer à l’écriture de la pièce en train de se jouer.Qu’on vienne le premier soir, le troisième ou le dernier, en début ou en fin de soirée, on arrive toujours au bon moment. Et si on revient plus tard, ou un autre soir, on peut constater l’évolution du décor et des histoires en cours.411 est le premier projet de cette troupe émergente formée d’une quinzaine d’artistes, surtout des finissants en théâtre de l’Université Laval. Ils ont choisi de se produire au Lieu pour rejoindre le milieu de la performance, des arts actuels et multidisciplinaires. « Ce que j’aime, confie la metteure en scène Arielle Cloutier, c’est que le public puisse interagir, qu’il ait un choix, qu’il vive une expérience. »Si la troupe se dit inspirée par le Bureau de l’APA, l’Orchestre d’hommes-orchestres et Rude Ingénierie, 411 a aussi quelques affinités avec Où tu vas quand tu dors en marchant. Décrocher le récepteur, c’est un peu comme s’aventurer dans des Jardins secrets où l’on devient l'émetteur.