Élégance brute

 C’est une caverne d’Ali Baba pour monsieur. Un espace qui regorge d’œuvres d’art-à-porter. La boutique Philippe Dubuc de la rue Saint-Joseph, c’est le paradis de l’élégance brute.Quand on y entre, c’est d’abord l’architecture du local qui surprend. Plancher de béton, poutres d’origine apparentes et mur de pierre peints en noir, néons au plafond, murs gris. Ambiance industrielle et underground. « On a fait appel à l’architecte Gilles Saucier, celui-là même qui a conçu les deux boutiques Philippe Dubuc à Montréal », explique Jean-Daniel Lapierre, propriétaire des lieux. « On a réussi à mettre en valeur le passé manufacturier du local en y ajoutant une touche moderne. »   C’est en mai 2010, âgé de 24 ans, que Jean-Daniel Lapierre a ouvert la boutique. Sa boutique. Détenteur d’un baccalauréat en commercialisation de la mode de l’École supérieure de mode de Montréal, Jean-Daniel a commencé sa carrière pour Dubuc en 2006. « Je voulais travailler chez Philippe Dubuc parce que c’est un designer ancré dans la mode québécoise de création. Au début de mon bac, j’étais conseiller à la boutique sur Saint-Denis, à Montréal. Après avoir complété un stage pour Dubuc, je voulais plus. En finissant mon bac, j’ai planché sur mon plan d’affaires pour ouvrir une boutique Philippe Dubuc à Québec. »Choisir Québec, c’était un peu un retour aux sources. Originaire de la ville, Jean-Daniel Lapierre voulait rentrer chez lui après ses études. Et en faisant ses recherches, le propriétaire s’est rendu compte que plusieurs clients de Québec se rendaient jusqu’à Montréal pour acheter Dubuc. « En plus des clients de la ville, il y en a qui viennent du Saguenay, de Sept-Îles… Un homme est même venu des Îles-de-la-Madeleine en avion il n’y a pas longtemps ! Ça amène du monde d’un peu partout. » Et les clients sont fidèles. « Les gens nous ont fait confiance dès le départ. Quand j’ai organisé un événement pour souligner les deux ans de la boutique en mai, j’ai été surpris et impressionné de tout cet amour ! Les gens sont fiers de porter Dubuc. »S’établir dans Saint-Roch allait de soi pour Jean-Daniel. « Philippe dessine pour les gens de la rue. Il aime la mode urbaine. Une boutique bien ancrée au centre-ville est plus en accord avec le produit Dubuc qu’une boutique en plein centre d’achat. »Ce que Jean-Daniel aime surtout du travail du designer montréalais, c’est la proximité ressentie entre l’art et la couture. « Philippe mélange l’art au vêtement. Il crée des pièces haut de gamme sans tomber dans le snob. J’ai parfois la chair de poule en regardant une création ! » Chaque saison, environ une soixantaine de styles sont créés par Dubuc. Complets, pulls, chemises, manteaux, tuques, foulards et encore plus.Jean-Daniel travaille dans Saint-Roch… et y habite aussi. « J’adore le quartier. Plusieurs choses sont à portée de la main. Boucherie, boulangerie, poissonnier, tout y est. En plus, tout le monde travaille ensemble. Il y a une bonne ambiance entre les propriétaires de commerces. On s’aide les uns les autres. » En un mot le quartier ? « Inspirant », répond-il. « Le quartier est en développement. Ça a un côté excitant de remarquer qu’il y a toujours quelque chose de nouveau sur la rue. Je visite souvent l’Oeil de poissonEngrammeMéduse. Mais l’inspiration, je la trouve aussi simplement en marchant dans le quartier. Le quartier n’a pas le côté touristique du Vieux-Québec, ni un côté trop commercial. C’est un beau mélange. » Que souhaite Jean-Daniel pour l’avenir ? « À court et moyen terme, je veux continuer de développer le marché ici à Québec et faire connaître la boutique davantage. Il y a encore des gens qui ne savent pas que nous sommes ouverts ! À plus long terme, j’aimerais établir une boutique à l’international. »