Des livres sous le sapin

Vous désirez offrir la lecture en cadeau à Noël ou, peut-être, cherchez-vous simplement quelques bouquins à dévorer pendant les vacances. Trois libraires de chez Pantoute vous suggèrent quelques titres.

Tania et la littérature jeunesse

Tania propose l’album Madame Le lapin blanc de l’auteur français Gilles Bachelet. « C’est une histoire très drôle dans laquelle on retrouve plusieurs références à Alice au pays des merveilles. » Madame Le lapin blanc, c’est en fait la femme du fameux lapin de l’univers de Lewis Carroll. Exaspérée et fatiguée de s’occuper de ses enfants alors que son mari est toujours en retard, elle tient un journal intime pour jeter son désarroi sur papier.Tania promet qu’autant les parents qui liront l’histoire aux touts petits que les plus vieux qui tiendront eux-mêmes l’album entre leurs mains auront beaucoup de plaisir à le faire.À partir de 4-5 ans.Pour les plus vieux, la libraire suggère La corde à linge, roman du Français Max Ferandon. « Ce livre est intéressant puisqu’on joue beaucoup avec la langue. Les jeux de mots s’enchaînent, ce qui se voit assez peu en littérature jeunesse. » Le bouquin raconte les vacances de Juliet et Liam dans un petit village assez peu porté sur le progrès. Quand les ados s’aperçoivent qu’ils n’y ont pas accès à Internet, ils élaborent un plan assez ingénieux.À partir de 12 ans.  

  

Gabriel

« Quand je lis, il faut que je sois stimulé intellectuellement. Si j’annote beaucoup le livre, c’est bon signe. J’essaie de varier les lectures, de me déstabiliser. J’aime que les histoires me sortent de ma zone de confort. J’aime me mettre en danger. »Gabriel suggère donc La maison des feuilles de l’Américain Mark Z. Danielewski. Un livre culte aux États-Unis. D’abord diffusé sur Internet uniquement, ce livre s’est vu publié à 2000 exemplaires par un éditeur new-yorkais. En une semaine, toutes les copies avaient trouvé preneur. Maintenant qu’il est édité à grande échelle, courez acheter ce roman. Vous n’aurez jamais rien vu de tel. Une expérience dense, originale, particulière, à en croire les commentaires de Gabriel (et de Tania). Et je ne parle même pas de la mise en page, dont voici un aperçu à droite.  Gabriel a aussi beaucoup aimé Le Seigneur des porcheries, premier roman de l’auteur Tristan Egolf. « Une histoire assez rocambolesque » qui se déroule dans la petite ville de Baker située dans le Midwest américain. L’action s’articule autour de John Kaltenbrunner, tête de Turc du village. Un homme écorché, humilié, agressé qui finira par se venger.  

Marc-Antoine

« Quand j’ouvre un livre, je veux être surpris et transporté. Je veux apprendre des choses et pousser la réflexion. J’aime les textes qui portent un message. »Marc-Antoine propose le livre Poulet grain-grain de François Samson-Dunlop et Alexandre Fontaine Rousseau. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri autant en lisant une BD ! » Deux citadins choqués du traitement que subissent les poules d’élevage industriel décident d’élever des poules de façon bio. Un retour à la terre particulier. Une BD qu’on qualifie de comédie agroalimentaire absurde.  Dans un tout autre ordre d’idée, Marc-Antoine s’est laissé transporter par Large et rivage du conteur gaspésien Jocelyn Bérubé. « On est vraiment ici dans la plus pure tradition des contes. Des personnages mythiques peuplent les histoires de Jocelyn Bérubé. Il sait créer une ambiance particulière quand il raconte. J’avais l’impression d’entendre un grand-père assis sur le bord du feu. » Le livre est accompagné d’un CD. 

Julie

Quelques suggestions personnelles pour terminer. Si vous n’avez pas lu L’Orangeraie de Larry Tremblay, plongez-vous dans ce roman au plus vite. L’Orangeraie, c’est un coup de poing en plein visage. Un roman dense, cru qui marque profondément. J’ai tellement aimé le style précis, juste et sans flafla de Tremblay que je me promets de lire Le Christ obèse très bientôt.Autre livre bouleversant : Le quatrième mur de Sorj Chalandon. J’ai été secouée, émue. J’ai retenu mon souffle à plusieurs moments. Cet auteur a le don de décrire l’horreur, la tension et l’injustice de la guerre. On croirait se trouver en plein cœur de cette guerre au Liban tant les descriptions de Chalandon sont précises et empreintes d’humanité. J’ai surtout beaucoup appris en lisant Le quatrième mur. Je me suis retrouvée sur Wikipédia à maintes reprises pour tenter de pousser la réflexion, pour comprendre qui attaquait qui, en riposte en quoi. Une lecture très instructive.Sous l’arbre de Noël, j’espère sincèrement recevoir un des deux romans de Marc Seguin, Hollywood ou La foi du braconnier. Il a piqué ma curiosité, cet artiste visuel et auteur, depuis que je l’ai entendu discuter avec Maxime-Olivier Moutier lors de l’événement Tenir salon. J’ai envie de découvrir son univers.Bonne lecture !