Festival Jamais lu: des mots pour le dire

Source : Le Soleil, Éric Moreault, 22 novembre 2012 Le deuxième Jamais lu, festival ludique consacré à la prise de parole et à la nouvelle dramaturgie, amorce sa programmation ce soir avec L’accélérateur de particules. La soirée à L’AgitéE, à compter de 20h, regroupera des extraits inédits de quatre textes en gestation par autant d’auteurs. Le Soleil les a soumis au supplice d’un petit questionnaire révélateur.>> Amélie Bergeron (Hors champ)Q Pourquoi écrire, aujourd’hui et ici?R Pour le temps que ça me donne. Celui de sentir et de réfléchir. De laisser venir les idées. De les garder ou pas. De les remettre en question. De les reformuler. Pour me laisser surprendre par les mots qui me viennent et aussi avoir le temps de les rattraper parfois. Pour garder un peu de distance entre moi et certaines idées. Et certaines émotions. Par moments, pour me donner une chance de mieux faire la part des choses. Pour garder une trace du chemin parcouru. Une trace du chemin qui peut me ramener à mon point de départ, pour ne pas trop me perdre.Q C’est quoi notre problème au Québec? R Encore une fois : nous autres. Et je pense que ça vaut pour plus que le Québec. On est tout en contradictions. On pense savoir, on pense connaître. On se trouve souvent mieux que les autres. On a donc toutes les solutions à tous les problèmes… À ceux des autres. Parce que «moi, mes affaires, c’est pas pareil. Tu peux pas comprendre». On se pense à part, différent, mais on veut pas vraiment l’être. On trouve les autres caves, bouchés. Si seulement le monde pouvait comprendre, y en aurait pu de problèmes.[ Lire la suite ]