Des livres, encore et toujours

Un livre pour moi, c’est quelque chose de précieux. Un billet pour un voyage qui va me mener je ne sais où. Un trésor qui se dévoile page après page. J’aime les livres. J’aime l’odeur du livre neuf qu’on ouvre pour la première fois autant que l’allure de celui transporté d’un endroit à un autre, avec quelques pages cornées.Entrer chez Pantoute, rue Saint-Jean, a fait partie de mon quotidien pendant mes années au Petit Séminaire de Québec. Un arrêt obligé sur mon chemin pour aller prendre le bus au Carré à la fin des cours. Depuis, mon amour pour cette librairie indépendante n’a jamais faibli. Il s’est même multiplié quand j’ai commencé à habiter sur la rue du Roi. Je partageais désormais mon temps entre la succursale sur Saint-Joseph et celle sur Saint-Jean.À l’aube de la rentrée littéraire, j’ai eu la chance de rencontrer Paul-Albert Plouffe, libraire chez Pantoute, rue Saint-Joseph.Un peu comme les vendanges arrivent chaque saison, les auteurs publient le fruit de leurs efforts chaque automne. « La rentrée littéraire obéit à un cycle naturel. En tant que librairie, on vit de nouveautés. La rentrée est donc un moment important pour nous. C’est un lot énorme de livres qui nous arrive », explique celui qui partage son amour de la littérature depuis 14 ans.Fébrile, Paul-Albert Plouffe souligne l’effervescence de la période automnale. « La rentrée littéraire, c’est le dynamisme littéraire démultiplié. C’est une sacrée vague sur laquelle on va surfer un moment. Tout le monde s’y met ! Les services de presse, les médias, tout un brassage nous entoure. » Ce brassage est stimulant, selon M. Plouffe. Avec la quantité de nouveautés qui peuplent les présentoirs, le public s’attend à davantage de découvertes, année après année. « À force de lire, on développe un sens critique. Plus les lecteurs sont exigeants, mieux la littérature se porte. Et c’est tant mieux ! »Pour en savoir davantage sur les titres et auteurs attendus cet automne, procurez-vous la revue gratuite le libraire qui consacre son dernier numéro à la rentrée littéraire.

Être libraire

Pour décrire sa profession en un mot, Paul-Albert Plouffe choisit après un bref moment de réflexion le mot curiosité. « Il ne faut jamais sous-estimer le client. Il y a toujours quelque chose à apprendre de lui. C’est un privilège d’avoir accès à une source d’information vivante. En tant que libraire, nous tirons parti de la curiosité du client et, en retour, le client stimule la nôtre. »C’est après avoir étudié longtemps en arts visuels et histoire de l’art que Paul-Albert est devenu libraire. « J’ai toujours aimé les livres. En tant qu’objets, mais aussi en tant que véhicules d’idées. » Très jeune, il se rappelle avoir voulu acheter de beaux livres. Pendant ses études, son budget passait dans l’achat de bouquins. Des livres rares. Des éditions particulières. La proximité avec les livres lui a toujours plu. Maintenant qu’il est en contact constant avec eux, il avoue qu’il est difficile de ne pas en acheter.Ce qu’il aime de son travail (en plus de lire, lire et encore lire), c’est cette idée de rendre service. « Le commerce du livre est un travail particulier. Je cherche des livres pour des clients. Je propose des titres qui pourraient répondre à leurs attentes. J’agis comme pisteur et passeur. » L’échange intellectuel qui accompagne ses discussions avec les clients lui plaît. « J’ai le sentiment d’être en communauté d’esprit avec certaines personnes à force de discuter littérature. J’ai trouvé des repères dans le vaste monde littéraire. » 

Quelques questions en rafale

Supportez-vous de ne pas terminer un livre ?

« J’ai lu jusqu’au bout tous les romans que j’ai commencés. »

Avec de la musique ou en silence ?

« J’écoute parfois de la musique en lisant. Mais assez rapidement, je fais abstraction de la musique. »

Lisez-vous avant d’aller au lit ?

« Oui, sinon j’ai de la difficulté à m’endormir. »

Un bouquin à la fois ou plusieurs en même temps ?

« J’en lis plusieurs à la fois. Ça peut être vu comme de la gourmandise, mais c’est nécessaire de lire beaucoup pour orienter le public dans ses lectures. »

Plomb, stylo ou surligneur ?

« Je souligne et j’annote les livres, mais toujours à la mine de plomb. »